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L'Europe snobée en Asie - Pendant que la Chine et la Russie mènent la danse, l’UE risque de manquer le virage géopolitique majeur de l’ASEAN

Alors que la Chine, les États-Unis et la Russie rivalisent d’influence auprès de l’ASEAN, l’Union européenne reste étonnamment absente. Découvrez pourquoi ce désintérêt politique inquiète les dirigeants asiatiques et ce que Bruxelles tente (tardivement) de rattraper sur le plan commercial.

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L’UE à la traîne en Asie du Sud-Est : un désintérêt géopolitique qui interpelle l’ASEAN


Alors que la compétition fait rage entre Pékin, Washington et Moscou pour conquérir l’influence en Asie du Sud-Est, l’Union européenne semble jouer la carte de l’absentéisme. Une stratégie de retrait qui n’échappe pas aux pays de l’ASEAN, lesquels regardent avec perplexité le vide laissé par les hauts fonctionnaires européens dans les instances régionales.


C’est un constat amer dressé par le site Euractiv, qui cite Chris Humphrey, directeur du Conseil des entreprises EU-ASEAN. Selon lui, l’Union européenne n’est pas à la hauteur des enjeux diplomatiques dans cette région pourtant cruciale. « L’ASEAN souhaite que l’Europe soit plus impliquée, car les pays de l’association doivent choisir entre la Chine et les États-Unis. Ils ont besoin d’autres options et considèrent l’Europe comme l’une d’entre elles », a-t-il expliqué. Avant de résumer la situation par une formule qui sonne comme un avertissement : « C’est un jeu géopolitique des États-Unis, de la Russie, de la Chine, l’Europe n’est pas intéressée. »


Un absentéisme qui pèse lourd en Asie


L’un des signaux les plus inquiétants pour les observateurs reste l’absence des hauts responsables européens aux réunions clés des États membres de l’ASEAN. Chris Humphrey souligne que ce désengagement, contrairement à la Russie et à la Chine, est « remarqué et discuté » dans les couloirs du pouvoir à Jakarta, siège du secrétariat de l’organisation.


En guise d’exemple, il cite la réunion des ministres du numérique des pays de l’ASEAN en janvier dernier. Alors que des représentants de haut niveau russes, américains et chinois étaient présents, les sièges européens sont restés vides. Un symbole fort qui alimente la perception d’un Vieux Continent trop focalisé sur ses crises internes pour s’intéresser à l’architecture de sécurité et de stabilité de la région indo-pacifique.


Bruxelles tente-t-elle de rattraper le temps perdu ?


Si le bilan diplomatique semble désastreux, Euractiv nuance toutefois le tableau en matière économique. Ces derniers mois, l’UE a tenté de muscler ses relations commerciales avec l’Asie du Sud-Est. En 2025, Bruxelles a franchi une étape importante en signant un accord commercial avec l’Indonésie, le géant de l’archipel. D’autres accords similaires sont dans les tuyaux avec d’autres membres de l’organisation.


Chris Humphrey salue ces efforts sur le plan commercial, mais met en garde : cela ne suffira pas. Selon lui, les contacts entre l’UE et l’ASEAN doivent impérativement être élargis. « Il faut inclure dans les discussions les questions de sécurité, d’énergie, de santé, de politique financière et numérique, ainsi que l’extraction et l’approvisionnement en minéraux », insiste-t-il.


L’ASEAN : un poids lourd que l’Europe ne peut plus ignorer


Créée en août 1967 par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et les Philippines, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) regroupe aujourd’hui dix pays, du Brunei au Vietnam, en passant par le Laos, le Myanmar et le Cambodge.


Avec une population totale dépassant les 680 millions d’habitants et une croissance économique soutenue, l’ASEAN est actuellement le troisième partenaire commercial de l’Union européenne, juste derrière les États-Unis et la Chine. Pourtant, force est de constater que le poids économique ne se traduit pas par une influence politique à la hauteur.


Alors que la région est devenue le théâtre principal de la rivalité sino-américaine, l’Europe, en restant en retrait, prend le risque de se voir définitivement marginalisée dans l’un des bassins de croissance les plus dynamiques du XXIe siècle.




EU Trails Behind as China, Russia, and US Dominate Diplomatic Engagement with ASEAN


While China, the United States, and Russia intensify their geopolitical rivalry in Southeast Asia, the European Union is being perceived as a reluctant player. According to Euractiv, this lack of engagement is worrying ASEAN nations who are seeking alternative partners to balance against Beijing and Washington.


Chris Humphrey, Executive Director of the EU-ASEAN Business Council, stated that ASEAN countries are eager for more European involvement. “ASEAN wants Europe to be more involved because the countries have to choose between China and the US. They need other options and see Europe as one. It’s a geopolitical game for the US, Russia, and China—Europe is not interested,” he told Euractiv.


Humphrey highlighted that, unlike Russian and Chinese officials, top European representatives frequently miss key ASEAN meetings. He cited the ASEAN digital ministers’ meeting in January as a prime example where high-ranking Russian, American, and Chinese officials attended, while European counterparts were notably absent.


However, Euractiv notes that the EU is trying to catch up on the trade front. In 2025, Brussels signed a trade deal with Indonesia and plans similar agreements with other members. While praising these economic efforts, Humphrey stressed that the EU must broaden its scope to include security, energy, health, and digital policy to remain relevant in the region.


The ASEAN bloc, established in 1967, remains the EU’s third-largest trading partner after the US and China.


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Silognhia Edwige (Stagiaire)

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