Nachtigal en sursis : Le Cameroun mobilise 35 milliards FCFA pour sauver la garantie du géant hydroélectrique
Yaoundé, le 27 juin 2026 – Le barrage de Nachtigal ne vacille pas. Malgré les tensions financières persistantes, l’État camerounais passe à l’offensive pour sécuriser ce joyau énergétique qui illumine désormais une grande partie du pays. Selon des informations exclusives obtenues par des sources proches du dossier, un premier abondement massif de 35 milliards de FCFA a déjà été mobilisé dans le cadre de la reconstitution de la lettre de crédit stand-by (SBLC) portée par SCB Cameroun.
L’opération, lancée en mars 2026 et arrangée par Financia Capital, vise à reconstituer intégralement une garantie libellée en euros dépassant les 86 millions d’euros, soit environ 56 milliards de FCFA. À ce jour, les 35 milliards mobilisés représentent plus de 62 % de l’enveloppe cible. Il reste environ 21 milliards de FCFA à couvrir pour boucler définitivement ce mécanisme vital.
Cette SBLC n’est pas un simple papier administratif. Elle constitue le bouclier financier qui protège Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), la société chargée d’exploiter la centrale. En cas de défaillance de l’acheteur d’électricité – aujourd’hui Socadel, ex-Éneo reprise en main par l’État –, elle garantit les paiements dus au producteur. Depuis la nationalisation, les autorités camerounaises redoublent d’efforts pour contenir les risques de défaut sur ce projet stratégique, devenu central pour l’équilibre du système électrique national.
Une opération avancée, mais pas encore finalisée
Les banques approchées ont manifesté un intérêt marqué. Les intentions recueillies couvrent désormais la totalité du montant recherché. Cependant, comme l’explique une source impliquée dans les négociations : « Les discussions se poursuivent sur les conditions financières, les caractéristiques du prêt et les garanties exigées. Une fois ces paramètres arrêtés, les dossiers devront être soumis aux comités de crédit avant la signature de la convention de financement. »
Ce premier coussin de 35 milliards offre déjà un soulagement immédiat. Combiné à des règlements partiels des créances dues à NHPC – estimées à près de 70 milliards de FCFA en février 2026 –, il a permis de réduire sensiblement la pression sur le dispositif de garantie, notamment celui soutenu par la Banque mondiale via Société Générale Paris.
Parallèlement, l’État a mis en place un mécanisme de fonds revolving destiné à reconstituer progressivement cette réserve et à limiter durablement les risques de défaut. Un montage intelligent qui témoigne de la volonté gouvernementale de sécuriser les paiements à NHPC, pilier incontesté de l’approvisionnement électrique camerounais.
Un cas d’école pour les futurs grands barrages
Au-delà des chiffres, le dossier Nachtigal pose une question fondamentale : l’État camerounais saura-t-il mieux maîtriser les engagements financiers dans les grands projets en partenariat public-privé ? Avec la multiplication des garanties publiques dans le secteur énergétique, les autorités tirent aujourd’hui les leçons d’un montage qui, bien que techniquement remarquable, a exposé les finances publiques à des tensions récurrentes.
Un responsable du ministère des Finances l’avait clairement exprimé lors du Colloque financier international de Yaoundé le 23 avril dernier : « Le cas NHPC nous apporte clairement des enseignements qui nous permettent aujourd’hui de mieux réfléchir. Nous estimons que la structuration financière de ce projet n’a pas permis à l’État d’être totalement à l’aise. »
Ces préoccupations font écho aux alertes du Fonds monétaire international, qui pointait déjà en 2025 les pressions potentielles sur les finances publiques liées au fonctionnement de Nachtigal.
Alors que le gouvernement prépare d’autres infrastructures majeures, à l’image du barrage de Kikot, Nachtigal devient un véritable cas d’école. Le projet reste essentiel pour booster l’offre électrique nationale, mais il rappelle avec force que les grands barrages ne se mesurent pas seulement en mégawatts. Ils se mesurent surtout à la capacité de l’État à sécuriser durablement les flux de paiement et les garanties qui en assurent la viabilité.
Le Cameroun avance. Avec détermination. Pour que l’énergie, moteur du développement, ne devienne jamais un fardeau.
Nachtigal on the Edge: Cameroon Mobilizes CFA 35 Billion to Rescue Guarantee for the Hydroelectric Giant!
Yaoundé, June 27, 2026 – The Nachtigal dam is not faltering. Despite ongoing financial tensions, the Cameroonian State is taking decisive action to secure this energy jewel that now powers a significant portion of the country. According to exclusive information obtained from sources close to the file, a first major contribution of **CFA 35 billion** has already been mobilized as part of the reconstitution of the Stand-By Letter of Credit (SBLC) carried by SCB Cameroon.
The operation, launched in March 2026 and arranged by Financia Capital, aims to fully reconstitute a euro-denominated guarantee exceeding €86 million, or approximately CFA 56 billion. To date, the CFA 35 billion mobilized represent over 62% of the target envelope. Around CFA 21 billion remains to be covered to definitively close this vital mechanism.
This SBLC is far more than administrative paperwork. It serves as the financial shield protecting Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), the company operating the plant. In the event of a default by the electricity purchaser – now Socadel, the former Éneo under full State control – it guarantees payments to the producer. Since the public takeover, Cameroonian authorities have intensified efforts to contain default risks on this strategic project, which has become central to the national electricity system’s balance.
An Advanced but Not Yet Finalized Operation
Approached banks have shown strong interest, with intentions now covering the full amount sought. However, as a source involved in the negotiations explains: “Discussions continue on financial conditions, loan characteristics, and required guarantees. Once these parameters are set, the files will need to be submitted to the credit committees before signing the financing agreement.”
This initial CFA 35 billion cushion already provides immediate relief. Combined with partial settlements of debts owed to NHPC – estimated at nearly CFA 70 billion in February 2026 – it has significantly reduced pressure on the guarantee mechanism, particularly the World Bank-supported one via Société Générale Paris.
In parallel, the State has established a revolving fund mechanism to progressively reconstitute this reserve and sustainably limit default risks. A smart arrangement demonstrating the government’s commitment to securing payments to NHPC, an undisputed pillar of Cameroon’s electricity supply.
A Case Study for Future Major Dams
Beyond the numbers, the Nachtigal file raises a fundamental question: Will the Cameroonian State better manage financial commitments in large public-private partnership infrastructure projects? With the proliferation of public guarantees in the energy sector, authorities are now drawing lessons from a technically successful but financially tense structure.
A Finance Ministry official clearly stated during the Yaoundé International Financial Colloquium on April 23: “The NHPC case provides us with clear lessons that allow us to think better today. We believe the financial structuring of this project did not allow the State to be fully comfortable.”
These concerns echo warnings from the International Monetary Fund, which in 2025 already highlighted potential new pressures on public finances linked to Nachtigal’s operations.
As the government prepares other major infrastructures, such as the Kikot hydroelectric dam, Nachtigal has become a textbook case. The project remains essential for strengthening national electricity supply, but it powerfully reminds us that major dams are not measured only in megawatts. They are measured by the State’s ability to sustainably secure contractual commitments, public guarantees, and payment flows that determine their viability.
Cameroon is moving forward. With determination. So that energy, the engine of development, never becomes a burden.
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Didier Cebas K.