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Alerte sur le budget 2026 : les investissements publics du Cameroun plongent, les financements extérieurs se raréfient

Le Cameroun enregistre une chute spectaculaire de 74,4 % de ses investissements publics au premier trimestre 2026. Retards de financement, difficultés liées à PROBMIS IA et ralentissement des grands projets : analyse complète des chiffres du ministère des Finances.

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Cameroun : les investissements publics s'effondrent de 74 %, les grands projets ralentissent sous le poids des retards budgétaires


Le premier trimestre 2026 révèle une réalité préoccupante pour les finances publiques camerounaises. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2027-2029, élaboré par le ministère des Finances (Minfi), l'exécution des investissements publics connaît un ralentissement inédit, susceptible d'affecter le calendrier de nombreux projets structurants inscrits dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).


Les chiffres publiés montrent que l'État n'a exécuté que 45 milliards de FCFA de dépenses d'investissement à fin mars 2026, contre 175,5 milliards de FCFA durant la même période en 2025. Cette baisse représente 130,5 milliards de FCFA, soit un recul spectaculaire de 74,4 % en glissement annuel.


Un taux d'exécution exceptionnellement faible


Au-delà de la baisse des montants engagés, le rythme d'exécution interpelle. À la fin du premier trimestre, seulement 2,5 % des crédits d'investissement inscrits dans la loi de finances 2026 avaient été consommés.


Les investissements financés sur ressources propres affichent une performance particulièrement faible avec un taux d'exécution de 0,3 %, tandis que ceux financés grâce aux partenaires extérieurs atteignent 5,2 %.


Même si le premier trimestre est traditionnellement marqué par un démarrage progressif des dépenses publiques, l'écart avec l'exercice précédent traduit cette fois-ci un ralentissement beaucoup plus prononcé.


PROBMIS IA, une transition informatique qui freine les décaissements


Le gouvernement explique une partie de ces retards par la migration vers PROBMIS IA, la nouvelle plateforme informatique de gestion budgétaire.


Selon le ministère des Finances, les contraintes techniques rencontrées lors du basculement vers ce système ont ralenti aussi bien les dépenses courantes que les dépenses d'investissement.


Cette transition numérique, destinée à moderniser la gestion des finances publiques, a toutefois perturbé les opérations administratives au cours des premiers mois de l'année, retardant ainsi le lancement de plusieurs projets.


Les financements extérieurs enregistrent une chute spectaculaire


Les difficultés ne concernent pas uniquement l'exécution des dépenses.


Le gouvernement fait également face à une mobilisation beaucoup plus lente des ressources extérieures.


Entre janvier et mars 2026, les emprunts et dons n'ont atteint que 137,5 milliards de FCFA, contre 327,6 milliards un an auparavant.


Cette diminution de 190,1 milliards de FCFA, soit -58 %, constitue le principal facteur expliquant le ralentissement budgétaire observé.


Les prêts destinés aux projets d'investissement n'ont atteint que 39,4 milliards de FCFA, représentant seulement 19 % des prévisions trimestrielles.


Les dons internationaux sont quasiment inexistants avec 0,1 milliard de FCFA mobilisé sur 18,5 milliards attendus.


Plus préoccupant encore, aucun décaissement n'a été enregistré au titre des appuis budgétaires ni des autres emprunts pourtant programmés.


Les recettes fiscales limitent les dégâts


À l'inverse, les recettes internes affichent une résistance relativement satisfaisante.


À fin mars 2026, elles atteignent 1 193,9 milliards de FCFA, correspondant à 88,2 % des objectifs trimestriels.


Les recettes fiscales progressent même de 3,2 % grâce à la bonne tenue des impôts et des recettes douanières.


En revanche, les recettes pétrolières chutent fortement.


Elles reculent de 34,6 % en raison d'une baisse de la production nationale, malgré un contexte international marqué par la hausse des cours du pétrole provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.


Les dépenses publiques ralentissent également


L'ensemble de l'exécution budgétaire marque le pas.


Les dépenses totales ordonnancées s'établissent à 1 547,1 milliards de FCFA, contre 1 593,2 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 2,9 %.


Les dépenses courantes hors intérêts diminuent également, atteignant 566,1 milliards de FCFA.


Ce ralentissement simultané des recettes extérieures et des dépenses publiques confirme un début d'exercice budgétaire particulièrement difficile.


Les infrastructures et le secteur du BTP sous surveillance


Cette situation pourrait avoir des conséquences importantes sur la réalisation des infrastructures prévues dans le cadre de la SND30.


Les secteurs du BTP, des matériaux de construction, des transports et des services d'ingénierie demeurent directement dépendants du rythme de la commande publique.


Si les décaissements ne s'accélèrent pas au cours des prochains mois, plusieurs projets pourraient connaître des retards, avec des répercussions sur la croissance économique et l'emploi.


Le défi du gouvernement sera donc double : lever rapidement les contraintes techniques liées à PROBMIS IA tout en accélérant la mobilisation des financements extérieurs afin de rattraper le retard accumulé au premier trimestre.


Les données publiées par le ministère des Finances montrent enfin que la principale faiblesse de ce début d'exercice ne provient pas d'un effondrement des recettes fiscales, mais surtout du retard enregistré dans la mobilisation des prêts, des dons et des appuis budgétaires, un élément déterminant pour l'exécution du budget 2026.




Cameroon records a 74% collapse in public investment as budget execution slows sharply


Cameroon's public investment program experienced a dramatic slowdown during the first quarter of 2026, raising concerns about delays to key infrastructure projects under the country's National Development Strategy 2020-2030 (NDS30).


According to the Ministry of Finance's 2027-2029 Medium-Term Economic and Budget Programming Document (DPEB), public investment spending reached only CFA 45 billion by the end of March 2026, compared with CFA 175.5 billion during the same period in 2025.


This represents a decline of CFA 130.5 billion, or 74.4% year-on-year.


Overall investment budget execution stood at just 2.5%, while domestically financed projects recorded an execution rate of only 0.3%, compared with 5.2% for externally financed investments.


The government attributes part of the delay to technical constraints arising from the rollout of the new PROBMIS IA budget management platform, which disrupted expenditure processing during the first months of the fiscal year.


External financing also weakened significantly.


Loans and grants mobilized between January and March totaled only CFA 137.5 billion, compared with CFA 327.6 billion a year earlier, representing a 58% decline.


Project loans reached just CFA 39.4 billion, while grants amounted to only CFA 100 million. No budget support disbursements were recorded during the period.


Domestic revenue performed relatively better.


Internal revenue reached CFA 1.19 trillion, representing 88.2% of quarterly targets, supported by stronger tax and customs collections.


However, oil revenue fell sharply due to declining crude production despite higher global oil prices.


Total government expenditure also slowed, falling to CFA 1.547 trillion, down 2.9% from the same period in 2025.


Economists warn that unless technical issues are resolved quickly and external financing accelerates, delays could affect infrastructure development, construction, engineering services and other sectors heavily dependent on public investment throughout 2026.


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Didier Cebas K.

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