Affaire Martinez Zogo : révélations explosives au tribunal, accusations, tensions et nouvelles déclarations secouent le procès
Le procès de l'affaire Martinez Zogo a connu une nouvelle journée particulièrement intense devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Entre les accusations du parquet sur des fuites d'enregistrements d'audience, les échanges musclés entre avocats, les révélations du colonel Otoulou Jean-Pierre sur l'enquête, ainsi que les nombreuses questions de la défense visant le colonel Justin Danwé et les autres accusés, les débats ont encore mis en lumière plusieurs zones d'ombre du dossier. La poursuite de la contre-interrogation du 34? témoin s'est achevée par un renvoi de l'affaire aux 31 août et 1er septembre 2026.
Une audience sous haute tension dès l'ouverture
L'audience a débuté à 12h47 dans un climat déjà tendu. Avant même le début de la contre-interrogation du colonel Otoulou Jean-Pierre par Me Mbuny, avocat du colonel Justin Danwé, le président du Tribunal militaire, le magistrat Missé, a donné la parole au Commissaire du Gouvernement, Cerlin Belinga, pour d'éventuelles réquisitions préliminaires.
Le représentant du parquet a dénoncé la diffusion d'enregistrements des précédentes contre-interrogations d'avocats de la défense auprès d'un lanceur d'alerte. Estimant les faits particulièrement graves, il a annoncé que le parquet était prêt à ouvrir une enquête et a demandé que des mesures soient prises afin d'empêcher toute nouvelle fuite des audiences.
Cette sortie a immédiatement provoqué la colère de plusieurs avocats.
Les avocats de la défense dénoncent des accusations graves
Me Calvin Job s'est vivement insurgé contre les accusations du parquet, proposant même que ses téléphones soient immédiatement examinés afin d'écarter tout soupçon. D'autres conseils de la défense, notamment Me Kenmoe et Me Claude Assira, ont également réagi avant que le président du tribunal ne calme les tensions pour permettre la poursuite normale des débats.
Le colonel Otoulou revient sur la découverte du corps
Interrogé par Me Mbuny, le colonel Otoulou Jean-Pierre est revenu sur les circonstances ayant conduit les enquêteurs jusqu'au lieu où le corps de Martinez Zogo a été retrouvé.
Le témoin explique que ses analyses reposaient principalement sur les indices matériels découverts sur place, notamment la présence de latérite et de poudre. Selon lui, les faits se seraient déroulés entre 20 heures et 21 heures, les investigations ayant été menées dans des conditions de faible luminosité où seule une torche permettait d'éclairer la scène.
« Les indices ont parlé »
Tout au long de son audition, le colonel Otoulou a insisté sur le fait que son travail reposait exclusivement sur les éléments matériels recueillis au cours de l'enquête.
À plusieurs reprises, il a refusé de porter un jugement personnel sur les responsables de la DGRE, notamment Maxime Eko Eko, expliquant que seuls les indices avaient orienté les investigations.
Il a toutefois rappelé avoir déjà déclaré que deux hypothèses existaient : soit certains responsables étaient incompétents, soit ils savaient ce qui s'était réellement passé.
Les auditions du colonel Danwé au cœur des débats
Une importante partie de la journée a porté sur les différentes auditions du colonel Justin Danwé.
Le témoin a confirmé que lors d'une nouvelle audition, le colonel Danwé avait demandé à pouvoir s'expliquer davantage et qu'il avait effectivement sollicité d'être réentendu. Les échanges entre le témoin et la défense ont également porté sur les méthodes employées lors des auditions et sur la présence des avocats pendant certaines étapes de l'enquête.
Un débat autour de la garde à vue
Les avocats ont également interrogé le témoin sur plusieurs aspects procéduraux concernant les gardes à vue de différents accusés.
Concernant certaines irrégularités évoquées par la défense, le colonel Otoulou s'est montré prudent, affirmant ne plus se souvenir de certains détails administratifs tout en rappelant que les investigations reposaient avant tout sur les indices recueillis.
Le témoignage évoque un « second commando »
L'un des passages les plus suivis de cette audience concerne l'existence d'un éventuel second commando.
