Publicité

Le Ghana humilie Ramaphosa : visite d’État refusée en pleine crise xénophobe en Afrique du Sud

Tension explosive entre Accra et Pretoria : le Ghana refuse la visite de Cyril Ramaphosa après les attaques contre ses ressortissants. Rapatriements massifs du Ghana, Zimbabwe, Nigeria... Pendant que l’Afrique du Sud arrête des centaines de zama-zama. Découvrez les dessous d’une crise qui secoue l’Afrique.

Publicité

Crise migratoire en Afrique du Sud : le Ghana claque la porte à Ramaphosa, l’Afrique rapatrie ses enfants !


Dans un geste qui en dit long sur la colère qui monte sur le continent, les autorités ghanéennes ont purement et simplement refusé d’accorder une visite d’État au président sud-africain Cyril Ramaphosa. La raison ? Les attaques répétées et sauvages contre les ressortissants ghanéens et d’autres migrants africains en terre sud-africaine. C’est ce que rapporte MyJoyOnline, citant des sources diplomatiques fiables à Accra et Pretoria.


Selon ces sources, Accra n’a pas digéré la recrudescence des violences xénophobes dans plusieurs provinces d’Afrique du Sud. Déjà, le Ghana a rapatrié près de 1 000 de ses fils et filles. Plusieurs centaines d’autres attendent encore leur tour pour regagner la terre de leurs ancêtres. Les risques sécuritaires pour Ramaphosa lui-même ont également été évoqués.


Le point de rupture ? La mort tragique d’un ressortissant ghanéen le 30 juin dernier, en plein cœur des manifestations anti-migrants. Si Pretoria dément tout lien avec les protestations, les images et témoignages qui circulent sur les réseaux sociaux et dans la presse africaine racontent une autre histoire. Ces dernières semaines, les appels à un contrôle plus strict de l’immigration irrégulière et à l’expulsion des « clandestins » se sont multipliés, parfois dans une violence inacceptable.


Une vague de rapatriements à travers l’Afrique 


Le Ghana n’est pas seul. Le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria et l’Ouganda ont également lancé ou accéléré le retour de leurs nationaux. Au Zimbabwe, plus de 2 millions de dollars de dons privés – dont deux contributions d’un million chacune de généreux hommes d’affaires – ont été mobilisés pour rapatrier ceux qui craignent pour leur vie. Des centaines de Zimbabwéens se pressent aux ambassades et dans des centres temporaires. Le président Emmerson Mnangagwa a appelé le secteur privé à en faire davantage et promis une réintégration digne pour ses compatriotes.


Opération coup de poing contre les mines illégales  


Parallèlement, la police sud-africaine, soutenue par l’armée, a frappé fort : 217 personnes, majoritairement des migrants en situation irrégulière originaires du Zimbabwe, du Lesotho et du Mozambique, ont été arrêtées lors d’une opération à la mine de Kloof, à 60 km de Johannesburg. Armes de combat et munitions ont été saisies. Près de 500 mines abandonnées dans la région sont exploitées par des bandes criminelles, selon les autorités. Ces « zama-zama » posent un sérieux problème de sécurité et d’environnement.


La commission bilatérale reportée sine die  


La prochaine session de la commission bilatérale Ghana-Afrique du Sud, prévue du 4 au 7 août à Accra et co-présidée par les deux chefs d’État, a été reportée sans nouvelle date. News 24 rapporte que Pretoria a proposé le report et qu’Accra a accepté. La commission, créée en 2019, est aujourd’hui victime de la dégradation des relations.


La présidence sud-africaine a démenti toute « demande de visite d’État » rejetée, tandis qu’un diplomate sud-africain accuse Accra de « désinformation ». Mais Accra reste la voix la plus critique sur l’incapacité de Pretoria à protéger les étrangers, particulièrement les Ghanéens. Plus d’un millier ont déjà été rapatriés ces deux derniers mois.


Au Zimbabwe, un président qui s’accroche au pouvoir


Dans un autre registre, Emmerson Mnangagwa a signé une loi controversée prolongeant son mandat jusqu’en 2030. Le mandat présidentiel passe de cinq à sept ans, tout comme celui des parlementaires. L’élection du chef de l’État se fera désormais au Parlement et non plus au suffrage direct. L’opposition et la société civile dénoncent un recul démocratique et exigent un référendum.


Analyse : l’Afrique face à ses démons  


Cette crise révèle les fractures profondes d’une Afrique qui peine à gérer la libre circulation promise par l’Union Africaine tout en faisant face à la pauvreté, au chômage et à la criminalité. L’Afrique du Sud, « rainbow nation » aux yeux du monde, voit son image ternie par des violences récurrentes qui rappellent tristement les années sombres.


Les pays d’origine, du Ghana au Zimbabwe, montrent une détermination nouvelle : protéger leurs citoyens d’abord. Ramaphosa avait promis des mesures contre ceux qui exploitent la question migratoire pour semer la violence. Les faits sur le terrain exigent maintenant des actes forts, pas seulement des discours.


L’Afrique regarde. Et elle attend des solutions africaines à un problème africain.




Ghana Slams Door on Ramaphosa Amid Xenophobic Crisis in South Africa: Africa Repatriates Its Own


In a bold diplomatic move, Ghanaian authorities have refused a state visit by South African President Cyril Ramaphosa due to ongoing attacks on Ghanaian and other African nationals in South Africa, MyJoyOnline reports, citing diplomatic sources.


The decision stems from renewed xenophobic violence. Ghana has already repatriated nearly 1,000 citizens, with hundreds more waiting. Security risks for Ramaphosa were also factored in.


Tensions spiked after the killing of a Ghanaian on June 30 during anti-migrant protests. South African authorities deny any link, but the incidents have fueled outrage.


Several African nations — Kenya, Malawi, Mozambique, Nigeria, Uganda — have launched or accelerated repatriations. In Zimbabwe, over $2 million in private donations are funding returns, with President Mnangagwa urging more support for safe reintegration.


South African police, backed by the army, arrested 217 suspected illegal miners, mostly from Zimbabwe, Lesotho, and Mozambique, at Kloof Mine. Weapons and ammunition were seized. Hundreds of abandoned mines near Johannesburg are controlled by criminal syndicates.


The bi-national commission meeting scheduled for Accra (August 4-7) has been postponed indefinitely. South Africa proposed the delay; Ghana accepted.


Pretoria denies any rejected state visit request and accuses Ghana of disinformation, but Accra remains the loudest critic of South Africa’s failure to protect foreigners.


Separately, Zimbabwe’s President Emmerson Mnangagwa signed a law extending his term to 2030, shifting presidential elections to Parliament. Opposition calls it undemocratic.


This crisis exposes deep continental fault lines on migration, integration, and solidarity. Africa is watching.


Ghana Ramaphosa, crise xénophobe Afrique du Sud, rapatriement Ghanéens, violences anti-migrants Pretoria, commission bilatérale Ghana Afrique du Sud reportée, zama zama Kloof Mine, arrestations mineurs illégaux, Mnangagwa mandat 2030, dons rapatriement Zimbabwe, tensions Afrique australe, xénophobie Johannesburg, actualité Afrique 2026


Didier Cebas K.

Publicité