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Ottawa dit stop aux voyageurs de RDC : 21 jours d'interdiction, la polémique s'enflamme

Ebola en RDC : le Canada interdit l'entrée à tout étranger ayant séjourné dans le pays depuis le 20 juillet. Quarantaine de 21 jours pour les Canadiens de retour. L'OMS critique ces restrictions jugées stigmatisantes. Découvrez les détails de cette décision controversée et ses implications.

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Ebola en RDC : Ottawa ferme ses frontières aux étrangers et défie l'OMS – une décision qui divise


Alors que l'épidémie d'Ebola continue de ravager l'est de la République démocratique du Congo, le Canada a décidé de passer à la vitesse supérieure. Depuis ce lundi 20 juillet, tout étranger ayant séjourné en RDC au cours des 21 derniers jours se voit interdire l'entrée sur le territoire canadien. Une mesure de fermeté qui ne fait pas l'unanimité et qui place Ottawa en porte-à-faux avec les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé.


Une interdiction sans précédent


C'est une décision qui marque un net durcissement de la position canadienne. L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) a annoncé, par voie de communiqué, que la mesure entrerait en vigueur le 20 juillet à 23h59, heure de l'Est . Concrètement, « tout ressortissant étranger ayant séjourné en République démocratique du Congo au cours des 21 derniers jours se verra interdire l'entrée au Canada ».


Et pour s'assurer que la règle soit respectée, Ottawa a également pris un décret en vertu de la Loi sur l'aéronautique. Les transporteurs aériens, commerciaux et privés, ont désormais l'obligation de ne pas autoriser l'embarquement des passagers concernés à destination du Canada.


Cette mesure, en vigueur jusqu'au 29 août, vise à « réduire les risques pour la santé publique auxquels est exposée la population canadienne » et à « assurer une prise en charge sécuritaire des voyageurs arrivant au Canada, y compris les travailleurs humanitaires de retour au pays ».


Une réponse à l'ampleur de l'épidémie


Cette décision radicale s'inscrit dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant. L'épidémie d'Ebola, officiellement déclarée le 15 mai, touche principalement la province orientale de l'Ituri avant de s'étendre en Ouganda voisin. Les spécialistes avertissent qu'elle pourrait devenir l'une des épidémies les plus vastes et les plus meurtrières de ces dernières décennies.


À ce jour, plus de 2.100 cas ont été signalés en RDC, dont environ 828 décès. Et le pire est peut-être à venir : le directeur du programme de gestion des urgences sanitaires de l'OMS a averti que la dimension réelle de l'épidémie pourrait être « deux à quatre fois » supérieure aux estimations officielles.


Des mesures qui ne concernent pas les Canadiens


Contrairement aux ressortissants étrangers, les citoyens canadiens, les résidents permanents et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens ne sont pas visés par cette interdiction. Ils conservent le droit de rentrer au pays, même s'ils ont séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des trois dernières semaines.


En revanche, une fois arrivés, ils devront se soumettre à une évaluation sanitaire et observer une quarantaine stricte de 21 jours. Un protocole déjà en place depuis la fin du mois de mai.


Une décision qui fait polémique


Si Ottawa justifie cette mesure par « un excès de prudence », elle n'en est pas moins controversée. L'Organisation mondiale de la santé, qui s'oppose fermement aux restrictions de voyage, a vivement critiqué cette décision. L'agence onusienne estime que ces mesures sont contre-productives : elles créent des stigmatisations injustes envers les populations des régions touchées et peuvent rendre les épidémies plus difficiles à contrôler.


« Les personnes originaires des régions touchées et les communautés africaines ont fait face à des soupçons injustes. La propagation d'Ebola n'est pas déterminée par la nationalité ou l'origine ethnique », a déclaré l'OMS dans un communiqué. L'agence rappelle que le risque de propagation internationale de l'épidémie reste actuellement faible.


Une tendance lourde en Occident


Le Canada n'est pas le premier pays à adopter ce type de mesures. Les États-Unis ont récemment introduit des restrictions similaires, empêchant leurs propres citoyens ayant séjourné en RDC de rentrer par voie aérienne commerciale. Plusieurs autres pays occidentaux pourraient emboîter le pas.


Une tendance lourde qui inquiète les défenseurs des droits humains et les experts en santé publique. Ces derniers craignent que ces mesures, au lieu de protéger efficacement les populations, ne renforcent les préjugés et n'entravent les efforts de lutte contre l'épidémie sur le terrain.




Ebola in DRC: Canada Closes Borders to Foreigners and Defies WHO – A Divisive Decision


As the Ebola outbreak continues to ravage eastern Democratic Republic of Congo, Canada has decided to step up its response. Since Monday, July 20, any foreign national who has been in the DRC within the past 21 days is banned from entering Canadian territory. A tough measure that has sparked controversy and puts Ottawa at odds with World Health Organization recommendations.


An Unprecedented Ban


This decision marks a significant hardening of Canada's position
. The Public Health Agency of Canada announced in a statement that the measure would take effect on July 20 at 11:59 p.m. Eastern Time . Specifically, "any foreign national who has stayed in the Democratic Republic of Congo within the last 21 days will be prohibited from entering Canada".


To ensure compliance, Ottawa also issued an order under the Aeronautics Act. Commercial and private air carriers are now required to prevent affected passengers from boarding flights to Canada.


The measure, in effect until August 29, aims to "reduce the public health risks to which the Canadian population is exposed" and to "ensure the safe processing of travelers arriving in Canada, including returning humanitarian workers".


A Response to the Outbreak's Scale


This radical decision comes amid a particularly concerning health situation. The Ebola outbreak, officially declared on May 15, primarily affects the eastern province of Ituri before spreading to neighboring Uganda. Specialists warn it could become one of the largest and deadliest epidemics in recent decades.


To date, over 2,100 cases have been reported in the DRC, with approximately 828 deaths. And the worst may be yet to come: the WHO's emergency management program director has warned that the true scale of the epidemic could be "two to four times" higher than official estimates.


Measures Not Affecting Canadians


Unlike foreign nationals, Canadian citizens, permanent residents, and persons registered under the Indian Act are not subject to this ban


. They retain the right to return to Canada, even if they have been in the DRC, Uganda, or South Sudan within the past three weeks.


However, upon arrival, they must undergo a health assessment and observe a strict 21-day quarantine. This protocol has been in place since late May.


A Controversial Decision


While Ottawa justifies this measure as "an excess of caution," it is nonetheless controversial. The World Health Organization, which strongly opposes travel restrictions, has sharply criticized this decision
. The UN agency argues that these measures are counterproductive: they unfairly stigmatize populations from affected regions and can make epidemics harder to control.


"People from affected regions and African communities have faced unfair suspicion. The spread of Ebola is not determined by nationality or ethnicity," the WHO stated in a release. The agency reminds that the risk of international spread of the outbreak remains currently low.


A Trend in the West


Canada is not the first country to adopt such measures. The United States recently introduced similar restrictions, preventing American citizens who had been in the DRC from returning via commercial aviation. Several other Western countries could follow suit.


A worrying trend for human rights advocates and public health experts. They fear that these measures, rather than effectively protecting populations, will reinforce prejudice and hinder efforts to combat the outbreak on the ground.


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Didier Cebas K.

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