Publicité

Kigali exige de Londres 60 millions d’euros et condamne les sanctions canadiennes et allemandes

L'épidémie d'une maladie inconnue présente un risque modéré en RDC selon l'OMS.

Publicité



Le Rwanda exige que le Royaume-Uni lui verse 50 millions de livres sterling, soit plus de 60 millions d’euros, dans le cadre de l'accord sur l'expulsion de migrants que le gouvernement du premier ministre britannique, Keir Starmer, refuse d’appliquer, fait savoir le Daily Telegraph.



Le Rwanda a précédemment accepté que les autorités britanniques ne poursuivent pas le financement prévu après leur décision de s’en retirer. Toutefois, après que le ministère britannique des Affaires étrangères a annoncé des restrictions à l'encontre du Rwanda dans le contexte de la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), Kigali a adressé à Londres une note officielle exigeant 50 millions de livres dans le cadre du traité.



L’accord qui avait été signé par les gouvernements britannique et rwandais prévoit la possibilité pour les deux pays de s’en retirer unilatéralement.



La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a expliqué sur le réseau X que le pays avait changé de position après que les autorités britanniques eurent pris des mesures "pour contraindre le Rwanda à compromettre [sa] sécurité nationale".



"Le Royaume-Uni avait demandé au Rwanda de renoncer au paiement sur la base de la confiance et de la bonne foi qui existent entre nos deux nations. Cependant, le Royaume-Uni a trahi cette confiance en prenant des mesures punitives injustifiées."



Le projet du gouvernement britannique visant à expulser des migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni vers le Rwanda a été présenté en 2022 par le cabinet de Boris Johnson. Ce projet n’a jamais été concrétisé, car les tribunaux britanniques ont estimé que les immigrants expulsés vers le Rwanda risquaient d’être renvoyés dans leurs pays d’origine où leur vie et leur santé pourraient être en danger. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’est également élevée contre cette mesure.



Pour contourner l’obstacle, le gouvernement de Rishi Sunak a signé en 2023 un autre accord avec le Rwanda pour éliminer cette possibilité, avant d’adopter une nouvelle loi proclamant le Rwanda pays en sécurité et introduisant des mesures limitant la capacité des personnes expulsées à contester la décision devant la justice. Cependant, le nouveau premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré en juillet dernier que son gouvernement avait abandonné les projets de ses prédécesseurs conservateurs d’expulser les migrants illégaux au Rwanda.





La diplomatie rwandaise condamne les sanctions canadiennes et allemandes

 


Le ministère rwandais des Affaires étrangères a condamné la suspension des exportations par le Canada et de l’aide financière par l’Allemagne.



Précédemment, le Canada avait annoncé la suspension de l’octroi des permis pour l’exportation de marchandises et de technologies vers le Rwanda, des missions économiques et commerciales intergouvernementales ainsi que de son soutien aux entreprises privées. L’Allemagne avait de son côté décidé de suspendre l’allocation de nouvelle aide financière au Rwanda en raison de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).



"Le Rwanda prend note de la déclaration de Affaires mondiales Canada sur la situation dans l’est de la RDC et trouve inacceptable l’attribution diffamatoire au Rwanda d’atrocités présumées. Nous demanderons des clarifications à ce sujet auprès du gouvernement canadien. […] Les mesures annoncées contre le Rwanda par le Canada ne résoudront pas le conflit", a indiqué la diplomatie rwandaise.



Cette dernière a en outre qualifié la position allemande concernant le conflit en RDC d’"erreur" et de "démarche contre-productive". "Pour un pays qui se targue de prendre au sérieux les signes avant-coureurs de l’extrémisme ethnique, l’Allemagne fait preuve d’un manque total de courage, en ignorant la menace que représentent les milices génocidaires des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] soutenues par la RDC, tant pour le Rwanda que pour les communautés Tutsi congolaises de l’est de la RDC. Les pays comme l’Allemagne, qui portent une responsabilité historique dans l’instabilité récurrente de cette région, devraient savoir qu’il est inacceptable d’imposer des mesures coercitives unilatérales", a souligné le ministère.



Depuis le début de l’année, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par l’armée rwandaise, mènent une offensive dans l’est de la RDC. Ils avaient pris le contrôle de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris leurs chefs-lieux, Goma et Bukavu. Les autorités de la RDC accusent le Rwanda de soutenir le M23 avec des unités régulières de son armée, ce que Kigali réfute.



RDC: l’épidémie d’une maladie inconnue présente un risque modéré au niveau local (OMS)

 


La flambée d’une maladie inconnue qui a emporté la vie de plus de 50 personnes dans la zone de Basankusu, en République démocratique du Congo (RDC), présente un risque modéré au niveau local et un risque faible aux niveaux régional et mondial. C’est ce qu’a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui relève le recul de la maladie.



"Les enquêtes étant en cours et l’agent causal du cluster [de la maladie] n’ayant pas encore été déterminé, il subsiste un niveau de risque", a constaté l’organisation, ajoutant que "le niveau de risque global pour la santé publique des communautés touchées est jugé modéré", tandis qu’au niveau national, "le risque est considéré comme faible en raison de la nature localisée de l’événement et de la diminution manifeste de l’incidence". "De même, aux niveaux régional et mondial, le risque est faible à l’heure actuelle", a précisé l’OMS dans son bulletin d’information.



L’organisation a rappelé que les autorités congolaises avaient signalé 24 décès inexpliqués dans un seul village de l’aire de santé d’Ekoto, dans la zone de santé de Basankusu, dans la province de l’Équateur. Au 25 février, 53 décès avaient été rapportés, ainsi que 1.318 cas présentant différents symptômes de la maladie, dont la fièvre, les maux de tête, les courbatures, le rhume et la toux.



Les experts notent également que la flambée dans la zone de santé de Basankusu a suivi une série de décès survenus dans la zone de santé de Bolomba du 10 au 27 janvier, où douze cas avaient été constatés, dont huit mortels. Selon l’OMS, ces décès pourraient avoir été causés par un paludisme grave.



L’organisation a recommandé une surveillance épidémiologique renforcée "axée spécifiquement sur les décès", ainsi que la poursuite des tests "afin d’évaluer les hypothèses actuelles de méningite et/ou de toxine/empoisonnement". "Il est également essentiel de s’attaquer à toute information erronée concernant l’épidémie", a insisté l’OMS.



DCK

Publicité