20 millions pour une tête : le Bénin met le prix fort
Le Bénin est en état d'alerte maximal. Les autorités de Cotonou viennent de mettre la main à la poche, promettant une récompense colossale de 20 millions de francs CFA (plus de 30 000 euros) à quiconque fournira des informations permettant de mettre la main sur les cerveaux du putsch avorté du 7 décembre 2025.
Selon les informations de La Nouvelle Tribune, une liste noire de neuf fugitifs est dans le viseur des services de renseignement. En tête de liste, un nom : le colonel Pascal Tigri, présenté comme l'architecte de ce coup d'État qui aurait pu faire basculer le pays.
Après l'émission d'un mandat d'arrêt international, le gouvernement se tourne désormais vers ses citoyens. Un numéro vert a été mis en place, garantissant l'anonymat des appelants. Cette prime, exceptionnelle par son montant, souligne l'urgence de la situation alors qu'une trentaine de suspects croupissent déjà en détention provisoire.
On se souvient de cette matinée chaotique du 7 décembre où un groupe de militaires, envahissant les antennes de la télévision nationale, avait proclamé la chute du président Patrice Talon. Un coup de force déjoué in extremis grâce à l'intervention des unités loyalistes, appuyées par l'aviation nigériane et les forces spéciales françaises. Mais le silence des armes n'a pas étouffé les menaces : les meneurs courent toujours, et le pays tout entier retient son souffle.
Guinée : Le mystère Doumbouya bientôt levé ?
Changement de décor, mais pas d'ambiance. En Guinée, c’est l’absence qui alimente les spéculations. Le président Mamadi Doumbouya n’a pas foulé le sol national depuis le 13 février. Parti pour un sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, le chef de la transition n’est jamais rentré.
Face à la rumeur qui enfle sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Amadou Oury Bah a dû monter au créneau. « Il va bien », a-t-il martelé lundi sur les ondes de RFI, affirmant avoir échangé avec lui très récemment. Loin des fantasmes, il décrit un leader simplement « fatigué », ayant besoin d’une « pause » après quatre années de « tension nerveuse » intense. Selon lui, le colonel Doumbouya, dont on ignore toujours la localisation précise entre Asie et Europe, devrait regagner Conakry « d’ici une semaine ».
Une explication qui, si elle se veut rassurante, laisse planer un doute : dans une région où les absences prolongées de chefs d’État ont souvent précédé des coups de théâtre, les Guinéens scrutent le ciel en attendant le retour de l’homme fort de la transition.
Soudan-Éthiopie : La guerre des drones a commencé
Enfin, c’est une escalade majeure qui se joue entre Khartoum et Addis-Abeba. Le Soudan accuse officiellement son voisin éthiopien de lui avoir déclaré une guerre larvée. Dans un communiqué cinglant, le ministère soudanais des Affaires étrangères affirme que des drones ont violé son espace aérien « en février et début mars » depuis le territoire éthiopien pour frapper des cibles au Soudan.
Une « violation flagrante de la souveraineté » qui ne restera pas sans réponse, prévient Khartoum. C’est la première fois que les autorités soudanaises impliquent directement l’Éthiopie dans le conflit qui les oppose aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Ces accusations font écho à des révélations de Reuters le mois dernier, faisant état d’un camp d’entraînement pour les FSR dans l’État éthiopien du Nil Bleu. Derrière ce soutien logistique et ces armes, Khartoum voit la main des Émirats arabes unis, qu’ils accusent depuis des mois de financer la rébellion. Un dossier explosif qui, s'il venait à se confirmer, embraserait une région déjà meurtrie par trois ans de guerre civile.
Benin, Guinea, Sudan: The Continent's Triangle of Tensions
The hunt is intensifying, Conakry is holding its breath, and Khartoum is pointing an accusing finger at Addis Ababa. This early March period is marked by a series of geopolitical shocks that highlight the fragility of balances on the continent. Between the promise of a historic bounty to capture fleeing putschists in Benin, the mysteries surrounding the prolonged absence of the Guinean president, and drone accusations from the East, West Africa and the Horn of Africa are living on the edge.
Benin Puts a Price on Their Heads
Benin is on maximum alert. The authorities in Cotonou have just dug deep into their pockets, promising a colossal reward of 20 million CFA francs (over 30,000 euros) to anyone providing information to catch the masterminds behind the failed coup of December 7, 2025. According to La Nouvelle Tribune, a blacklist of nine fugitives is in the intelligence services' sights, led by Colonel Pascal Tigri. Facing a potential death squad, the government is turning to its citizens, guaranteeing anonymity for informants, while thirty suspects are already in pre-trial detention.
Guinea: The Doumbouya Mystery Soon to be Lifted?
In Guinea, absence is fueling speculation. President Mamadi Doumbouya hasn't been home since February 13. Amidst rumors about his health, Prime Minister Amadou Oury Bah assured he is well, simply needing a "break" after four years of "nervous tension." He stated that Doumbouya, whose exact location remains unknown, should return to Conakry within a week.
Sudan-Ethiopia: The Drone War Has Begun
A major escalation is underway between Khartoum and Addis Ababa. Sudan officially accuses Ethiopia of launching drones from its territory to strike targets in Sudan, calling it a "flagrant violation of sovereignty." This marks the first time Khartoum has directly implicated Ethiopia in its conflict with the RSF paramilitary forces. These accusations follow reports of an RSF training camp in Ethiopia and alleged UAE involvement, creating a potentially explosive situation in a region already ravaged by war.
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Moussa Nassourou