Ebola en RDC : l'épidémie s'emballe – 2.344 cas, 930 morts, un essai clinique inédit et la Russie sur le front du vaccin
L'épidémie d'Ebola qui ravage l'est de la République démocratique du Congo continue de faire des ravages. En 24 heures, 77 nouveaux cas et 37 décès supplémentaires ont été enregistrés, portant le bilan à 2.344 cas confirmés et 930 morts. Face à cette flambée sans précédent, les autorités congolaises et l'OMS ont lancé un essai clinique historique pendant que la Russie propose son vaccin aux pays africains.
Un bilan qui s'alourdit dangereusement
Les chiffres sont glaçants. Le ministère de la Communication et des Médias a rapporté que le nombre de cas d'Ebola confirmés en laboratoire en République démocratique du Congo a atteint 2.344, soit 77 cas de plus au cours des dernières 24 heures. Au total, 930 décès ont été recensés, en hausse de 37 sur la même période.
Le taux de létalité s'élève désormais à environ 39,7% , un chiffre alarmant qui témoigne de la virulence de cette souche du virus Ebola-Bundibugyo. Plus de 724 personnes sont actuellement en quarantaine, tandis que le taux de suivi des contacts atteint 85,8%, selon les autorités sanitaires congolaises.
Cette flambée épidémique, officiellement déclarée le 15 mai, touche principalement la province orientale de l'Ituri avant de s'étendre en Ouganda voisin. Les spécialistes mettent en garde : elle pourrait devenir l'une des épidémies les plus vastes et les plus meurtrières de ces dernières décennies.
Un essai clinique historique contre le virus Bundibugyo
Face à l'ampleur de la crise, les autorités congolaises, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont franchi une étape majeure. Le 2 juillet, elles ont lancé les essais cliniques des premiers médicaments de l'histoire de la médecine contre le virus Ebola-Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie actuelle.
Concrètement, trois médicaments antiviraux étiotropes sont testés. Il ne s'agit pas de vaccins, mais de médicaments conçus pour inhiber et détruire directement le virus dans l'organisme. Cet essai, baptisé PARTNERS, évalue l'anticorps monoclonal MBP134 et le remdesivir, seuls ou en combinaison.
La désinformation, un ennemi aussi redoutable que le virus
Si la bataille médicale est engagée, un autre fléau complique la riposte : la désinformation. Dans l'est de la RDC, soignants et ONG qui luttent contre l'épidémie sont confrontés à un deuxième ennemi presque aussi dangereux que le virus lui-même.
« Il n'y a pas d'Ebola ici, tout le monde vit sa meilleure vie », affirme face caméra une femme dans une vidéo devenue virale sur X, aimée plus de 41.000 fois. « Le seul endroit où il y a Ebola, c'est sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux ».
Cette désinformation a des conséquences graves : elle retarde la prise en charge des malades, qui se rendent tardivement à l'hôpital, et empêche un suivi correct des cas contacts à domicile. Pire encore, elle alimente les violences contre les soignants. Des équipes chargées d'enterrer les victimes ont été agressées, des tentes incendiées, des agents battus presque à mort.
L'ONG ActionAid estime qu'en Ituri, région de l'est du pays très touchée, une personne sur trois ne croit pas qu'Ebola existe.
La Russie entre dans la course au vaccin
Dans ce contexte de crise sanitaire, la Russie a annoncé être prête à fournir son vaccin contre le nouveau variant d'Ebola aux pays africains. Interrogé par TASS, Anatoli Bachkine, directeur du département des États d'Afrique subsaharienne au ministère russe des Affaires étrangères, a confirmé l'intérêt des pays africains pour les livraisons.
« Lors de l'épidémie massive d'Ebola en Guinée et en Sierra Leone [en 2014-2015], des vaccins ont été développés dans notre laboratoire en Guinée. Ils ont été très demandés et ont permis de vaincre cette épidémie », a rappelé le diplomate. Aujourd'hui, la souche du virus ayant évolué, de nouveaux médicaments ont été mis au point et modifiés.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait précédemment déclaré que la Russie était prête à produire en série ce vaccin contre le nouveau variant d'Ebola, qui a touché plusieurs pays africains.
Une mobilisation internationale indispensable
Le président Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé la mobilisation de 50 millions USD pour renforcer la riposte, tandis que la Banque mondiale a promis 13 millions USD supplémentaires. Le Dr Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a qualifié cette flambée de plus grave jamais enregistrée en RDC.
