Dans un message d’une rare force, Monseigneur Paul Lontsié-Keuné, évêque de Bafoussam, a pris la parole pour adresser un vibrant appel à la vérité, à la justice, à la paix, mais aussi pour poser de lourdes interrogations sur la légitimité et la transparence du processus électoral en cours au Cameroun.
Dans sa lettre intitulée « Le peuple murmure... nous nous interrogeons », datée du 30 juillet 2025, le prélat s’exprime avec gravité et fermeté :
« La clameur du peuple camerounais est montée vers Dieu », écrit-il, évoquant un cri collectif de frustration face aux récents développements électoraux.
? Une sortie peu anodine… à l’heure où le pays doute
Le message intervient quelques jours après la publication par ELECAM de la liste des 13 candidats retenus pour le scrutin du 12 octobre, sur 83 postulants. Une annonce précédée de tensions dans plusieurs villes où les forces de sécurité ont été largement déployées.
Monseigneur Lontsié dénonce les intimidations, les manipulations et l’usage systématique de la force, mais aussi les manœuvres politico-juridiques qui auraient visé à exclure des candidatures jugées gênantes. Il pointe également les restrictions des libertés, l'explosion du tribalisme, les discours haineux et l’usage partisan de la loi.
« Le peuple murmure... nous nous interrogeons », répète-t-il comme un refrain de vérité, invitant le peuple à garder sa conscience éveillée.
?? Un cri pour la démocratie, un plaidoyer pour l’alternance
L’évêque de Bafoussam ne s'arrête pas là. Il appelle ouvertement à la construction d’une paix véritable fondée sur le droit, en dénonçant le mensonge institutionnalisé, les fraudes électorales, la peur et la confiscation du pouvoir.
Dans un passage fort, il écrit :
« L’alternance en démocratie est un très grand bien pour une nation, car elle permet le renouvellement pacifique du pouvoir… Le peuple continue de murmurer et nous nous interrogeons. »
?? Un appel direct au Conseil constitutionnel
À l’approche du contentieux pré-électoral, Monseigneur Lontsié exhorte les membres du Conseil constitutionnel à se placer sous l’autorité de Dieu, de la vérité et de leur conscience, loin des influences politiques ou administratives.
« La justice ne doit pas seulement être faite, elle doit être vue comme étant faite », cite-t-il, reprenant les mots du juge britannique Lord Hewart.
En conclusion, il appelle à une paix juste et durable, non fondée sur la peur, mais sur la lumière, la vérité, le droit et l’amour.
Et de clore : « Tant qu’il y aura une société à deux vitesses, à deux justices… le peuple continuera de murmurer, et nous nous interrogerons. »
2025 Presidential Election: Bishop of Bafoussam Breaks the Silence and Calls for Justice
In a striking pastoral letter released on July 30, 2025, Bishop Paul Lontsié-Keuné of Bafoussam has issued a deeply poignant message to the Cameroonian people, questioning the credibility of the ongoing electoral process and denouncing democratic backsliding.
Titled "The People Murmur... We Wonder", the letter references a growing wave of discontent and confusion among citizens. The bishop cites widespread restrictions on civil liberties, ethnic divisions, political manipulations, and the failure of state institutions to ensure transparency.
He warns:
“No lasting peace can come from lies, intimidation, or the denial of justice. Fraud and fear cannot build a nation.”
Bishop Lontsié urges the Constitutional Council to rule with honesty and independence, guided not by politics but by truth and law.
His message ends with a prayer for a peace rooted in truth, justice, and real democracy, reminding Cameroon and its leaders that power is not eternal and must be accountable to the people.
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Viviane GEMELE