Selon le quotidien allemand Bild, des avions de transport militaire Hercules de l’armée danoise ont atterri dans la nuit à Nuuk, la capitale groenlandaise, ainsi qu’à Kangerlussuaq, à l’ouest de l’île. À leur bord : des soldats danois, mais aussi des militaires français, rejoints par des contingents allemands, britanniques, canadiens, néerlandais, norvégiens et suédois. Les appareils auraient volé transpondeurs éteints, signe d’une opération sensible, préparée dans la plus grande discrétion.
Ce déploiement, coordonné directement depuis Copenhague et non via l’Otan, intervient après l’échec de négociations entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis. Berlin a confirmé l’arrivée prochaine d’une équipe de reconnaissance de la Bundeswehr, tandis que Paris a annoncé la participation de ses forces à une mission militaire européenne sur l’île.
Trump persiste et signe
Le 14 janvier, Donald Trump a réaffirmé que les États-Unis restaient déterminés à acquérir le Groenland, malgré l’opposition ferme du Danemark et des autorités locales. Le président américain n’exclut pas le recours à la force, tout en évoquant la possibilité d’un référendum d’autodétermination, accompagné — selon Politico — de campagnes d’influence et de désinformation pour orienter l’opinion publique groenlandaise.
Ces déclarations ont provoqué une onde de choc diplomatique en Europe. Le Parlement européen a dénoncé une « atteinte flagrante au droit international » et appelé la Commission et le Conseil européens à prendre des mesures concrètes pour soutenir le Groenland et le Danemark. En réaction, les eurodéputés ont même gelé les discussions sur un accord commercial clé entre l’Union européenne et les États-Unis.
Le Groenland dit non
À Copenhague, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a été sans équivoque :
« Le Groenland n’est pas à vendre. Si nous devons choisir, nous choisirons le Danemark, l’Otan et l’Union européenne. »
Selon les sondages récents, 85 % des Groenlandais rejettent toute annexion aux États-Unis. Malgré cela, Donald Trump a balayé cette position, déclarant que le refus des habitants était « leur problème ».
Une fracture transatlantique sans précédent
La France, par la voix de sa porte-parole Maud Bregeon et du président Emmanuel Macron, a exprimé sa solidarité totale avec le Danemark, avertissant que toute atteinte à la souveraineté d’un pays européen aurait des « conséquences en cascade inédites ». Paris envisage d’ouvrir un consulat général au Groenland en 2026.
En Allemagne, le ministre de la Défense Boris Pistorius a mis en garde contre des actions unilatérales américaines qui pourraient « menacer l’existence même de l’Otan ». Au Congrès américain, une proposition de loi bipartisanne vise désormais à interdire tout financement fédéral pour une annexion forcée d’un territoire membre de l’Alliance atlantique.
Pourquoi le Groenland est stratégique
Riche en ressources minières, situé sur des routes maritimes clés de l’Arctique et essentiel pour les systèmes de défense antimissile, le Groenland est devenu un enjeu majeur de la rivalité géopolitique mondiale, notamment face à la Russie et à la Chine. Mais pour l’Europe, comme pour le Danemark, la ligne rouge est claire : aucune remise en cause de la souveraineté par la force.
Alors que des discussions à haut niveau se poursuivent à Washington, Nuuk et Copenhague, une certitude s’impose : la crise du Groenland est désormais un test majeur pour l’avenir des relations transatlantiques et de l’Otan.
Greenland on Edge: Europe Deploys Troops as Trump Pushes for Annexation
The Greenland crisis has entered a new phase. For the first time in decades, European troops have begun deploying to Greenland, a self-governing territory of the Kingdom of Denmark, following repeated statements by U.S. President Donald Trump advocating the island’s annexation by the United States.
According to Germany’s Bild, Danish military Hercules transport aircraft landed overnight in Nuuk and Kangerlussuaq, carrying Danish, French, and other European soldiers. Germany, the UK, Canada, the Netherlands, Norway, and Sweden are also taking part in the mission, which is coordinated from Copenhagen rather than NATO headquarters.
President Trump reiterated on January 14 that the United States remains determined to acquire Greenland, not ruling out the use of force, while also floating the idea of a referendum potentially backed by influence campaigns. These remarks sparked outrage across Europe, with the European Parliament condemning them as a violation of international law and freezing key EU–US trade discussions.
Greenland’s Prime Minister, Jens-Frederik Nielsen, firmly rejected Washington’s claims, stating that Greenland is not for sale and will remain aligned with Denmark, NATO, and the European Union. Polls show that 85% of Greenlanders oppose joining the United States.
As France, Germany, and other allies rally behind Denmark, the standoff is emerging as a critical stress test for NATO and transatlantic relations, with Greenland now at the heart of a broader geopolitical confrontation in the Arctic.
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Mouahna Divine