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Pékin et Londres face au protectionnisme : Xi Jinping appelle à un front sino-britannique pour sauver l'ordre mondial

La Chine et le Royaume-Uni affichent leur volont? de resserrer les rangs face ? la montée des mesures unilat?rales et du protectionnisme qui fragilisent l?ordre international. ? l?issue de sa rencontre, jeudi ? Pékin, avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président chinois Xi Jinping a appel? les deux puissances ? d?fendre ensemble le multilat?ralisme et une mondialisation plus inclusive.

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« Les actions unilatérales, le protectionnisme et la politique de force s’intensifient ces derniers temps, ce qui porte gravement atteinte à l’ordre international », a déclaré Xi Jinping, cité par la Télévision centrale de Chine (CCTV). Le dirigeant chinois a plaidé pour « un système de gouvernance mondiale plus équitable et plus raisonnable », fondé sur une multipolarité égalitaire et le respect du droit international.


Xi Jinping met en garde contre la “loi de la jungle”


Selon le président chinois, le droit international ne peut être efficace que si tous les États, en particulier les grandes puissances, respectent les règles communes. « Sinon, nous risquons de revenir à un monde régi par la loi de la jungle », a-t-il averti, dans une critique à peine voilée des politiques protectionnistes et coercitives de certains pays occidentaux.


Cette rencontre marque un tournant diplomatique majeur : il s’agit de la première visite à Pékin d’un chef de gouvernement britannique depuis 2018, la dernière ayant été effectuée par Theresa May. Keir Starmer est en Chine du 28 au 31 janvier, accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires, avec une étape prévue à Shanghai.


Vers un partenariat stratégique sino-britannique de long terme


Les autorités chinoises plaident ouvertement pour un renforcement du partenariat stratégique avec Londres. « La Chine est prête à développer un partenariat stratégique de long terme avec le Royaume-Uni », a affirmé Xi Jinping, estimant que cette visite « ouvre un nouveau chapitre des relations sino-britanniques ».


De son côté, Keir Starmer a réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni en faveur du principe d’une seule Chine, position clé de la diplomatie chinoise. Il a également souligné la nécessité de bâtir une relation bilatérale « stable, globale et fondée sur le respect et la confiance mutuels ». Le Premier ministre britannique a par ailleurs insisté sur l’importance de la prospérité et de la stabilité de Hong Kong, qu’il a qualifiée de « pont essentiel » entre la Chine et le Royaume-Uni.


L’ombre de la crise industrielle britannique


Cette visite intervient dans un contexte économique délicat pour Londres. Selon la BBC, citant la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), l’industrie automobile britannique a produit 764 000 véhicules en 2025, son plus bas niveau depuis 1952, soit une chute de 15,5 % sur un an.


Pour le directeur général de la SMMT, Mike Hawes, 2025 a été « l’année la plus difficile de la mémoire d’une génération entière ». En cause : des cyberattaques ayant perturbé les usines Jaguar Land Rover, la fermeture du site Vauxhall de Luton, mais aussi les effets de la politique commerciale américaine.


Alors qu’en 2016 le Royaume-Uni produisait encore 1,7 million de voitures par an, le secteur a depuis subi les contrecoups du Brexit, de la pandémie et des tensions commerciales mondiales. Un rebond est toutefois espéré dès 2026 grâce au lancement de nouveaux modèles électriques, avec une croissance projetée de 10 %.


Taïwan, Hong Kong et lignes rouges diplomatiques


La question de Taïwan reste centrale dans les discussions sino-occidentales. Administrée séparément depuis 1949, l’île est considérée par Pékin comme une province chinoise, une position soutenue par la majorité des pays dans le monde. Londres, en réaffirmant le principe d’une seule Chine, envoie un signal diplomatique fort à Pékin.


Justice et sécurité : Pékin durcit le ton


Parallèlement à l’agenda diplomatique, la Chine a également fait parler d’elle sur le terrain judiciaire. Le tribunal populaire intermédiaire de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, a ordonné l’exécution de onze membres du gang criminel “famille Min”, impliqués dans des escroqueries téléphoniques et en ligne opérant depuis le nord du Myanmar. Le groupe est reconnu coupable de la mort de quatorze citoyens chinois. La peine capitale a été validée par la Cour populaire suprême.


Diplomatie du panda et tensions sino-japonaises


Autre signal symbolique : le retour en Chine des pandas Xiao Xiao et Lei Lei, longtemps stars du zoo d’Ueno à Tokyo. Pour la première fois depuis cinquante ans, le Japon ne compte plus de pandas sur son sol. Un départ qui intervient sur fond de dégradation des relations sino-japonaises, notamment autour de la question de Taïwan.


Pékin avait vivement réagi à des déclarations japonaises évoquant une possible crise militaire dans le détroit de Taïwan, allant jusqu’à déconseiller à ses ressortissants de se rendre au Japon.


Un monde en recomposition


À travers cette séquence diplomatique dense, Pékin envoie un message clair : face aux tensions géopolitiques, la Chine entend s’appuyer sur des partenaires stratégiques, dont le Royaume-Uni, pour peser dans la recomposition de l’ordre mondial. Un signal qui résonne également en Afrique et au Cameroun, où les équilibres entre grandes puissances influencent directement commerce, investissements et coopération internationale.




China and the UK Join Forces Against Protectionism as Xi Jinping Calls for a New Global Order


China and the United Kingdom have pledged to jointly oppose unilateral actions and growing protectionism that threaten the global order. Speaking after a meeting with British Prime Minister Keir Starmer in Beijing, Chinese President Xi Jinping urged both countries to defend genuine multilateralism and promote a more inclusive form of globalization.


Xi warned that rising unilateralism and power politics are undermining international law and could push the world back toward a “law of the jungle.” Starmer, on his first official visit to China since 2018, reaffirmed London’s commitment to the “One China” principle and called for a stable, long-term strategic partnership based on mutual respect and trust.


The talks come as the UK faces severe industrial challenges, with car production in 2025 falling to its lowest level since 1952. Both sides see deeper economic and diplomatic cooperation as essential in an increasingly fragmented global landscape.


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Didier Cebas K.

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