La présidente de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, l’ancienne cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock, a rejeté sans détour l’idée de créer une structure alternative aux Nations unies pour garantir la paix mondiale. Cette déclaration intervient dans un contexte de débats autour de l’initiative du président américain Donald Trump, qui propose la mise en place d’un « Conseil de la paix » censé gérer certains conflits internationaux, notamment la crise à Gaza.
« Il existe déjà une organisation internationale dont la mission centrale est le maintien de la paix et de la sécurité internationales : c’est l’ONU », a rappelé Annalena Baerbock dans un entretien accordé à l’agence allemande DPA, soulignant que tous les États du monde y disposent d’un siège et d’un droit de vote, indépendamment de leur poids économique ou militaire.
La responsable allemande a insisté sur le caractère juridiquement contraignant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, rappelant que ce dernier avait déjà mandaté un Conseil de la paix pour une mission de transition clairement définie concernant Gaza. Pour Berlin, toute initiative parallèle risquerait de fragiliser le multilatéralisme et de créer un dangereux précédent dans la gouvernance mondiale.
Selon DPA, les critiques estiment que le projet américain vise à établir une alternative à l’ONU, capable de traiter les crises internationales en dehors du cadre onusien. Des invitations à rejoindre ce Conseil de la paix ont été adressées à plusieurs dirigeants étrangers, dont le président russe Vladimir Poutine. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a indiqué que la proposition était actuellement à l’étude.
Dans le même temps, le chancelier allemand Friedrich Merz a livré une analyse sans concession de l’ordre mondial en mutation. « Une nouvelle époque a déjà commencé », a-t-il affirmé à Davos, décrivant l’entrée du monde dans une ère de politique des grandes puissances, marquée par la montée en puissance de la Chine, la guerre en Ukraine et la remise en question du leadership américain.
« La position des États-Unis comme puissance dominante est contestée, et Washington réagit par un changement radical de sa politique étrangère et de sécurité », a souligné Friedrich Merz. Dans ce nouveau contexte, le monde, selon lui, se structure davantage autour de la puissance et, lorsque nécessaire, de la force. Une réalité qu’il juge inconfortable, mais pas inéluctable.
Face à ces bouleversements, le chancelier a appelé l’Europe à un sursaut stratégique fondé sur trois priorités : un investissement massif dans la défense, un renforcement rapide de la compétitivité économique et une unité politique accrue entre Européens et partenaires partageant les mêmes valeurs.
Au-delà de l’Europe, ces prises de position allemandes résonnent fortement en Afrique, où le rôle de l’ONU demeure central dans la gestion des crises sécuritaires et humanitaires. Pour de nombreux pays, dont le Cameroun, la défense du multilatéralisme apparaît plus que jamais comme un enjeu crucial face aux recompositions géopolitiques en cours.
UN, Global Peace and the Return of Great Power Politics: Germany Warns Against Undermining Multilateralism
Germany has taken a firm stance against attempts to reshape the global peace architecture outside the United Nations framework. Speaking on the sidelines of the World Economic Forum in Davos, senior German leaders warned that both the UN and Europe must not be sidelined at a time when the world is entering a new era of great power rivalry.
The President of the 80th session of the UN General Assembly and former German Foreign Minister Annalena Baerbock dismissed the idea of creating an alternative international body to ensure global peace. Her remarks come amid discussions surrounding an initiative by US President Donald Trump to establish a so-called “Peace Council”, aimed at managing global crises, including the conflict in Gaza.
“There is already an international organization whose core mission is the maintenance of international peace and security: the United Nations,” Baerbock told German news agency DPA, stressing that all states—regardless of size, economic strength or military power—have a seat and a vote within the UN system.
She underlined that UN Security Council resolutions are legally binding under international law, noting that the Council had already mandated a peace mechanism with a clearly defined transitional role for Gaza. From Berlin’s perspective, any parallel structure would weaken multilateralism and risk fragmenting global governance.
Critics, according to DPA, argue that the US initiative could amount to creating an alternative to the UN. Invitations to join the proposed Peace Council have reportedly been sent to several foreign leaders, including Russian President Vladimir Putin. Kremlin spokesman Dmitry Peskov confirmed that the proposal is currently under consideration.
German Chancellor Friedrich Merz, meanwhile, offered a stark assessment of the evolving world order. “A new era has already begun,” he said in Davos, describing a shift toward great power politics, driven by the war in Ukraine, China’s rise and a growing challenge to US global dominance.
“The United States’ position as the world’s leading power is being questioned, and Washington is responding with a radical shift in its foreign and security policy,” Merz stated. According to him, the emerging world order is increasingly shaped by power—and, when deemed necessary, by force.
Calling on Europe to adapt, the German chancellor outlined three strategic priorities: significantly increasing defense spending, rapidly boosting economic competitiveness, and strengthening unity among European nations and like-minded partners.
These German warnings resonate well beyond Europe, particularly in Africa, where the UN continues to play a central role in peacekeeping and conflict resolution. For many countries, including Cameroon, the defense of multilateralism remains a key issue amid today’s profound geopolitical realignments.
Allemagne, ONU, Annalena Baerbock, Friedrich Merz, Conseil de la paix, Donald Trump, Davos, politique des grandes puissances, multilatéralisme, sécurité internationale, géopolitique mondiale, Europe défense, Afrique ONU, Cameroun diplomatie
Ekanga Ekanga Fernand