Téhéran passe à l’offensive : « Si les Américains touchent notre terre, nous irons prendre leurs bases ! »
Le bras de fer entre Washington et Téhéran a franchi un nouveau palier. L’Iran ne se contente plus de riposter : il menace ouvertement d’envahir les bases militaires américaines dans le Golfe si les États-Unis osent poser un seul soldat sur son territoire. Un avertissement clair et sans détour lancé par un poids lourd de la République islamique.
Manouchehr Mottaki, député au Majlis et ancien ministre des Affaires étrangères (2005-2010), a été on ne peut plus direct : « Si les États-Unis osent s’emparer d’une partie du territoire iranien, par exemple de l’île de Kharg, l’Iran aura le droit d’envahir leur territoire, représenté par les bases militaires américaines dans la région, par un assaut combiné héliporté et terrestre. » Des propos rapportés par Baghdad Today qui résonnent comme un ultimatum.
Pour l’ancien chef de la diplomatie iranienne, tous les accords signés avec Washington, y compris le récent mémorandum d’entente, ne sont que « des mensonges ». Les États-Unis, selon lui, ne cherchent pas de négociations sérieuses.
Guerre d’usure et coûts astronomiques
Pendant ce temps, les opérations militaires continuent. Le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) a multiplié les frappes ces derniers jours : attaques répétées contre la base aérienne américaine d’Al-Azraq en Jordanie, frappes sur Bahreïn et le Koweït, destruction revendiquée d’un centre logistique à Mina Abdallah. Drones, missiles balistiques et de croisière pleuvent sur les positions US et alliées.
Côté américain, le Pentagone reconnaît des coûts faramineux. Selon NBC, une opération terrestre en Iran pourrait coûter entre 80 et 100 milliards de dollars, soit près de trois fois plus que les 30 milliards annoncés publiquement. La seule réparation des bases à Bahreïn avoisinerait le milliard de dollars.
Israël sonne l’alarme
De Tel Aviv, l’inquiétude est palpable. Les autorités israéliennes estiment que le conflit est entré dans une « guerre d’usure » de faible intensité : Iraniens qui ciblent des pétroliers, Américains qui bombardent des cibles secondaires. Benyamin Netanyahou craint que Donald Trump, pressé de régler le dossier du détroit d’Ormuz, ne sacrifie le programme nucléaire iranien sur l’autel d’un accord rapide. Le Premier ministre israélien doit rencontrer Trump ce dimanche pour tenter de le ramener à la raison.
Netanyahou a d’ailleurs prévenu Téhéran : toute attaque contre Israël recevra une réponse « bien plus puissante » que les précédentes.
Trump prêt à tout casser
Le locataire de la Maison-Blanche ne mâche pas ses mots. Dans une interview à Fox News, Donald Trump a affirmé que les États-Unis étaient prêts à détruire « tous les ponts et toutes les centrales électriques » en Iran si Téhéran refuse de négocier. Il a même évoqué des frappes sur les installations de dessalement d’eau. Mardi, il a tenu une réunion de crise à la Maison-Blanche avec ses principaux collaborateurs (Vance, Rubio, Hegseth, Ratcliffe…) pour envisager une escalade majeure.
Pourtant, Trump a dû reculer sur son idée de taxe de 20 % sur la navigation dans le détroit d’Ormuz après le refus des pays du Golfe. Il préfère désormais des investissements massifs de ces pays aux États-Unis.
Crimes de guerre et diplomatie en ébullition
L’Iran a officiellement documenté 42 violations américaines du mémorandum d’entente, selon une lettre adressée à l’ONU. Téhéran se présente comme la victime et accuse Washington de crimes de guerre. De son côté, le Royaume-Uni a convoqué le chargé d’affaires iranien et désigné le CGRI comme organisation interdite.
Sur le terrain, le Centcom a confirmé une nouvelle vague de frappes sur des dizaines de cibles iraniennes près du détroit d’Ormuz. Trump l’a répété : « Nous les frapperons aujourd’hui, demain, après-demain et la semaine prochaine » tant que Téhéran ne revient pas à la table.
Le Moyen-Orient retient son souffle. Entre une superpuissance qui veut imposer sa loi et une République islamique qui refuse de plier, le risque d’un embrasement régional majeur reste entier. L’Afrique, comme le reste du monde, observe avec inquiétude ce bras de fer dont les conséquences économiques (pétrole, prix de l’énergie) pourraient se faire sentir jusqu’à Douala et Abidjan.
Iran Strikes Back: “If America Takes Our Land, We’ll Take Their Bases” – Mottaki’s Stark Warning
Tehran has drawn a red line: any US ground operation on Iranian soil will trigger direct assaults on American military bases across the Gulf.
Manouchehr Mottaki, Iranian lawmaker and former Foreign Minister, delivered a blunt message: “If the United States dares to seize part of Iranian territory, for example Kharg Island, Iran will have the right to invade their territory – represented by US military bases in the region – through a combined helicopter and ground assault.”
Mottaki dismissed all previous agreements with Washington, including the recent memorandum of understanding, as “nothing but lies.” He accused the US of not seeking serious negotiations.
War of Attrition and Sky-High Costs
The Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) has intensified attacks: multiple waves against Al-Azraq airbase in Jordan, strikes on Bahrain and Kuwait, and claims of destroying logistics centers. Meanwhile, the Pentagon’s internal estimates put the real cost of a major operation in Iran at $80-100 billion – nearly triple the publicly announced figure.
Israeli officials describe the conflict as a low-intensity war of attrition. They fear Trump may prioritize reopening the Strait of Hormuz over dismantling Iran’s nuclear program, a nightmare scenario for Netanyahu, who is scheduled to meet Trump this Sunday.
Trump’s Threats and Escalation Talks
President Trump has openly discussed broader military operations with top officials and warned he is ready to destroy Iranian bridges and power plants “next week” if Tehran does not negotiate. He continues daily strikes, stating: “We will hit them today, tomorrow, the day after, and next week.”
The region remains on edge as diplomatic, military, and economic tensions collide in what could become one of the most consequential crises of Trump’s second term.
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Moussa Nassourou