L'Iran affirme avoir "détruit toutes les bases américaines" et réclame l'expulsion des forces de Washington
Le ton monte d’un cran au Moyen-Orient. Alors que les frappes israélo-américaines s’intensifient contre le territoire iranien, Téhéran a fait une série d’annonces choc, affirmant avoir anéanti les bases militaires des États-Unis dans la région et abattu un chasseur F-18 américain. La Russie, de son côté, met en garde contre un désastre humanitaire et écologique « irréversible » si la centrale nucléaire de Bouchehr était frappée.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), l’élite des forces armées iraniennes, a déclaré par l’intermédiaire de l’agence Fars avoir abattu un chasseur F-18 appartenant à l’armée de l’air américaine. Le communiqué, d’une grande concision, ne précise ni le lieu ni les circonstances de l’incident. Dans la foulée, l’état-major central des forces armées iraniennes (Khatam al-Anbiya) a assuré, par la voix de son porte-parole Ebrahim Zolfaghari, que toutes les bases américaines au Moyen-Orient ont été « détruites ».
« Étant donné que toutes les bases américaines dans la région ont été détruites, les commandants et les militaires américains ont fui et se cachent dans des abris en dehors des bases. Nous les recherchons et appelons les habitants des pays de la région à signaler leurs cachettes et, en même temps, à exiger l'expulsion des militaires américains de la région pour assurer leur propre sécurité », a-t-il lancé lors d’un point presse.
Négociations sous haute tension : le plan en 15 points américain et les 5 exigences de Téhéran
Parallèlement à l’escalade militaire, les canaux diplomatiques s’activent. Selon plusieurs médias, dont Associated Press et le New York Times, les États-Unis ont transmis à l’Iran un plan en quinze points pour mettre fin au conflit. Ce projet, acheminé par l’intermédiaire du Pakistan, prévoirait la levée des sanctions, un contrôle strict du programme nucléaire iranien par l’AIEA, ainsi que des restrictions sur les missiles et la réouverture du détroit d’Ormuz.
Mais Téhéran campe sur ses positions. Un responsable iranien a indiqué à Press TV que la République islamique avait rejeté les propositions de Washington, jugées « excessives et irréalistes », en avançant ses propres conditions. Téhéran exige désormais :
- Un cessez-le-feu complet sur tous les fronts.
- Des garanties de non-agression pour éviter toute reprise du conflit.
- Le versement de réparations pour les dommages causés par la guerre.
- La reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport pétrolier mondial.
- La fin de la « lutte » contre les forces de résistance (alliées de l’Iran dans la région).
« L'Iran arrêtera la guerre lorsqu'il le décidera et lorsque ses conditions seront remplies », a martelé le responsable iranien, soulignant la détermination de Téhéran à poursuivre ses actions de défense.
Moscou hausse le ton : « C’est catégoriquement inadmissible »
Alors que les frappes se sont approchées dangereusement de la centrale nucléaire de Bouchehr le 24 mars, le ministère russe des Affaires étrangères a émis un avertissement sévère. Moscou exige que « Washington et Jérusalem-Ouest » cessent leur « agression gratuite », soulignant qu’une frappe sur l’installation entraînerait des conséquences humanitaires et écologiques irréversibles.
« La vie du personnel de la centrale, notamment celle des spécialistes russes, est constamment en péril. C'est catégoriquement inadmissible pour nous », a insisté la diplomatie russe, appelant au respect des garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). De son côté, le Kremlin a indiqué n’avoir reçu, à ce stade, aucune demande de médiation dans le conflit.
Des pertes humaines et des infrastructures en ruine
Le bilan humain s’alourdit de façon dramatique. Selon une lettre de l’ambassadeur iranien à l’ONU à Genève, au moins treize enfants de moins de cinq ans ont péri lors des frappes américaines et israéliennes. Au Liban, le ministère de la Santé fait état d’un total de plus de 1 000 morts depuis le début de l’escalade, dont 120 enfants et 81 femmes, tandis qu’un million de personnes ont été déplacées.
Les infrastructures énergétiques de la région sont également en ruine. Un rapport de la société Rystad Energy estime que les coûts de réparation des dommages causés aux installations pétrolières et gazières dans le Golfe (notamment au Qatar, en Iran et à Bahreïn) atteindront au moins 25 milliards de dollars.
L’Europe divisée face à l’escalade
Alors que le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a laissé entendre un possible soutien à une opération dans le détroit d’Ormuz, plusieurs capitales européennes prennent leurs distances. Selon le Financial Times, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé que « ce qui se passe n’est pas la guerre de l’Europe », une position soutenue par l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. L’inquiétude grandit sur le Vieux Continent face à la flambée des prix de l’énergie et au risque d’un conflit régional prolongé.
Iran Claims to Have Destroyed All US Bases in the Middle East and Downed an F-18
Tehran escalates rhetoric amid ongoing Israeli-American strikes, announcing the destruction of US military installations and issuing demands for a complete ceasefire, reparations, and sovereignty over the Strait of Hormuz.
Iran's Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) has claimed responsibility for shooting down a US Air Force F-18 fighter jet, according to the Fars news agency. The brief statement provided no details on the location or circumstances. Simultaneously, a spokesman for the Iranian armed forces’ central headquarters, Khatam al-Anbiya, declared that all American bases in the Middle East have been "destroyed."
"Since all US bases in the region have been destroyed, commanders and American soldiers have fled and are hiding in shelters outside the bases. We are searching for them and call on the residents of the region to report their hideouts and demand the expulsion of US soldiers to ensure their own safety," Ebrahim Zolfaghari said at a press conference.
On the diplomatic front, the US has reportedly transmitted a 15-point plan to Iran via Pakistan to end the conflict. The plan, as reported by AP and The New York Times, includes sanctions relief, inspections of Iran’s nuclear program, and restrictions on missile capabilities. However, Tehran has rejected the US proposal, deeming it "excessive and unrealistic."
An Iranian official told Press TV that Tehran has set its own five conditions for ending the war: a complete ceasefire, guarantees against further escalation, war reparations, recognition of Iran’s sovereignty over the Strait of Hormuz, and an end to the "fight" against resistance forces. "Iran will stop the war when it decides to and when its conditions are met," the official stated.
Russia has issued a stark warning against strikes on Iran’s Bushehr nuclear plant. The Foreign Ministry stated that an attack would lead to "irreversible humanitarian and ecological consequences," emphasizing that the lives of Russian specialists at the site are in constant danger. Moscow demanded an immediate halt to what it called "gratuitous aggression."
The human toll is rising sharply. Iran reported to the UN that at least 13 children under the age of five have been killed in the strikes. In Lebanon, the Health Ministry reported over 1,000 civilian deaths since the escalation began, with more than a million people displaced. Meanwhile, a report by Rystad Energy estimates that repairing damage to energy infrastructure across the Gulf region will cost at least $25 billion.
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Moussa Nassourou