Royaume-Uni : le gouvernement veut plafonner les prix des aliments, les supermarchés s’opposent violemment
Londres, la crise ne recule pas. Alors que le coût de la vie étrangle les Britanniques, le gouvernement travailliste de Keir Starmer veut forcer la main aux supermarchés pour qu’ils plafonnent eux-mêmes les prix du pain, du lait et des œufs. Mais les géants de la distribution crient au scandale et comparent cette idée à des « méthodes des années 1970 ». Pendant ce temps, la guerre en Iran fait flamber l’essence et le chômage monte. Retour sur un Royaume-Uni sous tension.
Le gouvernement tend la perche… et les supermarchés la refusent
Selon des sources citées par le prestigieux Financial Times, le ministère britannique des Finances fait pression sur les grandes surfaces pour qu’elles introduisent volontairement des plafonds de prix sur les produits de première nécessité : pain, œufs, lait.
En échange, l’exécutif promet d’assouplir certaines règles sur les emballages et sur la présence d’aliments jugés « malsains » dans les rayons. L’idée du gouvernement est simple : les économies réalisées par les distributeurs grâce à ces allègements pourraient financer la baisse des prix pour les consommateurs.
Mais les patrons des supermarchés ne sont pas dupes. Selon les interlocuteurs du Financial Times, leur réaction a été très négative, voire hostile.
En Écosse, où une mesure similaire est envisagée, des représentants du secteur ont qualifié ces discussions de « manœuvres dignes des années 1970 ». À l’époque, le Royaume-Uni, frappé par une inflation galopante et une crise pétrolière, avait imposé des contrôles de prix… qui ont finalement été jugés inefficaces et abandonnés.
Guerre en Iran, flambée des prix et record de l’essence
Contexte explosif. Fin avril, l’inflation alimentaire au Royaume-Uni a atteint 3,7 % , sous l’effet des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Une hausse qui alourdit encore la note des ménages.
Mais ce n’est pas tout. Selon la société automobile RAC, le prix moyen de l’essence sans plomb a atteint un record depuis le début du conflit : 1,5852 livre sterling par litre (environ 1,88 euro). Avant le 28 février, il était à 1,32 livre (1,56 euro). Le diesel, lui, frôle les 2,21 euros le litre.
Et la RAC prévient : si les prix du pétrole ne baissent pas « rapidement et durablement » , la pompe pourrait dépasser les 1,60 livre (1,90 euro) dans les semaines à venir.
Chômage en hausse, salaires en berne
La situation sociale se dégrade aussi. Selon le Bureau national des statistiques (ONS), le taux de chômage a grimpé à 5 % fin mars, contre 4,9 % fin février. Les offres d’emploi ont chuté de 3,9 % entre mars et avril, pour tomber à 705 000 – leur plus bas niveau depuis cinq ans.
Les secteurs à bas salaires (hôtellerie, vente au détail) sont les plus touchés. La directrice Liz McKeown souligne : « On observe l’une des réductions les plus importantes du nombre d’offres et de salariés depuis des années. »
Les salaires n’augmentent plus que de 3,4 % , un rythme qui ralentit. Le Financial Times résume : la guerre en Iran continue de saper l’économie britannique.
Crise politique : Starmer claque la porte ? Non, il résiste
Comme si la vie chère ne suffisait pas, une tempête politique secoue Downing Street. Après la déroute du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai – perte historique du contrôle du Parlement gallois et 1 400 élus anglais en moins –, Keir Starmer est sous pression.
Plus de 90 députés travaillistes appellent publiquement à sa démission. Le ministre de la Santé, Wes Streeting, a claqué la porte le 14 mai, affirmant avoir perdu confiance en son Premier ministre.
Mais Starmer campe sur ses positions : « Je ne vais pas partir. » Sur Sky News, il martèle vouloir « se battre lors des prochaines élections » (prévues au plus tard en août 2029). Son vice-Premier ministre, David Lammy, le décrit comme « la personne la plus résiliente que je connaisse ».
Pourtant, la procédure de destitution n’est pas loin : il suffit qu’un député obtienne le soutien de 20 % du groupe parlementaire (81 élus) pour déclencher un vote interne. Si un nouveau leader est élu, il devient automatiquement Premier ministre, sans élection générale.
Brexit : retour dans l’UE ? Un rival de Starmer dit non
Pendant ce temps, le débat sur un éventuel retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne refait surface. L’ancien ministre Wes Streeting s’est dit favorable à une réintégration.
Mais Andy Burnham, maire du Grand-Manchester et principal rival de Starmer, s’y oppose : « Le Brexit nous a nui, mais la dernière chose à faire est de revenir sur ces disputes. » Une position probablement dictée par les élections partielles à venir à Makerfield, une circonscription qui a voté pour le Brexit en 2016.
Bloomberg : « Starmer ou pas, le Labour est en panne »
Même si Starmer démissionnait, cela ne résoudrait rien, avertit l’agence Bloomberg dans un éditorial cinglant. Les travaillistes ont promis la croissance en 2024, mais ils n’ont pas osé les réformes nécessaires : logement, protection sociale, défense… le bilan est vide.
Les solutions ? Combler l’écart entre les promesses et les réalisations, réformer la fiscalité, et renouer économiquement avec l’UE. Sinon, prévient Bloomberg, les électeurs iront vers des forces encore moins compétentes.
Entre plafonds de prix, guerre, chômage et crise politique – le Royaume-Uni craque de toutes parts
Entre un gouvernement qui veut jouer les supermarchés, une inflation qui ne faiblit pas, une guerre lointaine aux conséquences bien réelles, et un Premier ministre accroché à son fauteuil, le Royaume-Uni traverse l’une de ses périodes les plus complexes depuis le Brexit.
Les Britanniques, eux, regardent leur porte-monnaie. Et ils commencent à perdre patience.
UK Price Cap Showdown: Supermarkets Rebel as Starmer Faces Political Storm
UK government pushes supermarkets to cap bread, milk, and egg prices – but retailers say no. Iran war fuels petrol records, unemployment hits 5%, and Keir Starmer refuses to resign.
UK: Government Wants Food Price Caps, Supermarkets Push Back Violently
As the cost of living spirals, the British Treasury is pressuring supermarkets to voluntarily introduce price caps on essentials like bread, eggs, and milk, the Financial Times reports. In exchange, the Labour government promises to ease packaging and junk food placement rules.
But supermarket chiefs reacted “very negatively”, with Scottish retail representatives calling the idea a “1970s-style manoeuvre”. Back then, price controls failed and were abandoned.
Meanwhile, the war in Iran has pushed food inflation to 3.7% (end of April). Petrol hit a record £1.5852 per litre (€1.88), up from £1.32 before February 28. Diesel now stands at £1.86 (€2.21). The RAC warns of further rises.
Unemployment reached 5% in March, with job vacancies at a five-year low (705,000). Wage growth slowed to 3.4%.
Politically, Keir Starmer is fighting for survival after Labour lost control of the Welsh parliament and 1,400 seats in English local elections. Over 90 Labour MPs have called for his resignation. Health Secretary Wes Streeting quit on May 14, citing loss of confidence.
Starmer insists: “I’m not going anywhere.” Deputy PM David Lammy calls him “the most resilient person I know”. Still, a leadership challenge could be triggered if 20% of Labour MPs back it.
Brexit return debate: Wes Streeting supports rejoining the EU, but rival Andy Burnham opposes it for political reasons ahead of a by-election.
Bloomberg warns: even if Starmer goes, Labour’s problems remain – no growth, no housing reform, no credible vision.
The UK is cracking – on prices, fuel, jobs, and politics.
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Ange NGO