Kemi Seba piégé à Pretoria, l'activiste anti-France sous les verrous et menacé d'extradition vers le Bénin
Le filet s'est refermé sur l'un des hommes les plus recherchés du continent. Celui qui fait trembler les palais présidentiels de Paris à Cotonou, l'influenceur panafricaniste Kemi Seba, vient de tomber dans les mailles de la police sud-africaine. L'homme qui brûlait son passeport français en place publique pour montrer qu'il n'avait "plus rien à faire avec la France" dort désormais dans une cellule de Pretoria, attendant que la justice décide de son sort. Et ce n'est pas un petit dossier qu'il traîne derrière lui : incitation à la rébellion et apologie de crimes contre la sûreté de l'État. Rien que ça.
L'arrestation, mes chers compatriotes, s'est déroulée comme dans un film d'espionnage. Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a été alpagué lundi dans un centre commercial de Pretoria, la capitale sud-africaine. Il n'était pas seul : son fils de 18 ans l'accompagnait, tout comme un certain François van der Merwe, un facilitateur qui aurait empoché la coquette somme de 250.000 rands (environ 13.000 euros, soit plus de 8 millions de FCFA) pour organiser leur cavale.
Le plan était digne d'un mauvais feuilleton : traverser clandestinement le fleuve Limpopo pour entrer au Zimbabwe, puis sauter dans un vol vers l'Europe. Mais les limiers sud-africains, visiblement mieux renseignés que le commun des mortels, ont grillé la politesse au fuyard.
Le spectre du putsch béninois
Pourquoi tout ce tintamarre judiciaire ? Il faut rembobiner le film jusqu'en décembre 2025. Ce jour-là, un groupe de militaires béninois tente de renverser le président Patrice Talon. La tentative échoue lamentablement en quelques heures, grâce notamment à l'appui des forces nigérianes et françaises.
Mais pendant que le palais de la Marina reprend son souffle, Kemi Seba, lui, jubile sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo qui fera le tour de la toile, il salue "le jour de la libération" de son pays d'origine . Une déclaration que la justice béninoise ne digérera jamais. Résultat : un mandat d'arrêt international émis contre lui le 12 décembre, l'accusant d'avoir justifié des crimes contre la sûreté de l'État.
Depuis, l'homme jouait à cache-cache avec Interpol. Né en France de parents béninois, déchu de sa nationalité française en 2024 pour ses activités jugées "anti-françaises" et sa défense "des intérêts d'une puissance étrangère" (comprendre la Russie), Kemi Seba est aujourd'hui citoyen béninois. Mais il brandit aussi fièrement un passeport diplomatique nigérien, puisqu'il officie comme conseiller spécial du président du Niger, le général Abdourahamane Tchiani, arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2023.
Un parcours qui en dit long sur les nouvelles alliances qui se tissent dans le Sahel, loin du parapluie français.
Le 20 avril, jour de vérité
Le rideau n'est pas encore tombé sur ce feuilleton judiciaire. Kemi Seba et son fils sont actuellement en détention provisoire. La justice sud-africaine examinera le 20 avril la demande d'extradition formulée par Cotonou. Selon certaines sources, l'activiste aurait tenté de jouer sa dernière carte en demandant à être transféré au Niger plutôt qu'au Bénin.
Une requête qui a peu de chances d'aboutir, car une délégation béninoise est déjà annoncée à Pretoria pour "gérer les formalités" du rapatriement.
Pendant que ses 1,5 million d'abonnés sur les réseaux sociaux s'agitent et crient au complot franco-béninois, les autorités sud-africaines gardent la tête froide. "Des enquêtes préliminaires ont révélé que le père est un fugitif recherché en France et au Bénin pour des activités criminelles liées à des crimes contre l'État", a sobrement indiqué la police dans son communiqué.
Une chose est sûre : cette arrestation spectaculaire vient rappeler que la lutte pour la souveraineté africaine, aussi noble soit-elle, ne met personne à l'abri des conséquences de ses actes. Comme on dit chez nous, "la chèvre broute là où elle est attachée". Kemi Seba risque de méditer ce proverbe depuis sa cellule de Pretoria. Rendez-vous le 20 avril pour connaître le prochain épisode de cette saga judiciaire qui tient tout le continent en haleine.
Pan-African Firebrand Kemi Seba Arrested in South Africa, Faces Extradition to Benin Over Failed Coup Support
In a dramatic sting operation that has sent shockwaves across the continent, prominent pan-African activist Kemi Seba has been arrested in South Africa and now faces extradition to Benin on charges of "inciting rebellion".
Seba, whose real name is Stellio Gilles Robert Capo Chichi, was apprehended on Monday at a shopping centre in Pretoria alongside his 18-year-old son Khonsou and an alleged facilitator identified as François van der Merwe. South African police say Van der Merwe was paid approximately R250,000 (around $13,000) to help the pair illegally cross the Limpopo River into Zimbabwe, from where they intended to travel onward to Europe.
The 45-year-old activist is wanted by Beninese authorities for publicly supporting the failed coup attempt against President Patrice Talon in December 2025. Shortly after mutinous soldiers briefly claimed control of state television, Seba posted a video declaring it "the day of liberation" for Benin. Cotonou subsequently issued an international arrest warrant for "justifying crimes against state security and inciting rebellion".
Born in France to Beninese parents, Seba was stripped of his French citizenship in 2024 amid accusations of spreading anti-French sentiment and serving Russian interests. He now holds a Beninese passport as well as a Nigerien diplomatic passport, serving as a "special adviser" to Niger's junta leader Abdourahamane Tchiani. With 1.5 million social media followers, he has built a massive platform opposing Western influence in Africa, particularly targeting France's continued presence in former colonies.
The trio appeared briefly in Brooklyn Magistrates Court on Tuesday and remain in custody. The case has been postponed until April 20, when South African authorities will examine Benin's formal extradition request. A Beninese delegation is reportedly en route to Pretoria to oversee the proceedings.
As the Sahel region undergoes a seismic geopolitical shift—with military juntas distancing themselves from Paris and courting Moscow—Seba's arrest marks a significant flashpoint in the ongoing struggle between pro-sovereignty activists and established West African governments. For now, the self-styled "anti-colonial crusader" awaits his fate behind South African bars.
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Moussa Nassourou