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Cameroun : les zones industrielles de la MAGZI, moteur économique ? deux vitesses

Malgré un chiffre d?affaires record de 6 700 milliards FCFA et une contribution de 16,2% ? la production nationale en 2024, ces p?les peinent ? concilier rentabilit?, ind?pendance et responsabilit? sociale.

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Le dynamisme est indéniable, mais les défis restent colossaux. Selon les derniers chiffres officiels de la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) publiés dans son magazine, les entreprises installées dans ses zones ont affiché une santé économique robuste en 2024. Pour autant, cette performance masque une dépendance persistante aux importations et un déficit d'acceptabilité sociale qui pourraient, à terme, freiner l'élan industriel camerounais.


Une contribution nationale en hausse


Le bilan est impressionnant : un chiffre d’affaires cumulé de 6 695,8 milliards FCFA et une production totale évaluée à 6 985,3 milliards FCFA. Ces résultats représentent 16,2 % de la production nationale, une part qui ne cesse de croître (contre 15,8 % en 2023). Sur les 528 lots industriels recensés, 424 entreprises étaient activement en production, confirmant le rôle de premier plan de ces zones dans la structuration de l'économie.



Les secteurs de l'agroalimentaire (transformation du cacao, café, huile de palme), de la chimie, de la métallurgie lourde et des matériaux de construction tirent cette croissance, représentant à eux seuls plus de 68% de la production globale.


Emploi et fiscalité : des retombées significatives


L'impact sur l'emploi est notable avec 17 832 emplois directs, soit 6,2% de la main-d’œuvre formelle nationale, pour une masse salariale de 22,5 milliards FCFA. Fait marquant : la majorité des salariés sont des jeunes, avec un âge moyen de 35 ans, offrant une lueur d'espoir face au chômage des diplômés.



Côté contributions publiques, l'effort fiscal est substantial : 822,7 milliards FCFA ont été reversés aux caisses de l’État en 2024, une manne cruciale pour le financement des politiques publiques.


Le paradoxe de la performance : dépendance et déficit


Cependant, cette success story comporte une ombre au tableau. Les entreprises restent étranglées par des coûts de production élevés, dus à une forte dépendance aux intrants importés, à des chaînes logistiques longues et à des infrastructures parfois vétustes. La preuve par les chiffres du commerce : les exportations s'élèvent à 95,4 milliards FCFA, loin derrière les 249,3 milliards FCFA d'importations de biens intermédiaires. Ce qui creuse un déficit commercial de 153,9 milliards FCFA et souligne la vulnérabilité de l'industrie locale aux chocs extérieurs.


Dilemme environnemental et social


La relation avec les populations riveraines est, elle aussi, en demi-teinte. Si 45,3% des ménages reconnaissent un impact économique positif (création d'emplois, dynamisme commercial), 73,5% dénoncent des nuisances environnementales majeures : pollution de l'air et des eaux, bruit excessif. Pire, seuls 16,5% perçoivent des actions sociales directes (écoles, centres de santé) en faveur des communautés, illustrant un cruel déficit de responsabilité sociale des entreprises (RSE).


Ambitions 2025 : entre projections et défis structurels


Malgré ces écueils, les perspectives pour 2025 sont optimistes. La MAGZI table sur une production dépassant les 7 320 milliards FCFA. Atteindre ces objectifs ambitieux nécessitera toutefois de s'attaquer de front aux problèmes structurels : modernisation des infrastructures, promotion des matières premières locales pour réduire la dépendance aux importations, et implantation de véritables politiques RSE.



La quadrature du cercle camerounais est là : transformer une croissance économique quantitative en un développement industriel véritablement durable, compétitif et inclusif. Le défi pour 2025 est de taille.

 




Cameroon's Industrial Zones: An Economic Engine Running on Two Speeds


The dynamism is undeniable, but the challenges remain colossal. According to the latest official figures from the Mission for the Development and Management of Industrial Zones (MAGZI), companies within its zones showed robust economic health in 2024. However, this performance masks a persistent dependence on imports and a lack of social acceptability that could, in the long run, hamper Cameroon's industrial momentum.



Key figures for 2024:


 



  •     Cumulative turnover: 6,695.8 billion FCFA.

  •     Total production: 6,985.3 billion FCFA (16.2% of national production).

  •     424 active companies out of 528 industrial plots.

  •     17,832 direct jobs (6.2% of the national formal workforce).

  •     Tax contributions: 822.7 billion FCFA.




The Paradox: Despite strong growth, the zones face a significant commercial deficit of 153.9 billion FCFA due to heavy reliance on imported inputs. Furthermore, environmental and social challenges persist, with 73.5% of neighboring households reporting pollution nuisances and only 16.5% perceiving direct social benefits from the companies.



With production projected to exceed 7,320 billion FCFA in 2025, the key to sustainable growth lies in modernizing infrastructure, promoting local raw materials, and implementing genuine corporate social responsibility (CSR) policies.

 


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Ange NGO

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