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Cameroun : 2 566 hectares libérés, Socapalm tourne une page dans un conflit foncier qui perdurait

Dans un geste porteur d’apaisement après des années de tensions, la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) a officiellement rétrocédé plus de 2 500 hectares de terres à l’État camerounais. Cette décision, actée lors d’une réunion tripartite cruciale le 21 janvier, marque un tournant dans un litige foncier complexe impliquant l’agro-industrie, les pouvoirs publics et les communautés riveraines.

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La rétrocession porte précisément sur 2 566 hectares de terres agricoles dans la région du Littoral. Cette démarche s’inscrit dans un processus plus large de clarification et de sécurisation des droits fonciers, un enjeu économique et social majeur au Cameroun.


Résoudre un contentieux persistant


Le conflit autour des vastes concessions de Socapalm, filiale du groupe franco-belge Socfin, durait depuis plusieurs années. Les communautés locales dénonçaient régulièrement l’accaparement des terres et l’impact environnemental des plantations industrielles, tandis que l’entreprise invoquait ses droits légaux et son rôle dans l’économie locale, notamment via la création d’emplois et les exportations d’huile de palme.


La restitution de ces milliers d’hectares apparaît ainsi comme une solution pragmatique pour désamorcer les hostilités. Elle résulte apparemment d’une volonté commune de mettre fin à une situation de blocage préjudiciable à tous. Pour l’État, il s’agit de réaffirmer sa souveraineté foncière et son rôle d’arbitre, tout en cherchant à pacifier une zone à fort potentiel agricole.


Quelles implications pour l’économie agricole ?


Cette rétrocession ouvre maintenant une page nouvelle et soulève plusieurs questions d’ordre économique. Que deviendront ces 2 566 hectares ? Seront-ils redistribués sous forme de parcelles aux petits exploitants locaux, confiés à d’autres investisseurs, ou intégrés dans un programme de développement agricole public ?


La réponse déterminera en partie l’impact réel de cette décision sur le tissu économique local. Les observateurs espèrent que cette clarification permettra, in fine, une meilleure coexistence entre l’agro-industrie, essentielle pour les exportations et la balance commerciale, et une agriculture familiale, pilier de la sécurité alimentaire et de l’emploi en milieu rural.


Cette issue démontre également l’importance du dialogue tripartite – État, entreprises, communautés – pour résoudre les conflits liés aux ressources naturelles en Afrique. Un modèle dont pourraient s’inspirer d’autres secteurs, minier ou forestier, également confrontés à des défis similaires.




Cameroon: Socapalm hands back 2,566 hectares of land to the state, easing longstanding dispute


 In a move aimed at easing years of tension, the Cameroonian palm plantation company (Socapalm) has officially returned over 2,500 hectares of land to the state. Formalised during a crucial tripartite meeting on January 21st, this decision marks a turning point in a complex land dispute involving agribusiness, public authorities, and local communities.


The restitution specifically concerns 2,566 hectares of agricultural land in the Littoral region. This step is part of a broader process to clarify and secure land rights, a major economic and social issue in Cameroon.


Resolving a Persistent Conflict


The conflict over Socapalm's vast concessions, a subsidiary of the Franco-Belgian group Socfin, had been ongoing for several years. Local communities regularly denounced land grabbing and the environmental impact of industrial plantations, while the company cited its legal rights and its role in the local economy, particularly through job creation and palm oil exports.


The handover of these thousands of hectares thus appears as a pragmatic solution to defuse hostilities. It seems to result from a common desire to end a deadlock situation detrimental to all parties. For the state, this is an opportunity to reaffirm its land sovereignty and its role as an arbitrator, while seeking to pacify an area with high agricultural potential.


Implications for the Agricultural Economy?


This restitution opens a new chapter and raises several economic questions. What will become of these 2,566 hectares? Will they be redistributed as plots to small local farmers, entrusted to other investors, or integrated into a public agricultural development program?


The answer will partly determine the real impact of this decision on the local economy. Observers hope this clarification will ultimately enable better coexistence between agribusiness, essential for exports and the trade balance, and family farming, a pillar of food security and rural employment.


This outcome also demonstrates the importance of tripartite dialogue – state, companies, communities – in resolving conflicts over natural resources in Africa. A model that other sectors, such as mining or forestry, also facing similar challenges, could draw inspiration from.


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Didier Cebas K.

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