Selon plusieurs témoins sur place, les événements se sont déroulés ce lundi matin dans un contexte de défiance généralisée vis-à-vis des autorités locales, alors que la ville observait le mot d’ordre de « villes mortes » lancé en réaction à la situation politique nationale.
Le préfet pris à partie par des commerçants en colère
Tout serait parti d’une altercation violente entre le préfet du Mayo-Banyo et des commerçants de la ville.
Le représentant de l’État s’était rendu sur les lieux pour négocier la levée du mot d’ordre de grève, craignant un ralentissement de l’activité économique. Mais sa tentative de dissuasion a viré à l’affrontement.
« Le préfet aurait voulu sceller les boutiques des commerçants récalcitrants. C’est là que tout a dégénéré », raconte un témoin joint par téléphone.
Les éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) sont rapidement intervenus pour exfiltrer le préfet, pris à partie par des commerçants déterminés à ne pas céder à la pression administrative.
Les symboles du régime pris pour cibles
Dans la foulée, la colère populaire s’est déplacée vers les domiciles de personnalités perçues comme des figures locales du régime.
Les maisons de Mohamadou Moustapha et de son frère Moustapha Labaran ont été saccagées puis incendiées, selon plusieurs sources concordantes.
Ces attaques traduisent le profond ressentiment d’une partie de la population de Banyo, qui dénonce la répression et la marginalisation économique de la région.
Pour l’heure, aucun bilan humain n’a été communiqué, mais les dégâts matériels seraient considérables. Les autorités locales n’ont pas encore officiellement réagi à ces incidents, qui risquent d’attiser davantage la tension dans cette localité déjà fragile.
Un climat politique explosif
Cet épisode illustre la fragilité du climat sociopolitique camerounais dans le sillage des violences post-électorales observées dans plusieurs villes du pays depuis la proclamation de la victoire du président Paul Biya.
À Banyo, comme ailleurs, la défiance vis-à-vis du pouvoir central s’exprime désormais de façon ouverte, sur fond de colère populaire et d’usure du dialogue institutionnel.
Les autorités devront agir avec prudence pour éviter une escalade incontrôlée dans cette région charnière du septentrion, où la situation demeure tendue.
Tensions in Banyo: Homes of Presidential Aide Mohamadou Moustapha and His Brother Set on Fire by Angry Residents
Tensions flared in Banyo, Adamawa region, as the homes of Presidential Deputy Secretary-General Mohamadou Moustapha and his brother Moustapha Labaran were looted and burned down by angry residents.
Earlier in the day, the Divisional Officer of Mayo-Banyo had reportedly been assaulted by local traders after attempting to persuade them not to observe the “ghost town” protest movement.
According to witnesses, the situation escalated when the DO threatened to seal shops that refused to open, prompting clashes.
The Rapid Intervention Battalion (BIR) intervened to rescue the prefect, but the violence quickly spread. Residents later attacked and burned the homes of the two local elite figures seen as close to the ruling regime.
The incident underscores growing public anger and distrust toward state authorities amid a tense post-election atmosphere across Cameroon.
Cameroun, Banyo, Adamaoua, Mohamadou Moustapha, Moustapha Labaran, Présidence de la République, Paul Biya, SGA Présidence, maisons incendiées, villes mortes, préfet Mayo-Banyo, BIR, violences post-électorales, tensions politiques, Cameroun24, colère populaire, commerçants, insécurité, crise politique, affrontements Banyo
Moussa Nassourou