Publicité

Togo : Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tov? ?lu président, Faure Gnassingb? prend la tête du gouvernement

Un tournant historique s?est op?r? au Togo. Pour la première fois depuis l?ind?pendance du pays, le chef de l'état n?est plus ?lu au suffrage universel, a appris cameroun24.

Publicité

 C’est désormais le parlement qui désigne le président de la République. Ainsi, ce vendredi, les députés et sénateurs togolais, réunis en congrès, ont élu à l’unanimité Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové comme nouveau président du pays. Il devient le tout premier président de la Ve République togolaise, instaurée par la Constitution adoptée en mai 2024.



Âgé de 85 ans, Jean-Lucien Savi de Tové n’est pas un inconnu de la scène politique togolaise. Ancien ministre du Commerce (2005-2007), ex-haut cadre du ministère des Affaires étrangères, et figure de l’opposition dans les années 90 – ce qui lui valut une condamnation à 10 ans de prison en 1997 – il accède aujourd’hui à la plus haute fonction honorifique de l’État. Il était le seul candidat en lice pour cette élection parlementaire, et son mandat est fixé à quatre ans, renouvelable.


Un pouvoir désormais aux mains du chef du gouvernement


Mais si Jean-Lucien Savi de Tové devient chef de l’État, c’est bien Faure Gnassingbé qui reste l’homme fort de Lomé. À 59 ans, celui qui préside le Togo depuis 2005 a officiellement prêté serment comme président du conseil des ministres, un nouveau poste doté de larges pouvoirs exécutifs, prévu par la nouvelle Constitution. Il a prêté serment devant le Conseil constitutionnel ce jeudi.



Selon la loi fondamentale en vigueur depuis 2024, ce poste revient automatiquement au leader du parti majoritaire à l’Assemblée. Or, l’Union pour la République (UNIR), parti au pouvoir dirigé par Faure Gnassingbé, a remporté 108 des 113 sièges lors des législatives d’avril 2024.


Une réforme controversée et des tensions à l’horizon


La réforme constitutionnelle, initiée par l’UNIR, a profondément bouleversé la structure du pouvoir au Togo, en instaurant un régime parlementaire. Elle a mis fin à l’élection directe du président de la République et transféré l’essentiel du pouvoir exécutif au président du conseil des ministres.



Une réforme saluée par ses partisans comme une « modernisation des institutions », mais fortement critiquée par l’opposition, qui y voit une manœuvre pour permettre à Faure Gnassingbé de rester aux commandes indéfiniment. Plusieurs partis d’opposition ont dénoncé un « coup d’État constitutionnel » et ont appelé la population à manifester dans les rues de Lomé ce 4 mai.



Pendant ce temps, la communauté internationale observe avec prudence. Si l’Agence France-Presse (AFP) note que la procédure s’est déroulée dans le cadre des lois en vigueur, elle relaie également les inquiétudes de plusieurs observateurs quant au recul démocratique que pourrait représenter cette transition.



Une chose est certaine : avec cette nouvelle architecture institutionnelle, le Togo entre dans une ère politique inédite où le visage du pouvoir change, mais son centre de gravité semble rester le même.

 




Togo: Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové Elected President as Faure Gnassingbé Assumes Powerful Government Role


Togo has entered a new political era. For the first time in its post-independence history, the country’s president is no longer chosen by popular vote, but by the parliament. On Friday, members of Togo’s bicameral legislature unanimously elected Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, 85, as the new President of the Republic. He becomes the first head of state under the country’s Fifth Republic, established following the constitutional reform of May 2024.



Savi de Tové, the sole candidate in the race, is a seasoned politician and former Minister of Trade (2005–2007). He also served in the Ministry of Foreign Affairs and was jailed in 1997 for opposition activities, receiving a 10-year sentence. His election marks a symbolic shift, but under the new system, the presidency has become largely ceremonial. The new constitution limits the presidential term to four years, with the possibility of re-election.


Real Power Shifts to the Head of Government


While Jean-Lucien Savi de Tové takes the helm of the state, it is Faure Gnassingbé who retains the real power. The 59-year-old, who has ruled Togo since 2005, was sworn in on Thursday as President of the Council of Ministers – a newly created position with broad executive authority. The new role, established by the constitutional overhaul, is reserved for the leader of the majority party in parliament.



With his party, the Union for the Republic (UNIR), having secured a landslide victory in the April 2024 elections – winning 108 of the 113 seats – Gnassingbé remains firmly in control of the country's governance.


Controversial Reform Sparks Tensions


The constitutional reform, spearheaded by UNIR, marked a fundamental shift from a presidential to a parliamentary system. It eliminated direct presidential elections and transferred key executive powers to the President of the Council of Ministers – a move that critics say is designed to entrench Faure Gnassingbé’s grip on power.



While the ruling party defends the changes as a step toward “modernizing governance,” opposition leaders have condemned the move as a “constitutional coup.” They accuse Gnassingbé of attempting to remain in power indefinitely and have called for nationwide protests on May 4.



International observers have noted the legality of the process but have expressed concerns about its implications for democracy in the West African nation. According to the AFP, civil society and political analysts fear a setback for democratic norms in a country already ruled by the same family dynasty for over five decades.



As Togo embarks on this new chapter, the political landscape may have been restructured — but power, it seems, has not changed hands.



Ange NGO

Publicité