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Cameroun : Un deuil national en zone trouble, le pouvoir et l?exil s?affrontent par villes interpos?es

Le Cameroun vit ce vendredi une journée ? deux vitesses, tiraill? entre le deuil et la normalit?. Alors que plusieurs grandes villes du pays observent une ? journée de deuil national ? d?cr?t?e depuis l'exil par Issa Tchiroma, d'autres, dont la capitale Yaoundé, affichent un calme pr?caire, dessinant une carte politique fractur?e du pays.

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Le ton est donné dès l'aube. À Douala, la capitale économique, ainsi qu’à Garoua, Maroua, Ngaoundéré ou encore Bertoua, l'activité est au point mort. Les marchés, habituellement grouillants, sont restés fermés, leurs portes closes comme un silence protestataire. Cet arrêt volontaire fait suite à l'appel lancé par Issa Tchiroma, l'ancien candidat à la présidentielle du 12 octobre dernier et président du Front du Salut National du Cameroun (FSNC). Réfugié au Nigeria, il a décrété cette journée en mémoire des « victimes de la répression brutale du régime ».


Un pouvoir installé, un challenger en exil


Le contexte est celui d'une crise post-électorale qui s'enlise. Alors que le Conseil Constitutionnel a officiellement proclamé la victoire de Paul Biya, qui a prêté serment dès le 6 novembre, Issa Tchiroma, depuis son refuge nigérian, continue de revendiquer la victoire. Il dénonce une « mascarade électorale » et une « confiscation du pouvoir » par le camp sortant.



« Ils ont volé la voix du peuple, et maintenant, ils répriment dans le sang ceux qui osent la reprendre », peut-on lire dans un communiqué attribué à Tchiroma et diffusé sur les réseaux sociaux. Craignant pour sa vie après les manifestations ayant suivi l'annonce des résultats, l'opposant a choisi la voie de l'exil pour, affirme-t-il, « mener la résistance et témoigner de la barbarie du régime de Yaoundé ».


Un pays coupé en deux


La géographie de ce vendredi de deuil est éloquente. Les régions du Littoral, de l'Ouest, de l'Adamaoua, de l'Extrême-Nord, du Nord, de l'Est , du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, bastions présumés de Tchiroma, ont majoritairement répondu présent. Le spectacle des rues désertes et des commerces fermés à Dschang ou Meiganga contraste fortement avec l'animation habituelle.



Cependant, le fief du pouvoir reste sourd à l'appel. À Yaoundé et dans plusieurs villes de la région du Sud, berceau politique du président Biya, la vie suit son cours normal. Les marchés sont ouverts, la circulation est dense et les activités économiques se déroulent sans entrave. Cette partition territoriale visible illustre les profondes divisions qui traversent le pays et pose la question de la légitimité du pouvoir face à une opposition désormais structurée depuis l'étranger.



Alors que la tension reste palpable, cette journée de deuil agit comme un baromètre de la crise politique camerounaise. Elle démontre la capacité de mobilisation de l'opposition en exil, mais aussi les limites de son influence sur l'ensemble du territoire. Le régime de Paul Biya, installé dans les palais de Yaoundé, doit quant à lui composer avec l'ombre d'un rival qui, depuis l'autre côté de la frontière, refuse de se taire.

 




Cameroon: A Nation in Mourning and Division, Power and Exil Clash Through Cities


Cameroon is experiencing a day of two halves this Friday, torn between mourning and normality. While several major cities observe a "national day of mourning" decreed from exile by Issa Tchiroma, others, including the capital Yaoundé, display a precarious calm, drawing a fractured political map of the country.



The tone was set at dawn. In Douala, the economic capital, as well as in Garoua, Maroua, Ngaoundéré, and Bertoua, activity has ground to a halt. The markets, usually bustling, remained closed, their shutters down like a silent protest. This voluntary shutdown follows a call by Issa Tchiroma, the former presidential candidate from the October 12 election and leader of FSNC. Now exiled in Nigeria, he decreed this day in memory of the "victims of the regime's brutal repression."



A Power Installed, a Challenger in Exile



The context is that of a festering post-electoral crisis. While the Constitutional Council officially proclaimed Paul Biya the winner, who was sworn in on November 6, Issa Tchiroma, from his Nigerian refuge, continues to claim victory. He denounces an "electoral masquerade" and a "confiscation of power" by the incumbent camp.



"They have stolen the voice of the people, and now they are repressing in blood those who dare to reclaim it," reads a statement attributed to Tchiroma and circulated on social media. Fearing for his life after the protests that followed the results, the opponent chose exile to, he claims, "lead the resistance and bear witness to the barbarity of the Yaoundé regime."



A Country Cut in Two



The geography of this day of mourning is telling. The Littoral, Adamaoua, East, and North regions, presumed strongholds of Tchiroma, largely heeded the call. The sight of deserted streets and closed shops in Dschang or Meiganga stands in stark contrast to the usual animation.



However, the power base remains deaf to the call. In Yaoundé and several towns in the South region, the political heartland of President Biya, life goes on as normal. Markets are open, traffic is heavy, and economic activities proceed unimpeded. This visible territorial divide highlights the deep divisions within the country and raises questions about the government's legitimacy in the face of an opposition now structured from abroad.



As tension remains palpable, this day of mourning acts as a barometer of the Cameroonian political crisis. It demonstrates the mobilizing power of the opposition in exile, but also the limits of its influence across the entire territory. The regime of Paul Biya, settled in the palaces of Yaoundé, must now contend with the shadow of a rival who, from across the border, refuses to be silenced.

 


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Moussa Nassourou

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