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Allemagne : guerre « inutile » contre l’Iran, crise migratoire, chars Leopard… Berlin change de cap sur tous les fronts

L’Allemagne secouée par plusieurs dossiers explosifs : Frank-Walter Steinmeier dénonce une « guerre inutile » contre l’Iran, Berlin prépare l’après-Finul au Liban, vise 40% du géant KNDS et révèle des milliards dépensés pour les demandeurs d’asile.

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L’Allemagne traverse une séquence géopolitique particulièrement sensible. Entre tensions au Moyen-Orient, ambitions militaires croissantes et pression migratoire persistante, Berlin multiplie les décisions stratégiques qui pourraient redéfinir son rôle sur la scène internationale.


Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a jeté un pavé dans la mare en estimant que le conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël aurait pu être évité.


Steinmeier dénonce une « guerre inutile »


Dans un podcast accordé au média allemand t-online, le chef de l’État allemand a regretté l’effondrement de l’accord nucléaire conclu avec Téhéran en 2015.


« C’est une guerre inutile », a-t-il déclaré sans détour.


Frank-Walter Steinmeier a rappelé que les États-Unis s’étaient retirés de l’accord en 2018, fragilisant selon lui l’équilibre diplomatique dans la région.


« Il nous aurait été bon d'avoir préservé cet accord. Les conséquences que nous constatons aujourd’hui auraient pu être évitées », a insisté le président allemand.


Cette sortie intervient alors que les tensions sécuritaires au Moyen-Orient inquiètent fortement les capitales européennes, notamment sur les questions énergétiques et maritimes.


Berlin prépare déjà l’après-Finul au Liban


Au Bundestag, le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a affirmé que l’Allemagne devait continuer à soutenir les forces armées libanaises après la fin programmée de la mission de la Finul en décembre 2026.


« La stabilisation du Liban reste dans l’intérêt de chacun », a déclaré le ministre.


Pour Berlin, le renforcement de l’armée libanaise constitue un élément central afin d’éviter une nouvelle dégradation sécuritaire à la frontière israélo-libanaise.


Actuellement, jusqu’à 300 soldats allemands participent à la mission des Nations unies. Une frégate allemande patrouille également en Méditerranée afin d’empêcher la contrebande d’armes vers le Hezbollah.


Le détroit d’Ormuz au cœur des préoccupations allemandes


Boris Pistorius a aussi évoqué l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, passage maritime vital pour le commerce mondial et l’approvisionnement énergétique.


Selon lui, une mission multinationale de sécurisation des voies maritimes pourrait servir les intérêts stratégiques de l’Allemagne.


Mais Berlin reste prudent.


Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a indiqué qu’il ne voyait pas « une mission de l’Otan au sens classique » dans cette zone sensible, même si l’Allemagne se dit prête à participer à des opérations dirigées par le Royaume-Uni et la France.


Le chancelier Friedrich Merz avait déjà confirmé la disponibilité allemande pour une éventuelle opération sous certaines conditions juridiques et politiques, notamment l’approbation du Bundestag.


Selon Kieler Nachrichten, Berlin aurait déjà déplacé le dragueur de mines Fulda en Méditerranée pour anticiper une éventuelle mission dans le détroit d’Ormuz.


Berlin veut prendre le contrôle stratégique de KNDS


Sur le plan industriel et militaire, l’Allemagne accélère également sa montée en puissance.


D’après le journal Bild, le gouvernement allemand prévoit d’acquérir 40% du groupe franco-allemand KNDS, fabricant des célèbres chars Leopard 2.


La France conserverait également 40% du capital dans le cadre d’un compromis visant à éviter des tensions entre Paris et Berlin.


Le groupe KNDS est aujourd’hui estimé entre 18 et 20 milliards d’euros, preuve de l’importance stratégique croissante de l’industrie européenne de défense dans un contexte mondial sous haute tension.


Immigration : Berlin a dépensé 24,8 milliards d’euros pour les demandeurs d’asile


Autre dossier brûlant : la migration.


Selon Bild, le gouvernement allemand a consacré 24,8 milliards d’euros l’an dernier à l’hébergement et à la prise en charge des demandeurs d’asile.


Même si ce montant est inférieur de 3,2 milliards d’euros à celui de 2024, les collectivités locales estiment toujours que les compensations fédérales restent insuffisantes.


Les dépenses concernent notamment :



  • les cours d’intégration,

  • les soins de santé,

  • l’aide sociale,

  • l’assistance à la jeunesse.


Au total, 168.543 personnes ont déposé une demande d’asile en Allemagne l’an dernier, avec une forte majorité de ressortissants afghans.


Le nombre global de demandes a toutefois chuté de 33% par rapport à 2024, notamment grâce à la baisse de la pression migratoire en provenance de Syrie après la fin de la guerre civile.


Malgré cette diminution, le débat migratoire continue de diviser profondément la classe politique allemande à l’approche des prochaines échéances électorales.




Germany shaken by Iran war tensions, defense expansion and migration crisis


Germany is facing a major geopolitical turning point as Berlin navigates rising tensions in the Middle East, military expansion plans and mounting migration challenges.


German President Frank-Walter Steinmeier openly criticized the conflict involving Iran, the United States and Israel, calling it “a needless war.”


Speaking in a podcast with German outlet t-online, Steinmeier regretted the collapse of the 2015 nuclear deal with Tehran after the United States withdrew from the agreement in 2018.


“It would have been better to preserve that agreement. The consequences we are witnessing today could have been avoided,” he said.


Meanwhile, German Defense Minister Boris Pistorius stressed that Berlin must continue supporting Lebanese armed forces after the UNIFIL mission ends in December 2026.


Germany is also closely monitoring the Strait of Hormuz, a strategic maritime route crucial for global trade and energy supplies. Berlin signaled readiness to participate in multinational maritime security operations under certain conditions.


On the industrial front, Germany reportedly plans to acquire a 40% stake in KNDS, the Franco-German defense giant behind Leopard 2 tanks, in a move aimed at strengthening Europe’s defense capabilities.


At the same time, migration remains a politically explosive issue. According to Bild, Germany spent €24.8 billion last year on asylum seekers, despite a significant decline in asylum applications.


The combination of security concerns, defense ambitions and migration pressures is reshaping Germany’s political landscape as Europe faces growing international instability.


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Ekanga Ekanga Fernand

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