L'épidémie, qui a déjà touché 36 zones de santé dans trois provinces (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu), continue de s'intensifier malgré les efforts déployés. Le rapport de l'OMS Afrique du 7 juillet souligne que la transmission soutenue et étendue continue de dépasser les capacités actuelles de riposte.
La bataille contre Ebola en RDC se joue sur plusieurs fronts : médical, avec les essais cliniques et la course au vaccin ; social, avec la lutte contre la désinformation ; et diplomatique, avec l'implication de partenaires internationaux. L'issue de cette épidémie dépendra de la capacité des autorités à coordonner efficacement tous ces aspects.
Ebola in DRC: Outbreak Escalates – 2,344 Cases, 930 Deaths, Historic Clinical Trial and Russia's Vaccine Offer
The Ebola outbreak ravaging the eastern Democratic Republic of Congo continues to take its toll. In 24 hours, 77 new cases and 37 additional deaths were recorded, bringing the total to 2,344 confirmed cases and 930 deaths. Facing this unprecedented outbreak, Congolese authorities and the WHO have launched a historic clinical trial while Russia offers its vaccine to African nations.
A Devastating Toll
The numbers are chilling. The Ministry of Communication and Media reported that the number of laboratory-confirmed Ebola cases in the Democratic Republic of Congo has reached 2,344, with 77 new cases in the last 24 hours. A total of 930 deaths have been recorded, an increase of 37 over the same period.
The fatality rate now stands at approximately 39.7% , an alarming figure reflecting the virulence of this Ebola-Bundibugyo strain. Over 724 people are currently in quarantine, while the contact tracing rate has reached 85.8%, according to Congolese health authorities.
This outbreak, officially declared on May 15, primarily affects the eastern province of Ituri before spreading to neighboring Uganda. Specialists warn it could become one of the largest and deadliest epidemics in recent decades.
A Historic Clinical Trial Against the Bundibugyo Virus
Facing the scale of the crisis, Congolese authorities, in collaboration with the World Health Organization (WHO), took a major step. On July 2, they launched clinical trials of the first medicines in medical history against the Ebola-Bundibugyo virus responsible for the current outbreak.
Specifically, three etiotropic antiviral drugs are being tested. These are not vaccines but drugs designed to directly inhibit and destroy the virus in the body. This trial, named PARTNERS, evaluates the monoclonal antibody MBP134 and remdesivir, alone or in combination.
Disinformation: An Enemy as Dangerous as the Virus
While the medical battle is underway, another scourge complicates the response: disinformation. In eastern DRC, healthcare workers and NGOs fighting the outbreak face a second enemy almost as dangerous as the virus itself.
"There is no Ebola here, everyone is living their best life," says a woman in a video that went viral on X, liked over 41,000 times. "The only place where Ebola exists is on social media and international media".
This disinformation has serious consequences: it delays patient care and prevents proper contact tracing at home. Worse, it fuels violence against healthcare workers. Teams responsible for burying victims have been attacked, tents burned, and agents beaten almost to death.
ActionAid estimates that in Ituri, one of the hardest-hit regions, one in three people does not believe Ebola exists.
Russia Enters the Vaccine Race
In this health crisis, Russia has announced it is ready to supply its vaccine against the new Ebola variant to African countries. Speaking to TASS, Anatoly Bashkin, Director of the Sub-Saharan Africa Department at the Russian Ministry of Foreign Affairs, confirmed African nations' interest in the deliveries.
"During the massive Ebola outbreak in Guinea and Sierra Leone [in 2014-2015], vaccines were developed in our laboratory in Guinea. They were in high demand and helped overcome that epidemic," the diplomat recalled. As the virus strain has evolved, new drugs have been developed and modified.
Russian Foreign Minister Sergey Lavrov had previously stated that Russia is ready for mass production of this vaccine against the new Ebola variant that has affected several African countries.
Essential International Mobilization
President Félix-Antoine Tshisekedi announced the mobilization of $50 million to strengthen the response, while the World Bank pledged an additional $13 million. Dr. Jean Kaseya, Director General of the Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), described this outbreak as the most severe ever recorded in the DRC.
The outbreak, which has already affected 36 health zones across three provinces (Ituri, North Kivu, and South Kivu), continues to intensify despite efforts deployed. The WHO Africa report of July 7 highlights that sustained and widespread transmission continues to exceed current response capacities.
The battle against Ebola in the DRC is being fought on multiple fronts: medical, with clinical trials and the vaccine race; social, with the fight against disinformation; and diplomatic, with the involvement of international partners. The outcome of this epidemic will depend on authorities' ability to coordinate all these aspects effectively.
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Didier Cebas K.