Selon des informations relayées par Cameroon Tribune, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, milite pour la reconduction du partenariat avec l’institution de Bretton Woods. L’objectif : maintenir les appuis budgétaires du FMI et d’autres partenaires, dont les financements dépendent d’un programme économique jugé satisfaisant.
« Entre 2017 et 2025, le Cameroun a reçu environ 2 600 milliards de FCFA grâce à deux programmes successifs. Sans nouvel accord, nous perdrions ces ressources essentielles. Il faudrait alors trouver d’autres sources de financement », a expliqué le ministre Motazé à l’issue du Conseil.
Un outil pour consolider les réserves de change
Les appuis budgétaires du FMI jouent un rôle clé : au-delà de combler le déficit public, ils renforcent les réserves de change de la sous-région Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA). Ces réserves, logées dans un compte d’opérations au Trésor français, garantissent la solidarité monétaire et le paiement des importations.
Le Cameroun, locomotive économique de la zone, y occupe une place stratégique. Une rupture de ces appuis, faute d’accord avec le FMI, fragiliserait non seulement les finances publiques camerounaises, mais aussi l’équilibre monétaire régional.
Le FMI, garant de la discipline budgétaire
Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a récemment tiré la sonnette d’alarme : entre juin et août 2025, les réserves de change ont fortement chuté, conséquence directe de la fin du programme précédent et de la baisse des aides budgétaires.
Les observateurs rappellent que les programmes conclus avec le FMI servent de garde-fou contre les dérapages budgétaires. Ils imposent des revues trimestrielles de performance économique, conditionnant chaque décaissement à la bonne gestion des finances publiques.
Alors que l’économie camerounaise traverse une période de tension entre pressions internes et exigences de rigueur, le choix du président Paul Biya sera déterminant : poursuivre avec le FMI pour garantir la stabilité financière, ou explorer une voie plus souveraine mais risquée.
Cameroon–IMF: President Paul Biya to Decide on New 2026–2029 Economic Program
Cameroon’s government is preparing to submit a new 2026–2029 economic and financial program with the International Monetary Fund (IMF) for President Paul Biya’s approval, following a cabinet meeting chaired by Prime Minister Joseph Dion Ngute on October 30, 2025.
Finance Minister Louis Paul Motazé advocates for renewing the partnership, citing the importance of budgetary support from the IMF and other development partners. Between 2017 and 2025, Cameroon received roughly 2.6 trillion CFA francs through two successive programs.
Beyond fiscal balance, IMF assistance helps bolster foreign exchange reserves, a crucial factor for the Cemac region’s monetary stability. Without a new deal, both Cameroon’s and the region’s financial equilibrium could be at risk.
Experts stress that IMF programs serve as a fiscal discipline mechanism, ensuring transparency and accountability through regular reviews before any disbursement. President Biya’s decision will thus shape the trajectory of Cameroon’s economic governance for the coming years.
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Didier Cebas K.