Washington assume le changement de régime
Devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, le secrétaire d’État américain et conseiller à la sécurité nationale, Marco Rubio, n’a laissé place à aucune ambiguïté.
« Le Venezuela était, avant Hugo Chávez, un allié très fort des États-Unis. Nous espérons revenir à ce stade », a-t-il déclaré, présentant le pays sud-américain comme un partenaire naturel de Washington.
Cette déclaration intervient dans un contexte inédit. Le 3 janvier, les États-Unis ont mené des frappes de grande ampleur à Caracas, une opération militaire qui, selon le sénateur républicain Jim Risch, n’a duré moins de 27 minutes et impliqué environ 200 soldats. Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés, expulsés vers les États-Unis et présentés le 5 janvier devant un tribunal fédéral de New York, accusés de liens avec le trafic de drogue. Ils ont plaidé non coupables.
Delcy Rodriguez à la tête d’un Venezuela sous gestion intérimaire
Depuis, les fonctions de chef de l’État sont exercées par Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente exécutive. Donald Trump a affirmé que les États-Unis assumaient la direction intérimaire du pays, le temps de stabiliser la situation politique et sécuritaire.
Selon Marco Rubio, la présidente intérimaire aurait accepté de coopérer étroitement avec Washington, notamment en ouvrant le secteur énergétique aux compagnies américaines, en leur accordant un accès prioritaire à la production pétrolière et en utilisant les revenus pour acheter des produits américains. Elle se serait également engagée à cesser les livraisons de pétrole à Cuba et à œuvrer à une réconciliation nationale.
Le pétrole, nerf de la nouvelle relation
Le pétrole vénézuélien est au cœur de cette recomposition. Donald Trump s’est dit convaincu que Washington obtiendrait une compensation pour les entreprises pétrolières américaines, lesquelles financeraient la reconstruction d’infrastructures énergétiques largement dégradées.
Pour les observateurs africains, notamment au Cameroun, cette séquence rappelle combien les ressources stratégiques restent centrales dans les relations internationales, et comment elles peuvent redessiner brutalement l’équilibre du pouvoir.
Dialogue affiché, pression maintenue
Officiellement, Caracas dit privilégier la voie diplomatique. Delcy Rodriguez affirme avoir établi des canaux de communication « fondés sur le respect et la courtoisie » avec Donald Trump et Marco Rubio. Le président américain, de son côté, assure que les relations avec les nouvelles autorités vénézuéliennes sont « très bonnes » et promet une prospérité partagée.
Mais en coulisses, la pression reste maximale. Selon Bloomberg, Washington se dit prêt à recourir à la force pour garantir la coopération du Venezuela si les autres méthodes échouent. Les services de renseignement américains doutent par ailleurs de la volonté réelle de Delcy Rodriguez de rompre avec la Russie, la Chine et l’Iran, une exigence centrale de Washington.
La CIA en première ligne
Autre signal fort : la CIA prépare une présence permanente au Venezuela, selon CNN. L’agence serait appelée à jouer un rôle clé dans la transition politique, la stabilisation sécuritaire et le suivi des relations de Caracas avec Moscou, Pékin et Téhéran. Une implication qui rappelle, pour certains analystes, les précédents observés dans d’autres zones de crise stratégique.
Un précédent qui interroge le Sud global
Au-delà du Venezuela, cette intervention américaine soulève des interrogations profondes dans les pays du Sud, y compris en Afrique centrale. Souveraineté, intervention militaire, gestion intérimaire étrangère, contrôle des ressources : autant de questions qui résonnent fortement dans des États producteurs de matières premières, comme le Cameroun.
Le Venezuela, autrefois symbole d’un anti-américanisme radical en Amérique latine, pourrait ainsi devenir le laboratoire d’un retour assumé de l’influence directe américaine, avec des conséquences géopolitiques qui dépassent largement le continent latino-américain.
Venezuela Under US Control: Washington Seeks a “Strong Ally” After a Lightning Military Intervention
Venezuela is experiencing one of the most dramatic political shifts in its modern history. Following a swift US military operation, the arrest of President Nicolás Maduro and the installation of an interim authority, Washington is now openly seeking to turn Caracas into a key strategic ally.
US Secretary of State Marco Rubio has stated that Venezuela, once a close partner of Washington before Hugo Chávez, should “return to that stage.” The January 3 operation, which reportedly lasted less than 27 minutes, led to Maduro’s capture and trial in New York on drug-trafficking charges.
Interim president Delcy Rodríguez is said to have agreed to open Venezuela’s energy sector to US companies, end oil supplies to Cuba and cooperate closely with Washington. While Caracas publicly calls for diplomatic dialogue, US officials insist that maximum pressure, including the possible use of force, remains on the table.
With reports of a future CIA permanent presence in the country, Venezuela could become a major test case of renewed American influence in the Global South.
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Ange NGO