Pour la banque centrale commune aux six États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine — ces rumeurs sont tout simplement « infondées ». Elles ne reposeraient, selon la BEAC, sur aucun élément économique objectif ni sur une orientation institutionnelle.
« Notre monnaie, garantie par la coopération monétaire avec la France et soutenue par des réserves de change confortables, reste stable et pleinement convertible. Les fondamentaux économiques de la CEMAC, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure », souligne l’institut d’émission, qui insiste : « aucune dévaluation du franc CFA n’est à l’ordre du jour ».
Une mise au point stratégique
Au-delà du simple démenti, la BEAC cherche à cadrer le débat et à rassurer les agents économiques. Elle réaffirme ses priorités de politique monétaire : stabilité des prix, préservation des réserves de change et supervision d’un système financier jugé sain et résilient. Des messages clés dans un contexte où la moindre incertitude sur la parité du franc CFA peut rapidement perturber la confiance.
Des réserves sous surveillance
Sur le front des réserves de change, pilier central de la stabilité monétaire, la BEAC reconnaît néanmoins une pression accrue. Selon ses projections, les réserves devraient reculer de 2,6 % à fin 2025, pour s’établir à 6 377,3 milliards de FCFA. Ce niveau représenterait 4,2 mois de couverture des importations, contre 4,9 mois un an plus tôt.
Cette érosion explique le resserrement des conditions monétaires engagé par la banque centrale, avec pour objectif de protéger la parité du franc CFA et de favoriser la reconstitution progressive des réserves.
Un environnement économique plus contraint
Le contexte macroéconomique régional reste exigeant. La croissance de la zone CEMAC est attendue à 2,4 % en 2026, après 2,7 % en 2024, une dynamique freinée notamment par la contraction de l’activité pétrolière. Si ces indicateurs ne justifient pas, selon la BEAC, une dévaluation, ils imposent toutefois une vigilance accrue sur les équilibres extérieurs.
Le poids de l’histoire
Pour mémoire, la dernière dévaluation du franc CFA remonte à janvier 1994, lorsque la monnaie avait perdu 50 % de sa valeur, la parité passant de 50 à 100 FCFA pour un franc français. Cette décision historique visait alors à corriger une forte surévaluation, pénalisant les exportations et la compétitivité des économies africaines.
Créé le 26 décembre 1945 sous le nom de « franc des colonies françaises d’Afrique », le franc CFA a connu plusieurs mutations institutionnelles. Il devient en 1958 le « franc de la Communauté française d’Afrique », avant d’adopter ses appellations actuelles : franc de la Coopération financière en Afrique centrale pour la CEMAC et franc de la Communauté financière africaine pour l’UEMOA.
Dans ce contexte, le message de la BEAC est clair : pas de dévaluation, mais une gestion prudente et resserrée, destinée à préserver la stabilité monétaire dans un environnement régional et international plus incertain.
CFA Franc Devaluation Rumors: BEAC Denies and Reassures CEMAC Economies
For several days, rumors of a possible devaluation of the CFA franc have been circulating across the CEMAC region, fueling concern among markets and households. In response, the Bank of Central African States (BEAC) issued a public denial on January 16, 2026, firmly rejecting any plan to devalue the currency.
According to the central bank of Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad and the Central African Republic, these speculations are “unfounded” and unsupported by any economic evidence or institutional decision. BEAC insists that the CFA franc remains stable and fully convertible, backed by monetary cooperation with France and what it describes as comfortable foreign exchange reserves.
While acknowledging a more challenging economic environment, BEAC stresses that no devaluation is on the agenda, reaffirming its priorities of price stability, reserve preservation and financial system resilience.
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Ange NGO