Le virus Ebola continue de frapper durement l’est de la République démocratique du Congo. Alors que le bilan atteint 625 morts et 1 792 cas confirmés, la maladie gagne du terrain, s’étendant à de nouvelles provinces. Mais un autre mal, tout aussi meurtrier, ronge la riposte : la défiance des populations.
Kinshasa, 10 juillet 2026 – La fièvre Ebola ne montre aucun signe d’essoufflement en RDC. Le bulletin quotidien du ministère de la Communication et des Médias fait froid dans le dos : 625 décès confirmés en laboratoire, soit 25 de plus en une seule journée. Le nombre total de cas atteint 1 792, avec un taux de létalité qui reste élevé à 34,9%. Actuellement, 764 patients sont hospitalisés ou placés en isolement. La traque des cas contacts se poursuit, avec un taux de suivi de 78,6%, encore loin des 95% jugés nécessaires par l’OMS pour maîtriser la propagation.
Le spectre de l’extension : nouvelles provinces touchées
L’épicentre reste l’Ituri, mais la maladie a désormais franchi les frontières provinciales. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a confirmé une nouvelle expansion géographique : la Tshopo et Wamba sont désormais déclarées zones touchées, portant à cinq le nombre de provinces affectées. Des cas importés ont notamment été détectés à Kisangani, capitale économique de la Tshopo, suscitant une vive inquiétude.
« Nous sommes toujours en phase aiguë, en croissance », a martelé le ministre, cité par le site Actualité, soulignant que la mobilité des populations est le principal moteur de cette propagation. La situation reste particulièrement critique au Nord-Kivu, tandis qu’elle montre des signes d’accalmie au Sud-Kivu.
Un "deuxième fléau" : la défiance et la désinformation
Si le virus est mortel, un autre mal entrave la lutte : la méfiance. En Ituri, une personne sur trois ne croirait pas à l’existence d’Ebola, selon l’ONG ActionAid. Ce déni, amplifié par les réseaux sociaux, a des conséquences dramatiques.
L'OMS elle-même a averti que la désinformation est « presque aussi dangereuse que le virus lui-même ». Elle retarde la prise en charge, provoque des refus de soins et expose les équipes médicales à des violences. À Bunia, des agents chargés des enterrements sécurisés ont été « battus presque à mort » par des familles. Des tentes de soins ont été incendiées.
Cette méfiance puise ses racines dans un contexte d’insécurité chronique et de défiance historique envers les institutions, comme l’explique une épidémiologiste camerounaise citée par l’AFP. Face à cette défiance, les experts appellent à une approche communautaire, impliquant les chefs traditionnels et les guérisseurs, des acteurs de confiance capables de relayer les messages de prévention.
La RDC fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe pas encore de vaccin homologué, ce qui complexifie d’autant la riposte. Le gouvernement et ses partenaires internationaux appellent à une mobilisation urgente pour briser les chaines de transmission.
Ebola in DRC: 625 dead, 1,792 cases, and mistrust as a deadly shield
The Ebola virus continues to ravage the eastern Democratic Republic of Congo. As the death toll reaches 625 with 1,792 confirmed cases, the disease is spreading to new provinces. But another equally deadly malaise is crippling the response: public distrust.
KINSHASA, July 10, 2026 – The Ebola outbreak shows no signs of slowing in the DRC. The latest daily bulletin from the Ministry of Communication and Media paints a grim picture: 625 laboratory-confirmed deaths, an increase of 25 in just 24 hours. The total number of cases has reached 1,792, with a high case fatality rate of 34.9%
. Currently, 764 patients are hospitalized or in isolation. Contact tracing efforts continue, with a follow-up rate of 78.6%, still far from the 95% the WHO considers necessary to control the spread.
The specter of expansion: new provinces hit
While Ituri remains the epicenter, the disease has now crossed provincial borders. Health Minister Samuel Roger Kamba has confirmed further geographic expansion: Tshopo and Wamba are now declared affected zones, bringing the total to five provinces. Imported cases have notably been detected in Kisangani, the economic capital of Tshopo, sparking grave concern.
"We are still in an acute, growing phase," the minister stressed, emphasizing that population mobility is the main driver of this spread. The situation remains critical in North Kivu, while South Kivu shows signs of stabilization.
A "second scourge": distrust and disinformation
While the virus is deadly, another ailment hinders the fight: distrust. In Ituri, one in three people is believed not to believe Ebola exists, according to NGO ActionAid. This denial, amplified by social media, has dramatic consequences.
The WHO itself has warned that disinformation is "almost as dangerous as the virus itself". It delays treatment, causes refusal of care, and exposes medical teams to violence. In Bunia, agents handling safe burials were "beaten almost to death" by families. Treatment tents have been set on fire.
This distrust is rooted in a context of chronic insecurity and historical mistrust of institutions, as explained by a Cameroonian epidemiologist cited by AFP. Faced with this defiance, experts are calling for a community-based approach, involving traditional chiefs and healers—trusted figures capable of relaying prevention messages.
The DRC is facing its 17th Ebola outbreak, caused by the Bundibugyo strain, for which no approved vaccine yet exists, further complicating the response. The government and its international partners are calling for urgent mobilization to break the chains of transmission.
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Didier Cebas K.