Dans une nouvelle sortie publique ce dimanche, Issa Tchiroma Bakary, qui revendique sa victoire dans les urnes, a lancé un avertissement direct au Conseil constitutionnel. L’homme prévient contre toute tentative d’« imposture institutionnelle » qui irait à l’encontre de la volonté populaire.
« Le peuple est debout. Nous espérons tous que le Conseil constitutionnel ne se rendra pas ennemi du peuple en proclamant des résultats différents de la vérité issue des urnes », déclare Issa Tchiroma. Il insiste sur la responsabilité historique des conseillers constitutionnels, qu’il exhorte à ne pas se comporter en « organe partisan ». Selon lui, toute décision contraire à la vérité des urnes engagerait ses auteurs « devant les juridictions internationales ».
Hommage aux manifestants tués
L’opposant a rendu hommage aux citoyens tués lors des manifestations pacifiques réprimées ce week-end à Douala et dans d’autres villes du Cameroun. « Merci d’être sortis en si grand nombre, peuple camerounais. Cette fois-ci, ils ne nous arrêteront pas », martèle-t-il, dénonçant les « actes de barbarie » d’un régime qualifié de « criminel ».
Il appelle à la cessation immédiate des violences sécuritaires, posant une question lourde de sens:
« Faut-il mettre ce peuple à feu et à sang juste pour s’accrocher au pouvoir ? »
Un mort à New Bell lors du Clasico
Parmi les victimes figure Mohamed Pouamoun, abattu alors qu’il regardait le choc Real Madrid-FC Barcelone dans le quartier New Bell à Douala. « Il a été mortellement atteint par une balle tirée par la soldatesque de Paul Biya qui tue le peuple qu’il prétend l’avoir élu », accuse le camp Tchiroma.
Le jeune homme a été conduit à sa dernière demeure ce lundi matin.
Sur le terrain, les témoignages rapportent des scènes de chaos. Des manifestants auraient déposé des corps devant une brigade de gendarmerie, sous des tirs nourris des forces de sécurité. Plus tôt, les Forces de maintien de l’ordre auraient ouvert le feu, faisant selon les sources au moins quatre morts supplémentaires.
Une menace de marche vers Etoudi
Issa Tchiroma prévient que si la vérité des urnes n’est pas proclamée, le peuple « se mobilisera » et marchera pacifiquement vers le palais d’Etoudi pour « faire respecter la volonté populaire ».
La situation reste explosive et l’opinion attend fébrilement la prochaine décision du Conseil constitutionnel, sous une pression politique et citoyenne sans précédent depuis l’ère Biya.
Post-election showdown: Tchiroma warns the Constitutional Council and calls for mass mobilization
Issa Tchiroma Bakary, who claims victory in Cameroon’s October 12 presidential election, has issued a stern warning to the Constitutional Council ahead of the official results. He accuses the regime of deadly repression after peaceful protesters were shot and killed, including a young man named Mohamed Pouamoun in Douala’s New Bell neighborhood.
Tchiroma calls on the Council to respect “the truth from the polls,” warning that any deviation from the people’s will would lead to accountability before international justice. He vows that if the real results are not declared, the population will march peacefully to the presidential palace in Etoudi to enforce its democratic choice.
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Didier Cebas K.