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Électricité au Cameroun : le gouvernement lance un appel aux investisseurs pour sauver le réseau de transport

Le Cameroun passe à la vitesse supérieure ! Après les barrages, cap sur le transport d'électricité. Gaston Eloundou Essomba sollicite l'Italie pour moderniser le réseau et stopper les pertes d'énergie. Découvrez les enjeux de ce nouveau chantier stratégique.

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Transport d’électricité : le Cameroun ouvre un nouveau front stratégique pour ses investissements énergétiques


Après avoir multiplié les projets hydroélectriques pour booster sa production, le Cameroun braque désormais les projecteurs sur le maillon faible de sa chaîne énergétique : le transport. Face à un réseau saturé et des pertes colossales, le gouvernement appelle les partenaires internationaux, notamment italiens, à investir massivement dans les lignes haute tension. Une révolution silencieuse mais vitale pour l’économie nationale.


C’est un changement de cap majeur qui s’opère dans la stratégie énergétique du Cameroun. Fini le temps où tous les regards étaient tournés vers la construction de nouveaux barrages. Désormais, les autorités veulent que l’argent et l’expertise internationale se concentrent sur l’acheminement de cette précieuse électricité jusqu’aux usines et aux foyers.


Le message est clair et a été martelé le 19 juin 2026 à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Lors d’une audience avec l’ambassadrice d’Italie, Natalia Sanginiti, et le représentant de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), il a lancé un appel solennel : « La dimension transport devrait continuer à bénéficier de l’attention de nos partenaires. Ils devraient s’y intéresser. »


Un signal fort adressé aux bailleurs de fonds, alors que le pays s’apprête à engranger des mégawatts supplémentaires grâce aux futurs projets de Kikot, Minkouma ou Bini à Warak.


L’urgence d’un réseau à la traîne


Le constat est sans appel. Le Cameroun produit, mais il perd. Selon des sources proches du ministère, près de 30 % de l’électricité générée s’évapore en pertes techniques avant même d’atteindre les consommateurs. Un gaspillage énergétique et financier que le gouvernement ne peut plus tolérer, surtout dans un contexte de recherche d’efficacité industrielle.


Alors que la mise en service du barrage de Nachtigal a déjà renforcé l’offre sur le Réseau interconnecté Sud, l’arrivée prochaine des 500 MW de Kikot risque de transformer ce goulot d’étranglement en crise systémique. "Produire sans pouvoir acheminer, c’est comme construire des routes sans prévoir de ponts", confie un expert du secteur. La priorité est donc à la construction de nouvelles lignes à haute tension, à la réhabilitation des postes de transformation et à l’interconnexion des réseaux régionaux, notamment vers les zones septentrionales où le potentiel solaire est en plein essor.


Sonatrel : le bras armé d’un chantier titanesque


Pour relever ce défi, l’État s’appuie sur Sonatrel (Société nationale de transport de l’électricité). Créée en 2015, cette entreprise publique est au cœur de la tourmente. Sa mission est herculéenne : planifier, construire et gérer le réseau public de transport.


Cependant, les besoins en capitaux sont immenses et les finances publiques, sous tension, ne peuvent supporter seules ce fardeau. D’où l’idée d’une ouverture accrue au privé via des Partenariats Public-Privé (PPP). L’Italie, via la CDP, est perçue comme un partenaire stratégique de choix pour financer cette modernisation, dans le cadre du Compact énergétique national.


Ce Compact, véritable feuille de route visant à mobiliser 12,5 milliards de dollars d’ici 2030, ne se limite pas à la production. Il vise à garantir un accès universel à une énergie propre, moteur indispensable au développement industriel et à la "cuisson propre". Sans transport, cet objectif reste un vœu pieux.