Interrogé directement sur cette hypothèse, le colonel Otoulou a répondu qu'à un moment donné de l'enquête, cette possibilité avait effectivement été envisagée.
Il a également indiqué que plusieurs occurrences de messages entre Justin Danwé, Jean-Pierre Amougou Belinga et Maxime Eko Eko figuraient parmi les éléments analysés par les enquêteurs.
Les déclarations sur les trois millions de francs CFA
Les débats ont ensuite porté sur des mouvements d'argent attribués à Jean-Pierre Amougou Belinga.
Le témoin a affirmé que, selon les éléments de l'enquête, deux millions de francs CFA auraient été remis pour la planification de l'opération, auxquels se seraient ajoutés deux versements de 500 000 FCFA, soit un total de trois millions de francs CFA.
Le colonel Otoulou a toutefois précisé que, selon lui, cette somme ne correspondait pas à une contribution destinée à l'arrosage du galon du colonel Danwé, mais à la préparation de l'opération évoquée dans le dossier.
Les perquisitions et les interpellations examinées
Les avocats ont également interrogé le témoin sur les conditions dans lesquelles Jean-Pierre Amougou Belinga et Bruno Bidjang avaient été interpellés.
Le colonel Otoulou a reconnu ne pas disposer d'un mandat de perquisition lors de certaines opérations, tout en expliquant que ces actes avaient été réalisés dans le cadre de la recherche de la vérité et sous la supervision du Commissaire du Gouvernement.
Il a également indiqué que tous les objets saisis avaient été remis à la commission d'enquête.
Une défense toujours offensive
Tout au long de l'audience, les différents avocats de la défense ont multiplié les questions sur les méthodes d'enquête, la conservation des preuves, les téléphones de Martinez Zogo, la sécurisation de la scène, les auditions ainsi que la chronologie des investigations.
Le témoin a maintenu la plupart de ses précédentes déclarations, tout en indiquant à plusieurs reprises qu'il ne pouvait répondre que sur les éléments dont il avait personnellement connaissance.
L'audience renvoyée au 31 août
Après plusieurs suspensions et près de huit heures de débats, le président du Tribunal militaire a renvoyé l'affaire aux 31 août et 1er septembre 2026, dates auxquelles la contre-interrogation du colonel Otoulou Jean-Pierre par les avocats de la défense se poursuivra.
Cette nouvelle journée d'audience confirme que le procès Martinez Zogo reste marqué par des confrontations techniques entre les parties, autour des méthodes d'enquête, des preuves présentées devant le tribunal et de l'interprétation des différents procès-verbaux. Les prochaines audiences devraient permettre d'approfondir plusieurs points restés en suspens au cours de cette longue contre-interrogation.
Martinez Zogo Trial: Explosive Court Hearing Marked by New Revelations and Heated Exchanges
The Martinez Zogo murder trial took another dramatic turn before the Yaoundé Military Court as the cross-examination of the 34th witness, Colonel Otoulou Jean-Pierre, continued. The hearing was dominated by allegations of leaked courtroom recordings, sharp exchanges between prosecutors and defense lawyers, questions about the investigation, and fresh testimony regarding evidence collected during the inquiry. The court eventually adjourned the proceedings until August 31 and September 1, 2026.
At the opening of the hearing, Government Commissioner Cerlin Belinga denounced the alleged recording and transmission of previous courtroom exchanges to a whistleblower, describing the incident as serious enough to justify a criminal investigation. Defense lawyers strongly rejected the accusations, with attorney Calvin Job even offering his phones for immediate examination.
During questioning, Colonel Otoulou stated that investigators based their conclusions on physical evidence found near the crime scene, including laterite soil and powder traces. He maintained that the investigation relied on material evidence rather than personal opinions and reaffirmed several conclusions previously presented before the court.
The hearing also focused on Colonel Justin Danwé's interviews, alleged procedural irregularities, the possibility of a second commando, financial transactions totaling three million CFA francs, and the circumstances surrounding searches and arrests carried out during the investigation. The witness defended the investigative team's approach while acknowledging some procedural questions raised by defense lawyers.
After several hours of questioning and multiple suspensions, the Military Court postponed the case to August 31 and September 1, 2026, when the cross-examination of Colonel Otoulou will continue.
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Ange NGO