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MRC : Kamto ferme la porte aux dissensions, cr?e une Commission de clarification et appelle ? la discipline face au "r?gime ?ternel"

Dans un discours de cl?ture percutant prononc? lors d'une Convention Extraordinaire tenue en ligne, le Président National du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a trac? une ligne ferme entre unit? et indiscipline, tout en livrant une critique acerbe du r?gime en place. Face ? une assembl?e de d?l?gu?s qui venaient de renouveler massivement sa l?gitimit? ? la tête du parti, le leader de l'opposition a dress? un bilan sans fard des turbulences internes r?centes et esquiss? la marche ? suivre pour les combats ? venir.

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Un parti meurtri mais debout


D’entrée, le professeur Kamto a adressé des remerciements appuyés aux structures et militants restés « loyaux et fidèles aux orientations fondamentales du parti, lui permettant ainsi de rester debout au milieu de la tempête ». Il a salué le travail du président national par intérim, Mamadou Yacouba, et de la vice-présidente N°2, Tiriane Balbine Nadège Noah, pour avoir préservé le navire pendant une période « délicate ». Cependant, derrière ces hommages se dessinait le constat d’une grave crise : « L’indiscipline, pour ne pas dire plus, a atteint dans nos rangs un niveau qui constitue une menace à l’unité et la cohésion du parti. Cela est inacceptable. »


La fin de l’« anarchie des égos » : création d’une Commission de Clarification


Refusant toute « chasse aux sorcières », mais affirmant l’impossibilité de « pardonner sans savoir à qui on pardonne », Maurice Kamto a soumis à la Convention la création d’une Commission de Clarification et de Restauration (CCR). Cette instance ad hoc devra « faire la lumière sur la conduite des uns et des autres » lors de la période cruciale et troublée du 6 août au 31 octobre 2025. Son rapport, assorti de recommandations, sera remis au Directoire du parti. Une manière de vouloir tourner la page des luttes intestines, mais après avoir établi les responsabilités.


Contre la manipulation et pour la raison


Le ton est devenu plus martial lorsque Kamto a dénoncé les pratiques qui ont, selon lui, fragilisé le MRC : « On a eu parfois le sentiment que notre parti était en proie à de la manipulation, qu’il était actionné de l’extérieur. » Il a fustigé « l’anarchie des égos » et la transformation de certaines positions en « véritables comptoirs où tout se marchande ». « Notre salut ne sera jamais dans l’auto-décision de chaque militant […] ; il sera toujours dans notre cohésion et notre discipline absolue », a-t-il martelé, appelant à la confiance dans le leadership et à l’humilité.


Kamto contre-attaque : « Le plus incohérent, c’est le régime »


Répondant directement aux « haut-parleurs du régime » qui attaquent le MRC sur son boycott des élections de 2020, Kamto a retourné l’accusation d’« incohérence » vers le pouvoir. Avec une ironie mordante, il a cité deux exemples historiques : la promesse de ne jamais aller au FMI en 1986, faite par Paul Biya, suivie d’un recours à l’institution en 1987 ; et l’assurance que le Cameroun serait prêt pour la CAN 2019, finalement reportée à 2022. « Celui qu’on présente comme étant le maître infaillible du Cameroun est sans doute le plus incohérent de tous », a-t-il lancé.


Hommage aux martyrs et vision pour l’avenir


La fin du discours a pris une tonalité plus solennelle et émouvante. Kamto a eu une pensée pour les « prisonniers politiques, otages du régime », citant nommément Alain Fogue Tedom, Pascal Zamboué et Olivier Bibou Nissack, condamnés à sept ans de prison. Il a proposé l’institution d’une Journée Nationale du Souvenir pour honorer les héros du parti. Évoquant la répression post-électorale d’octobre 2025, il a exprimé sa compassion aux familles des victimes et condamné les violences.


Dans une conclusion en forme de manifeste, Maurice Kamto a appelé à poursuivre la « lutte héroïque de libération » avec « engagement, discipline et détermination ». Dénonçant un régime qui « réduit les Camerounais à l’extrême pauvreté, afin de les acheter moins cher », il a lancé un questionnement poignant à la nation : « Qui sommes-nous, Camerounais ? Que sommes-nous devenus ? […] Nos cris n’attirent que les balles de leurs fusils. »


Par ce discours, Maurice Kamto a accompli un triple objectif : ressouder son camp, régler ses comptes avec les dissensions internes, et redéfinir les contours de l’affrontement politique à venir contre un pouvoir qu’il qualifie de « démentiel » et d’« éternel ». La bataille pour l’âme du Cameroun, à en croire ses mots, ne fait que commencer.




Storm within the MRC: Kamto Cracks Down on Dissent, Launches Clarification Commission, and Calls for Discipline Against "Eternal Regime"


In a powerful closing speech delivered at an Extraordinary Convention held online, the National President of the Cameroon Renaissance Movement (MRC), Maurice Kamto, drew a firm line between unity and indiscipline, while delivering a scathing critique of the incumbent regime. Addressing delegates who had just overwhelmingly renewed his legitimacy as party leader, the opposition figurehead gave an unvarnished assessment of recent internal turbulence and outlined the path forward for upcoming battles.


Kamto acknowledged the loyalty of grassroots members who kept the party standing "amidst the storm," praising interim leader Mamadou Yacouba and Vice-President No. 2 Tiriane Balbine Nadège Noah. Yet, he underscored a severe crisis: "Indiscipline, to say the least, has reached a level in our ranks that threatens the party's unity and cohesion. This is unacceptable."


To address this, Kamto proposed the creation of a Clarification and Restoration Commission (CRC). This ad hoc body will investigate "the conduct of various individuals" during the turbulent period from August 6 to October 31, 2025. While ruling out a "witch hunt," Kamto insisted that forgiveness requires clarity: "We cannot forgive without knowing whom we are forgiving, or for what."


He denounced external manipulation and internal egos, warning against turning party positions into "trading posts." "Our salvation will never lie in each militant's self-determination […] but in our cohesion and absolute discipline," he asserted.


In a sharp rebuttal to regime critics who attack the MRC for boycotting the 2020 elections, Kamto turned the tables. He cited two historical examples of President Paul Biya's "incoherence": a 1986 promise never to go to the IMF, followed by a 1987 loan request; and a 2019 assurance that Cameroon would be ready for AFCON, later postponed to 2022. "The one portrayed as Cameroon's infallible master is undoubtedly the most inconsistent of all," he declared.


The speech turned solemn as Kamto paid tribute to "political prisoners, hostages of the regime," naming Alain Fogue Tedom, Pascal Zamboué, and Olivier Bibou Nissack, sentenced to seven years. He proposed an annual National Day of Remembrance for party heroes and expressed compassion for victims of post-election repression in October 2025.


In a final rallying cry, Kamto called for continuing the "heroic struggle for liberation" with "commitment, discipline, and determination." Condemning a regime that "reduces Cameroonians to extreme poverty to buy them cheaply," he posed a poignant question to the nation: "Who are we, Cameroonians? What have we become? [...] Our cries only attract bullets from their guns."


With this speech, Maurice Kamto sought to reunite his base, settle internal scores, and redefine the terms of the political confrontation against what he calls a "delusional" and "eternal" regime. The battle for Cameroon's soul, his words suggest, has only just begun.


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Ange NGO

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