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Procès Martinez Zogo : téléphones manquants, messages WhatsApp et vidéo choc, ce que révèle l’expertise numérique

Lors de l’audience du 1er juin 2026 dans l’affaire Martinez Zogo, l’expert judiciaire Georges Bell Bitjoka a présenté des éléments numériques majeurs : recherches sur la victime, échanges téléphoniques, groupe WhatsApp « SOA » et projection d’une vidéo au Tribunal militaire de Yaoundé.

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Affaire Martinez Zogo : la vidéo projetée au tribunal relance les débats, les révélations de l’expert forensique secouent l’audience


Le procès de l’affaire Martinez Zogo a connu un nouveau tournant ce 1er juin 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Au cœur des débats : la présentation du rapport d’expertise forensique du professeur Georges Bell Bitjoka, expert judiciaire agréé près les Cours d’appel du Centre et du Littoral.


Pendant plusieurs heures, l’expert a détaillé la méthodologie employée pour analyser les équipements numériques saisis dans le cadre de l’enquête et a exposé devant la Cour plusieurs éléments présentés comme issus de l’exploitation des téléphones, ordinateurs et supports numériques de certains accusés.


L’expert explique le rôle de l’investigation numérique


Dès l’ouverture de l’audience à 12h09, Georges Bell Bitjoka a rappelé que l’expertise judiciaire vise à apporter aux magistrats des éclairages techniques sur des questions précises soulevées dans une procédure.


Selon lui, l’expertise forensique permet d’établir des corrélations entre les comportements humains et les traces laissées à travers les technologies de l’information et de la communication. Téléphones, ordinateurs, serveurs ou plateformes numériques deviennent ainsi des sources d’informations exploitables dans le cadre d’investigations judiciaires.


L’expert a expliqué que ses équipes avaient travaillé sur plusieurs réquisitions portant notamment sur les appareils attribués à Justin Danwe, Maxime Eko Eko, Jean-Pierre Amougou Belinga, Bruno Bidjang, Nkili Elanga, Étoundi Nsoe ainsi qu’une secrétaire présentée comme proche collaboratrice de Jean-Pierre Amougou Belinga.


Téléphones, données supprimées et investigations numériques


Selon les explications fournies à l’audience, les experts ont procédé à l’analyse des données contenues dans les équipements saisis afin d’identifier les interactions entre les différents utilisateurs et leur environnement numérique.


Les investigations portaient notamment sur les journaux d’appels, les messages, les contenus multimédias, les données supprimées ainsi que les historiques d’activités couvrant plusieurs mois précédant les faits.


Une suspension d’audience est intervenue à 12h57 afin de permettre l’installation d’un vidéoprojecteur destiné à la présentation des éléments numériques. Les débats ont repris à 13h39.


Justin Danwe au centre des conclusions présentées


Les éléments exposés par l’expert ont principalement concerné Justin Danwe.


D’après les conclusions présentées devant la Cour, l’analyse des appareils saisis aurait permis de mettre en évidence plusieurs recherches et prises de renseignements concernant Martinez Zogo plusieurs semaines avant les faits.


L’expert a notamment évoqué des échanges intervenus le 31 décembre 2022 concernant la fréquence de la radio de Martinez Zogo ainsi que la transmission d’informations techniques relatives à son numéro de téléphone.


Le 6 janvier 2023, Justin Danwe aurait également sollicité des informations visant à identifier le domicile du journaliste. D’autres échanges auraient concerné la recherche de renseignements complémentaires sur son lieu de résidence.


L’expertise a par ailleurs mis en lumière des contacts liés à la location d’un véhicule le 17 janvier 2023, ainsi que des discussions ultérieures portant sur l’état du véhicule. Des photographies extraites des appareils analysés ont été projetées à l’audience.


Le groupe WhatsApp « SOA » au cœur des débats


Parmi les éléments présentés figure également une capture d’écran d’un groupe WhatsApp dénommé « SOA ».


Selon les informations projetées devant la Cour, Justin Danwe aurait été retiré de ce groupe le 18 janvier 2023 à 20h14.


Plusieurs échanges ont retenu l’attention des parties présentes. Un message daté du 22 janvier évoquait notamment l’état de santé de Martinez Zogo, tandis qu’un autre message attribué à Justin Danwe, daté du 27 janvier, insistait sur l’importance du silence des personnes concernées.