L’enjeu : la compétitivité industrielle et la sécurité énergétique


Au-delà de la technique, c’est la compétitivité économique du Cameroun qui est en jeu. Les grands projets miniers, l’essor des zones industrielles et le développement des ports exigent une électricité fiable et abondante. Un réseau de transport défaillant freine l’implantation d’usines et alourdit les coûts de production pour les entreprises existantes.


En recentrant l’attention des investisseurs sur le transport, le gouvernement camerounais ne fait pas que réparer une infrastructure. Il pose la pierre angulaire de sa souveraineté énergétique. Il s’agit de transformer les gigawatts produits en véritable levier de croissance. L’appel aux Italiens est donc bien plus qu’une simple sollicitation financière : c’est une main tendue pour sécuriser l’avenir industriel et social du pays. Le chemin est encore long, mais le cap est enfin fixé.




Electricity Transmission: Cameroon Opens a New Strategic Front for Energy Investments


After multiplying hydroelectric projects to boost its production, Cameroon is now turning the spotlight on the weak link in its energy chain: transmission. Faced with a saturated network and colossal losses, the government is calling on international partners, notably Italians, to invest massively in high-voltage lines. A silent but vital revolution for the national economy.


A major shift is taking place in Cameroon's energy strategy. Gone are the days when all eyes were on the construction of new dams. Now, authorities want international money and expertise to focus on delivering this precious electricity to factories and homes.


The message was clear and was reiterated on June 19, 2026, in Yaoundé by the Minister of Water and Energy, Gaston Eloundou Essomba. During a meeting with the Italian Ambassador, Natalia Sanginiti, and a representative of the Cassa Depositi e Prestiti (CDP), he issued a solemn call: "The transmission dimension should continue to benefit from the attention of our partners. They should take an interest in it."


This is a strong signal to donors, as the country is about to generate additional megawatts through future projects like Kikot, Minkouma, or Bini à Warak.


The Urgency of a Lagging Network


The assessment is damning. Cameroon produces, but it loses. According to sources close to the ministry, nearly 30% of the electricity generated is lost in technical losses before even reaching consumers. This energy and financial waste can no longer be tolerated, especially in a context of seeking industrial efficiency.


While the commissioning of the Nachtigal dam has already boosted supply on the Southern Interconnected Network, the upcoming arrival of Kikot's 500 MW threatens to turn this bottleneck into a systemic crisis. "Producing without being able to transport is like building roads without planning bridges," says a sector expert. The priority is therefore on building new high-voltage lines, rehabilitating existing substations, and interconnecting regional networks, particularly towards the northern areas where solar potential is booming.


Sonatrel: The Spearhead of a Titan-Sized Project


To meet this challenge, the State relies on Sonatrel (National Electricity Transmission Company). Created in 2015, this state-owned company is at the heart of the storm. Its mission is Herculean: to plan, build, and manage the public transmission network.


However, capital requirements are immense, and strained public finances cannot bear this burden alone. Hence the idea of greater private sector involvement through Public-Private Partnerships (PPPs). Italy, via the CDP, is seen as a strategic partner of choice to finance this modernization, within the framework of the national Energy Compact.


This Compact, a true roadmap aiming to mobilize $12.5 billion by 2030, is not limited to production. It aims to ensure universal access to clean energy, an essential driver for industrial development and "clean cooking." Without transmission, this objective remains a pipe dream.


The Stakes: Industrial Competitiveness and Energy Security


Beyond the technical aspect, Cameroon's economic competitiveness is at stake. Major mining projects, the growth of industrial zones, and port development require reliable and abundant electricity. A failing transmission network hinders the establishment of factories and increases production costs for existing businesses.


By refocusing investors' attention on transmission, the Cameroonian government is not just repairing an infrastructure. It is laying the cornerstone of its energy sovereignty. It is about transforming the gigawatts produced into a real lever for growth. The call to the Italians is therefore much more than a simple financial solicitation: it is a hand extended to secure the country's industrial and social future. The road is still long, but the course has finally been set.


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Mouahna Divine

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