Bamako mise sur l’or jaune du sous-sol pour bâtir son avenir et repousse les ombres du djihadisme
Le Mali, en pleine recomposition géopolitique au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), accélère sa marche vers la souveraineté économique et sécuritaire. Alors que le nord du pays reste le théâtre d’affrontements d’une rare violence, les autorités de transition dévoilent un plan de financement audacieux pour sortir le pays de l’ornière. Objectif : mobiliser jusqu’à 500 milliards de francs CFA (environ 880 millions de dollars) pour des projets d’infrastructures structurants, en s’appuyant sur les richesses minières du pays.
Un fonds minier comme levier financier
C’est le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui a levé le voile sur cette initiative relayée par Reuters. La manne proviendra du Fonds de développement des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, créé en 2023. Ce fonds est directement alimenté par le secteur minier, nouvel eldorado fiscal du pays. Concrètement, il est abondé par un prélèvement de 1 à 2 % sur le chiffre d’affaires trimestriel des sociétés minières et une partie des recettes fiscales. Une véritable "vache à lait" qui, selon le ministre, perçoit déjà au moins 50 milliards de francs CFA par an. Entre janvier 2025 et juin 2026, ce sont plus de 109 milliards de francs CFA qui ont déjà été collectés.
Ce pactole, destiné à désenclaver le pays, pourrait servir de garantie pour lever des fonds supplémentaires et financer des chantiers colossaux : réhabilitation des routes et voies ferrées, acquisition de navires pour le transport fluvial, ou encore le renflouement de la compagnie aérienne publique Mali Airlines.
Une refonte minière qui paye
Cette prouesse financière est le fruit de la réforme du Code minier adoptée en 2023. Le gouvernement, dirigé par le Général Assimi Goïta, a musclé la fiscalité et renforcé la participation de l’État dans les sociétés extractives, suscitant des tensions avec des géants comme le canadien Barrick Gold. Une stratégie payante : un audit récent a permis de recouvrer pas moins de 761 milliards de francs CFA (environ 1,3 milliard de dollars) d’arriérés auprès des entreprises. Une manne qui redonne des couleurs au Trésor public, alors que le Mali se tourne résolument vers l’intérieur et ses partenaires de l’AES.
Sécurité : le marteau de l’armée russe s’abat sur les groupes armés
Pendant que Bamako soigne son économie, le front sécuritaire reste la priorité absolue. Les Forces Armées Maliennes (FAMa), épaulées par le Corps africain du ministère russe de la Défense, mènent une traque sans merci contre les terroristes. Malgré les attaques coordonnées du 25 avril qui ont coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara, l’armée assure garder le contrôle.
Un pilote d’hélicoptère Mi-8, portant l’indicatif "Crimée", a livré des détails glaçants sur l’intensité des combats à RFI : "Nous avons frappé une grande quantité de forces vives et de matériel... Nous avons détruit environ 50 motos, ils étaient extrêmement nombreux", a-t-il déclaré, décrivant des frappes destructrices contre les colonnes du JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) et du Front de libération de l'Azawad (FLA). L’aviation légère russe, malgré les tirs de mitrailleuses lourdes et de canons antiaériens, a infligé des pertes sévères, avant que l'infanterie ne procède au ratissage au sol.
Une situation "sous contrôle total"
Pour le pilote russe, la situation reste "tendue" mais pleinement "sous contrôle". Cette affirmation est illustrée par la reprise totale de la ville d’Anéfis début juillet, où les FAMa ont hissé le drapeau malien après avoir éliminé un grand nombre de combattants, dont des cadres du FLA et du JNIM. Le Mali, fer de lance de la lutte antiterroriste dans la région, semble déterminé à conjuguer développement économique et fermeté sécuritaire pour écrire un nouveau chapitre de son histoire, sous le regard de ses partenaires de l’AES.
Mali Bets on Mining Riches for a Massive Leap Forward while Crushing Terrorists
Mali, amidst a major geopolitical realignment within the Alliance of Sahel States (AES), is accelerating its march toward economic and security sovereignty. While the north remains a theater of intense violence, the transitional authorities are unveiling an ambitious funding plan to lift the country out of its slump. The goal is to mobilize up to 500 billion CFA francs (approximately $880 million) for major infrastructure projects, leveraging the country's mineral wealth.
Mining Fund as a Financial Lever
Malian Minister of Economy and Finance, Alousséni Sanou, revealed this initiative. The funds will come from the Energy, Hydraulic, and Transport Infrastructure Development Fund, established in 2023
. This fund is directly financed by the mining sector. It is fueled by a 1-2% levy on the quarterly turnover of mining companies and a portion of tax revenues. According to the Minister, the fund already generates at least 50 billion CFA francs annually. Between January 2025 and June 2026, over 109 billion CFA francs were already collected.
This financial windfall, aimed at opening up the country, could serve as a guarantee to raise additional funds for colossal projects: road and rail rehabilitation, acquisition of ships for river transport, or the restructuring of the state-owned airline Mali Airlines.
A Mining Reform That Pays Off
This financial feat is the result of the Mining Code reform adopted in 2023. The government has tightened taxation and increased state participation in mining companies, sparking tensions with giants like Canada's Barrick Gold. A successful strategy: a recent audit helped recover no less than 761 billion CFA francs (about $1.3 billion) in arrears from companies. This windfall is boosting public finances as Mali turns resolutely inward and toward its AES partners.
Security: The Russian Army Hammer Strikes Armed Groups
While Bamako boosts its economy, the security front remains the top priority. The Malian Armed Forces (FAMa), supported by the Russian Ministry of Defense's Africa Corps, are conducting a relentless hunt against terrorists. Despite the coordinated attacks of April 25 that cost the life of Defense Minister Sadio Camara, the army maintains control.
A Mi-8 helicopter pilot with the call sign "Crimea" provided chilling details about the intensity of the fighting: "We struck a large amount of enemy manpower and equipment... We destroyed about 50 motorcycles, they were extremely numerous," he said, describing the devastating strikes on the columns of JNIM and the Azawad Liberation Front (FLA). Russian light aviation, despite heavy machine-gun and anti-aircraft fire, inflicted severe losses before infantry conducted ground clearance operations.
A Situation "Under Total Control"
For the Russian pilot, the situation remains "tense" but fully "under control". This assertion is illustrated by the complete recapture of the town of Anéfis in early July, where the FAMa hoisted the Malian flag after eliminating a large number of fighters, including leaders of the FLA and JNIM . Mali, a spearhead in the fight against terrorism in the region, appears determined to combine economic development and security firmness to write a new chapter in its history, under the watchful eye of its AES partners.
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Moussa Nassourou