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UE-Mercosur : Un accord historique signé malgré la révolte des agriculteurs européens. L'Italie, arbitre décisif, isole la France

EU-Mercosur: A historic deal signed despite European farmers' revolt. Italy, the decisive arbitrator, isolates France.

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 Après plus de trente ans de négociations marathons, de rebondissements et d’intenses pressions, l’un des accords commerciaux les plus ambitieux de l’histoire est sur le point de voir le jour. Ce vendredi, les États membres de l’Union européenne ont, par une majorité qualifiée, donné leur feu vert à la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur. Une annonce faite conjointement par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Antonio Costa. Le geste final est attendu pour le 17 janvier au Paraguay, comme l’a confirmé le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, sur le réseau X.


« Un accord historique, bon pour l’Europe », a immédiatement tweeté Antonio Costa, saluant des avantages concrets pour les consommateurs et les entreprises. Ursula von der Leyen a, de son côté, promis un pacte générateur de « nouveaux emplois et opportunités », évoquant des économies de droits de douane pouvant atteindre 4 milliards d’euros par an pour environ 60 000 entreprises européennes exportatrices.


Le Vote décisif : L’Italie fait basculer la balance


Derrière l’unanimité affichée des institutions bruxelloises se cache une bataille acharnée, où chaque vote comptait. Pour être adoptée, la décision exigeait une double majorité : au moins 55% des États membres (soit 16 pays) représentant 65% de la population européenne. Si la France, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie et l’Autricie ont campé sur leur ferme opposition, c’est finalement le ralliement de l’Italie qui a scellé le destin de l’accord.


Selon des informations concordantes rapportées par l’AFP et le média spécialisé Euractiv, Rome a joué un rôle d’arbitre suprême. Ses 59 millions d’habitants étaient le poids nécessaire pour atteindre le seuil critique des 65% de la population. Une manœuvre qualifiée d’« assez habile » par un ancien ministre français sous couvert d’anonymat, qui y voit pour Paris « un échec diplomatique et tactique ». La France, isolée, a déjà prévenu qu’elle poursuivrait « la bataille au Parlement européen », étape cruciale de la ratification.


La Colère des Campagnes européennes


Cet accord, présenté comme une porte ouverte sur un marché de 295 millions de consommateurs sud-américains, est perçu comme une menace existentielle par les agriculteurs européens. Les lobbies agricoles, soutenus par plusieurs gouvernements, redoutent un afflux massif de viande bovine, de volaille, d’éthanol et de sucre à bas coût, produits avec des normes sanitaires et environnementales qu’ils jugent moins strictes. Ces importations, craignent-ils, pourraient submerger et déstabiliser le secteur agricole européen.


Un Contrepoint migratoire positif pour l’UE


Dans un contexte européen où la question migratoire reste ultrasensible, la nouvelle de l’accord coïncide avec des chiffres encourageants pour Bruxelles. Selon un rapport préliminaire de la Commission cité par Welt am Sonntag, les demandes d’asile dans l’UE ont chuté de près d’un cinquième en 2025, pour s’établir à environ 780 200. Le commissaire aux Migrations, Magnus Brunner, a salué une « bonne année » marquée par le renforcement des frontières et l’accélération des procédures. Une dynamique que la Commission aimerait voir reflétée dans l’opinion publique face aux grands projets commerciaux.


Et maintenant ?


La signature à Asunción la semaine prochaine ne sera qu’une étape. Le traité devra ensuite passer l’épreuve de la ratification par le Parlement européen et, point le plus sensible, par l’ensemble des parlements nationaux des 27 États membres. Un processus qui s’annonce long et semé d’embûches, où la France et ses alliés entendent bien remporter une seconde manche.


Cet accord UE-Mercosur est plus qu’un simple traité commercial. C’est un coup de projecteur sur les nouvelles fractures au sein de l’Europe, entre une vision libre-échangiste tournée vers le monde et une défense protectionniste de son modèle agricole et de sa souveraineté. Le duel entre Bruxelles et les campagnes européennes ne fait que commencer.


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EU-Mercosur: A Historic Deal Signed Despite European Farmers' Revolt. Italy, the Decisive Arbitrator, Isolates France.


After more than thirty years of marathon negotiations, twists and turns, and intense pressure, one of the most ambitious trade deals in history is about to be born. This Friday, European Union member states gave their qualified majority approval for the signing of the free trade agreement with Mercosur. An announcement made jointly by European Commission President Ursula von der Leyen and Council President Antonio Costa. The final act is scheduled for January 17 in Paraguay, as confirmed by Argentine Foreign Minister Pablo Quirno on X.


"A historic agreement, good for Europe," Antonio Costa immediately tweeted, highlighting concrete benefits for consumers and businesses. Ursula von der Leyen promised a pact that would create "new jobs and opportunities," estimating tariff savings of up to 4 billion euros per year for around 60,000 exporting European companies.


The Decisive Vote: Italy Tips the Scales


Behind the displayed unanimity of Brussels institutions lies a fierce battle where every vote counted. Adoption required a double majority: at least 55% of member states (16 countries) representing 65% of the EU population. While France, Poland, Ireland, Hungary, and Austria maintained their firm opposition, it was ultimately Italy's support that sealed the deal's fate.


According to consistent reports from AFP and Euractiv, Rome played the ultimate arbitrator role. Its 59 million inhabitants provided the necessary weight to reach the critical 65% population threshold. A move described as "quite clever" by a former French minister speaking anonymously, who sees it as "a diplomatic and tactical failure" for Paris. Isolated, France has already warned it will continue "the battle in the European Parliament," a crucial stage for ratification.


The Fury of European Countrysides


This agreement, presented as a gateway to a market of 295 million South American consumers, is seen as an existential threat by European farmers. Agricultural lobbies, backed by several governments, fear a massive influx of low-cost beef, poultry, ethanol, and sugar, produced under sanitary and environmental standards they consider less stringent. They worry these imports could overwhelm and destabilize the European agricultural sector.


A Positive Migratory Counterpoint for the EU


In a European context where migration remains highly sensitive, news of the deal coincides with encouraging figures for Brussels. According to a preliminary Commission report cited by Welt am Sonntag, asylum applications in the EU fell by nearly a fifth in 2025, to around 780,200. Migration Commissioner Magnus Brunner hailed a "good year" marked by stronger borders and faster procedures—a dynamic the Commission hopes will reflect in public opinion regarding major trade projects.


What's Next?


Next week's signature in Asunción is just one step. The treaty must then face ratification by the European Parliament and, most sensitively, by all 27 national parliaments. A process that promises to be long and arduous, where France and its allies are determined to win a second round.


The EU-Mercosur deal is more than just a trade treaty. It highlights new fractures within Europe, between a free-trade vision looking outward and a protectionist defense of its agricultural model and sovereignty. The duel between Brussels and European farmlands has only just begun.


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Ekanga Ekanga Fernand

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