Ces éléments devront faire l’objet d’un examen contradictoire lors de la poursuite des débats.


Une vidéo projetée devant le Tribunal militaire


Le moment le plus marquant de cette audience a sans doute été la projection d’une vidéo présentée comme ayant été réalisée à la demande de Justin Danwe.


Selon l’expert, cette séquence a été retrouvée à partir d’un compte attribué à Vincent Godje.


La diffusion de cette vidéo en salle d’audience a suscité une forte attention parmi les différentes parties au procès.


Un enregistrement audio présenté comme une conversation entre Justin Danwe et l’un de ses collaborateurs a également été versé aux débats.


Ce que révèle l’expertise sur les autres accusés


Concernant Maxime Eko Eko, l’expert a indiqué que les appareils récupérés n’avaient pas permis de mettre en évidence d’éléments directement liés à l’affaire.


Il a toutefois souligné que l’analyse demeurait incomplète. Selon ses déclarations, seulement une partie limitée de l’environnement numérique de l’ancien patron du renseignement a pu être examinée, plusieurs téléphones n’ayant jamais été retrouvés.


Pour Jean-Pierre Amougou Belinga, l’expert a affirmé qu’aucun élément directement lié à l’affaire n’avait été découvert dans les équipements analysés.


Il a cependant indiqué avoir constaté de nombreuses communications entre Amougou Belinga et Justin Danwe. Selon lui, les conversations retrouvées sur certains appareils avaient été supprimées. Un autre téléphone attribué à l’homme d’affaires aurait été entièrement formaté avant sa remise aux enquêteurs.


S’agissant de Bruno Bidjang, aucune donnée compromettante n’aurait été identifiée selon les conclusions présentées à l’audience.


Affaire renvoyée au 2 juin


À l’issue des échanges, les avocats des différentes parties ont sollicité un renvoi afin de poursuivre l’examen contradictoire du rapport d’expertise.


Le Tribunal militaire de Yaoundé a ainsi fixé la prochaine audience au 2 juin 2026, une étape qui devrait permettre aux conseils de la défense, aux parties civiles et au ministère public de questionner en détail les conclusions du professeur Georges Bell Bitjoka.


Dans une affaire qui continue de captiver l’opinion publique camerounaise, les débats autour des preuves numériques s’annoncent déterminants pour la suite de la procédure.




Martinez Zogo Case: Digital Forensics Expert Presents Key Findings as Trial Continues in Yaoundé


The military court in Yaoundé heard significant testimony on June 1, 2026, in the high-profile Martinez Zogo case, as judicial expert Professor Georges Bell Bitjoka presented the findings of a digital forensic investigation conducted during the inquiry.


The expert explained how investigators analyzed mobile phones, computers, hard drives and other digital devices seized from several suspects and individuals connected to the case.


According to the testimony presented before the court, digital evidence allegedly showed that suspect Justin Danwe had gathered information about journalist Martinez Zogo weeks before the events under investigation. The expert cited phone records, communications, location-related inquiries and contacts connected to the victim.


A WhatsApp group identified as "SOA" was also discussed during the hearing. Several messages extracted from digital devices were presented before the court and are expected to be examined further during cross-examination.


One of the most notable moments of the hearing was the screening of a video recovered during the forensic investigation. According to the expert, the footage was retrieved through an account linked to Vincent Godje. An audio recording allegedly involving Justin Danwe was also presented.


Regarding Maxime Eko Eko, the expert stated that no direct evidence linked to the case was found on the devices analyzed. However, he stressed that the investigation remained incomplete because several phones were never recovered.


For Jean-Pierre Amougou Belinga, the expert testified that no direct evidence related to the case was discovered on the devices examined. Nevertheless, he reported finding records of numerous communications between Amougou Belinga and Justin Danwe, while noting that some conversations had been deleted. Another phone attributed to Amougou Belinga was reportedly fully formatted and could not be exploited.


No incriminating evidence was reportedly identified in the devices attributed to Bruno Bidjang, according to the testimony.


Following requests from lawyers representing the different parties, the military court adjourned proceedings until June 2, 2026, for the continuation of debates and cross-examination of the forensic findings.


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Ange NGO

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