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Crise post-électorale au Cameroun : 142 civils devant le Tribunal militaire de Yaoundé, la défense mobilisée

La crise post-électorale issue de la présidentielle du 12 octobre 2025 conna?t un nouveau tournant judiciaire majeur. Au total, 142 personnes arrêtées dans le sillage des contestations post-électorales sont attendues ce jeudi 8 janvier 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé, dans une proc?dure qui suscite déjà une vive attention nationale et internationale.

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Selon des sources judiciaires, 114 prévenus actuellement en détention seront extraits de la prison centrale de Yaoundé-Kondengui pour être présentés à l’audience, tandis que 28 autres comparaîtront libres, sur décision du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire.


Cinq dossiers, des chefs d’accusation lourds


Les 142 personnes, réparties en cinq dossiers distincts, devront répondre de plusieurs infractions pénales, notamment :



  • Propagation de fausses nouvelles

  • Rébellion en groupe

  • Attroupement

  • Défaut de Carte Nationale d’Identité (CNI)


Les poursuites s’appuient sur les articles 74-2, 113, 157-1b, 158 et 232-1-2 du Code pénal camerounais, ainsi que sur les articles 1 et 5 de la loi n°90/042 du 19 décembre 1990 instituant la Carte nationale d’identité.


Les procédures engagées relèvent du régime de la flagrance, ce qui impose un calendrier judiciaire resserré et limite les délais de préparation.


Une défense en ordre de bataille


Face à l’ampleur du dossier, la défense s’est officiellement organisée. Réunis au siège de l’Ordre des avocats au Barreau du Cameroun, les conseils des prévenus ont tenu une séance de travail présidée personnellement par le Bâtonnier.


Dans un communiqué, les collectifs d’avocats annoncent une assistance juridique Pro Bono, affirmant leur volonté de garantir une défense « efficace et rigoureuse » à des citoyens présentés comme des victimes de l’inquisition post-électorale.


La liste des 142 prévenus, rendue publique, témoigne de l’ampleur des arrestations opérées dans les semaines ayant suivi le scrutin.


Un dossier éminemment politique


Selon les avocats et des sources proches du dossier, la majorité des personnes poursuivies sont présentées comme des soutiens d’Issa Tchiroma Bakary, candidat malheureux à la présidentielle.


Si le Conseil constitutionnel a officiellement proclamé Paul Biya vainqueur du scrutin, Issa Tchiroma Bakary, aujourd’hui en exil en Gambie, continue de revendiquer sa victoire, alimentant une tension politique persistante.


Cette judiciarisation massive de la crise post-électorale relance le débat sur :



  • l’usage de la justice militaire pour juger des civils,

  • le respect des libertés publiques,

  • et la gestion politique des contestations électorales au Cameroun.


Une audience sous haute surveillance


L’audience de ce jeudi 8 janvier 2026 s’annonce décisive. Elle pourrait constituer un précédent judiciaire majeur dans le traitement des crises électorales au Cameroun.


« L’opinion sera informée des suites », a conclu Me Hippolyte BT Meli, au nom des collectifs d’avocats constitués pour la défense.




Post-election crisis in Cameroon: 142 civilians to appear before Yaoundé Military Tribunal


Cameroon’s post-election crisis following the October 12, 2025 presidential election has reached a critical judicial stage. A total of 142 individuals arrested after the disputed election are scheduled to appear this Thursday, January 8, 2026, before the Yaoundé Military Tribunal.


Judicial sources indicate that 114 detainees will be transferred from Yaoundé Kondengui Central Prison, while 28 others will appear as free defendants, following a decision by the Government Commissioner attached to the military court.


The defendants, divided into five separate cases, face charges including spreading false information, group rebellion, unlawful gathering, and lack of a national identity card, under Cameroon’s Penal Code and national ID legislation.


Lawyers representing the accused have organized collectively under the Cameroon Bar Association, providing pro bono legal assistance in what they describe as a case of post-election political persecution.


Most of the defendants are reportedly supporters of Issa Tchiroma Bakary, who continues to claim victory despite the Constitutional Council’s declaration of President Paul Biya as the winner. Now living in exile in The Gambia, Tchiroma’s claims continue to fuel political tension.


The hearing is being closely watched, as it may set a major precedent for how Cameroon handles post-election disputes and civilian trials before military courts.


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Didier Cebas K.

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