SNH : la guerre de succession éclate au sommet de l'État, Chantal Biya et Nathalie Moudiki désormais à couteaux tirés
La bataille autour de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), pilier stratégique de l'économie camerounaise, connaît un nouveau tournant. Selon une enquête publiée par Jeune Afrique, les relations entre la Première dame Chantal Biya et Nathalie Moudiki, numéro deux de la SNH, se sont fortement détériorées sur fond de lutte d'influence autour de la succession à la tête de l'entreprise publique.
Cette confrontation dépasse largement le simple cadre administratif. Elle met en lumière les tensions qui entourent la gouvernance d'une institution considérée comme l'un des principaux moteurs financiers de l'État.
Une succession devenue un enjeu stratégique
Créée en 1980 et détenue à 100 % par l'État camerounais, la SNH gère l'ensemble des exportations de pétrole brut du pays et demeure l'un des premiers contributeurs au budget national.
À sa tête depuis plus de trois décennies, Adolphe Moudiki, âgé de 87 ans, est absent de la scène publique depuis près de trois ans en raison de problèmes de santé. Selon Jeune Afrique, cette situation a ouvert une bataille de succession impliquant plusieurs cercles influents du pouvoir.
Le magazine affirme que différents clans cherchent désormais à peser sur le choix du futur dirigeant de cette entreprise hautement stratégique.
Chantal Biya aurait soutenu la candidature de Franck Hertz
Toujours selon Jeune Afrique, la Première dame aurait souhaité promouvoir son fils, Franck Hertz, homme d'affaires issu d'une précédente union, à la direction générale de la SNH.
Le média rapporte qu'un projet de décret de nomination aurait été préparé à cette fin à la demande de Chantal Biya. Toutefois, le président Paul Biya aurait refusé de signer ce texte.
À la suite de cet épisode, un compromis aurait été trouvé avec la nomination de Franck Hertz dans les conseils d'administration de Tradex Guinée équatoriale et Tradex RDC, deux filiales du groupe.
À ce stade, aucune annonce officielle des autorités camerounaises ne confirme une éventuelle nomination de Franck Hertz à la tête de la SNH.
Nathalie Moudiki monte au créneau
Face à ces manœuvres rapportées par Jeune Afrique, Nathalie Moudiki aurait interprété cette initiative comme une tentative d'affaiblir son influence ainsi que celle de son époux.
Juriste de formation, Nathalie Moudiki a rejoint la SNH en 1998 avant de gravir progressivement les échelons jusqu'au poste de conseiller numéro deux de la direction générale, fonction stratégique qui lui donne un droit de regard sur les principaux contrats pétroliers.
Le 14 juillet 2026, lors de l'inauguration d'une salle de sport au sein de la SNH, elle a lancé un message ferme aux employés de l'entreprise.
Selon les propos rapportés par Jeune Afrique, elle a averti que toute personne qui continuerait à « s'en prendre » à son mari ou au président Paul Biya, qu'elle a qualifiés d'« icônes » et de « monuments » de la nation, s'exposerait à des sanctions.
Une lutte d'influence aux conséquences politiques
Au-delà de la succession à la direction de la SNH, cette rivalité traduit les interrogations qui entourent l'avenir du pouvoir au Cameroun.
Toujours selon Jeune Afrique, le contrôle de la SNH représente un enjeu majeur dans la perspective de l'après-Paul Biya, tant en raison de son poids économique que de son influence stratégique.
Le magazine évoque également les spéculations autour d'un éventuel poste de vice-président et affirme que Chantal Biya souhaiterait voir Franck Hertz accéder à cette fonction, tandis que Paul Biya privilégierait plutôt Franck Emmanuel Biya, son fils issu de son premier mariage.
Ces informations n'ont fait l'objet d'aucune confirmation officielle des autorités camerounaises.
Une bataille dont l'issue reste incertaine
L'enquête de Jeune Afrique décrit un climat de fortes tensions au sommet de l'État autour de la gouvernance de la SNH, entreprise clé pour l'économie nationale.
Si les rapports de force semblent évoluer au gré des équilibres politiques, aucune décision officielle n'a été annoncée concernant la succession d'Adolphe Moudiki. Dans ce contexte, les informations publiées par le magazine s'inscrivent dans le registre d'une enquête de presse et doivent être distinguées des annonces institutionnelles.
SNH succession battle: Tensions rise between Chantal Biya and Nathalie Moudiki over Cameroon’s state oil company
A power struggle is reportedly unfolding at the top of Cameroon's National Hydrocarbons Corporation (SNH), the state-owned company responsible for managing the country's crude oil exports.
According to an investigation by Jeune Afrique, relations between First Lady Chantal Biya and Nathalie Moudiki, the company's second-ranking executive, have significantly deteriorated amid an intense succession battle.
The report states that Chantal Biya has sought to position her son, businessman Franck Hertz, as the future head of SNH. Jeune Afrique claims that a draft presidential decree was prepared for his appointment but was ultimately not signed by President Paul Biya.
As a compromise, Franck Hertz was reportedly appointed to the boards of Tradex Equatorial Guinea and Tradex DR Congo.
Meanwhile, Nathalie Moudiki, whose husband Adolphe Moudiki has led SNH for more than thirty years and has been absent from public life due to health concerns, allegedly viewed the move as an attempt to weaken her influence within the company.
During a ceremony on July 14, 2026, Nathalie Moudiki warned employees that anyone attacking her husband or President Paul Biya—whom she described as "icons" and "monuments" of the nation—would face sanctions.
Jeune Afrique further argues that the dispute reflects broader political positioning ahead of a possible post-Biya era, with control of SNH viewed as a strategic asset.
As of now, none of these claims regarding future appointments or succession plans have been officially confirmed by Cameroonian authorities.
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Ange NGO