Entre janvier et juin 2025, le pays a importé 333,7 milliards de FCFA de carburants et lubrifiants, pour un volume total de 899 millions de tonnes, destinées à approvisionner le marché local. Sur la même période en 2024, les importations s’élevaient à 453 milliards de FCFA pour 804,6 millions de tonnes.
Résultat : une baisse spectaculaire de 26,3 % en valeur, soit 119 milliards de FCFA économisés, alors même que les volumes importés ont augmenté.
Baisse des coûts, hausse des volumes : un paradoxe révélateur
Cette situation traduit essentiellement l’effet conjugué de la baisse des cours internationaux et d’une gestion plus fine des approvisionnements, dans un contexte énergétique toujours fragile. Le Cameroun reste en effet entièrement dépendant des importations, depuis l’arrêt prolongé de la raffinerie nationale.
Exportations en recul, mais toujours présentes
Fait notable : bien que dépourvu de capacités de raffinage opérationnelles, le Cameroun continue d’exporter des carburants. Au premier semestre 2025, les exportations de carburants et lubrifiants se sont établies à 14 milliards de FCFA, correspondant à 28 millions de tonnes, contre 17 milliards de FCFA et 37,4 millions de tonnes un an plus tôt.
Cela représente une baisse de 17,6 % en valeur.
Selon le Minfi, ces volumes exportés pourraient s’expliquer par des importations suivies de réexportations vers certains marchés régionaux, confirmant le rôle logistique du Cameroun en Afrique centrale.
Consommation : les produits blancs en hausse, le fuel 180 en chute
Sur le plan de la demande intérieure, le rapport indique qu’en glissement annuel, la consommation des produits blancs (essence, gasoil, pétrole lampant) a progressé de 4,0 % au premier semestre 2025, portée par la hausse de l’ensemble des sous-produits.
En revanche, la mise en consommation du fuel 180 accuse un net recul de 20,5 %, traduisant soit une baisse de l’activité industrielle correspondante, soit une substitution progressive vers d’autres sources énergétiques.
Un enjeu stratégique majeur
Ces chiffres confirment une réalité persistante : l’extrême vulnérabilité énergétique du Cameroun. Si la baisse de la facture est une bonne nouvelle à court terme, elle ne saurait masquer l’urgence de relancer les capacités de raffinage locales et de sécuriser durablement l’approvisionnement énergétique national.
Fuel imports: Cameroon buys more, but spends 120 billion FCFA less in six months
Cameroon significantly reduced its fuel import bill in the first half of 2025, despite remaining fully dependent on imports since the fire at its only oil refinery. This is revealed by the economic outlook report published by the Ministry of Finance (Minfi).
Between January and June 2025, the country imported 333.7 billion FCFA worth of fuels and lubricants, totaling 899 million tonnes, to supply the domestic market. One year earlier, imports amounted to 453 billion FCFA for 804.6 million tonnes.
This represents a 26.3% drop in value, equivalent to 119 billion FCFA saved, despite higher import volumes.
Falling costs, rising volumes
The paradox is mainly explained by lower international oil prices and improved supply management in a fragile energy context.
Exports still ongoing, but declining
Cameroon also exported 14 billion FCFA worth of fuels and lubricants in the first half of 2025 (28 million tonnes), down from 17 billion FCFA and 37.4 million tonnes in 2024 — a 17.6% decrease in value.
According to the report, these exports likely correspond to imported products that were re-exported to regional markets.
Consumption trends
Domestic consumption of white petroleum products increased by 4.0% year-on-year, driven by all sub-products. However, fuel oil 180 consumption dropped sharply by 20.5%, reflecting changing industrial demand.
A strategic energy challenge
While the reduced import bill is positive, the figures highlight Cameroon’s ongoing energy vulnerability and the urgent need to restore local refining capacity and secure long-term energy supply.
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Ange NGO