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Washington Post : Paul Biya, symbole d'une Afrique dirig?e par des vieillards dans un continent de jeunes

Le très influent quotidien américain The Washington Post s?est pench? sur le cas du Cameroun et plus particulièrement sur la long?vit? au pouvoir du président Paul Biya, r??lu ? 92 ans pour un nouveau mandat de sept ans.

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Sous le titre provocateur “Biya et les leaders âgés d’Afrique : quand le temps s’oppose à la jeunesse”, le journal dépeint le chef de l’État camerounais comme l’incarnation du “Big Man” anachronique, symbole d’une élite vieillissante accrochée au pouvoir sur un continent où la jeunesse gronde.


Un président presque centenaire face à un peuple de 18 ans d’âge médian


Selon le Washington Post, la réélection de Paul Biya, annoncée le 28 octobre 2025, illustre la fracture générationnelle qui traverse le Cameroun.

Dans un pays de 29 millions d’habitants, où plus de 70 % ont moins de 35 ans, le chef de l’État, arrivé au pouvoir en 1982, est vu par le quotidien américain comme “le dirigeant le plus âgé du monde”, dont le règne s’étend sur plus de quatre décennies.



“Le qualifier de vainqueur est généreux, puisque l’élection a presque certainement été truquée”, note sans détour le journal.



Le Washington Post y voit une élection de façade, “destinée à légitimer la mainmise du pouvoir par le président sortant”, marquée selon lui par des fraudes massives, du bourrage d’urnes et l’intimidation des opposants.


Une Afrique dirigée par les “Big Men”


Paul Biya n’est pas un cas isolé, souligne le quotidien.

Le journal cite une série de chefs d’État octogénaires :

 



  • Yoweri Museveni (81 ans, Ouganda)

  • Denis Sassou Nguesso (81 ans, Congo)

  • Isaias Afwerki (79 ans, Érythrée)

  • Alassane Ouattara (83 ans, Côte d’Ivoire)

  • Lazarus Chakwera (85 ans, Malawi)

  • Emmerson Mnangagwa (83 ans, Zimbabwe)




Une génération de dirigeants que le Washington Post qualifie de “gérontocratie africaine”, déconnectée des aspirations populaires.



“Cette gérontocratie crée une situation explosive qui promet presque assurément des conflits futurs”,
avertit l’article.


Entre exil doré et désaveu familial


Le Washington Post s’attarde aussi sur la vie luxueuse du président camerounais à l’étranger.

Le journal rappelle que Biya passe une grande partie de son temps en Suisse, accumulant “des dizaines de millions de francs en frais d’hôtel”.

Même sa fille, âgée de 27 ans, aurait publiquement appelé à ne pas voter pour son père, l’accusant de “la souffrance nationale”.



L’article mentionne aussi Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu opposant et principal challenger du scrutin, ainsi que Maurice Kamto, “le leader de l’opposition le plus populaire”, interdit de candidature après avoir déjà été emprisonné neuf mois en 2018.


Une jeunesse privée de changement


Pour conclure, le comité de rédaction du Washington Post estime que l’Afrique court un danger majeur : celui de bloquer les aspirations de sa jeunesse.



“La démocratie réelle sert de soupape de sécurité permettant à une population jeune d’exprimer son désir de changement. L’alternative, c’est la violence, voire le terrorisme.”



Mais le quotidien nuance : malgré les “Big Men” encore au pouvoir, les transitions démocratiques se multiplient sur le continent, laissant espérer “que le changement, cette fois, est inévitable”.



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Washington Post: Paul Biya, the ‘Big Man’ Symbolizing Africa’s Aging Leadership on a Young Continent


In an editorial titled “Biya and Africa’s Aging Leaders: When Time Opposes Youth,” The Washington Post has taken aim at Cameroon’s President Paul Biya, calling him the embodiment of an outdated “Big Man” archetype — a relic of Africa’s past clinging to power on a continent of youth.



At 92 years old, Biya has just been declared winner of another seven-year term, making him the world’s oldest sitting head of state.

The paper calls the result “generous,” arguing the election was almost certainly rigged, and warning of growing instability in a country whose median age is just 18.9 years.



“Most Cameroonians weren’t even born when Biya took power in 1982,” the editorial notes.



The Washington Post places Biya among other aging African leaders — Museveni (81), Sassou Nguesso (81), Afwerki (79), Ouattara (83) — describing them as part of a dangerous gerontocracy detached from their people.



It further highlights Biya’s frequent stays in Switzerland, his lavish spending, and even the public criticism from his own daughter, who urged citizens not to vote for him.



The piece concludes that true democracy remains Africa’s best safeguard against unrest.



“Real elections act as a safety valve for change. Without them, young Africans will inevitably turn to violence.”



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Mouahna Divine 

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