Les dirigeants et chefs de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) l’ont fait savoir dans un communiqué conjoint.
"La Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) condamne l'activisme du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda et l'enjoint de cesser immédiatement son offensive et de quitter les territoires occupés illégalement et de respecter les couloirs humanitaires dans la province du Nord-Kivu", a rapporté le site d'information congolais Actualité, reprenant des extraits de cette déclaration. "Nous appelons au retrait immédiat des Forces de Défense Rwandaises du territoire congolais, y compris la normalisation de fonctionnement de l'aéroport de Goma", poursuit le document. La CEEAC réaffirme également son soutien aux "Processus de Luanda et de Nairobi, ainsi qu'à l'accord-cadre d'Addis Abeba de 2013 en vue d'un retour de la paix durable à l'Est de la RDC et dans la sous-région des Grands-Lacs".
La réunion des dirigeants de la CEEAC s’est tenue le 7 février, à la veille d'un sommet conjoint de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC) à Dar es Salaam (Tanzanie) sur la recherche d'une solution à la crise dans l'est de la RDC.
Créée en 1983, ce bloc régional regroupe l'Angola, le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la RDC, le Rwanda, le Tchad et Sao Tomé-et-Principe.
Environ 3.000 personnes ont été tuées par le M23 à Goma, selon les autorités congolaises
Environ 3.000 personnes ont été tuées et plus de 3.000 ont été blessées suite aux actions des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) lors de la prise de la ville de Goma (chef-lieu de la province du Nord-Kivu). C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya Katembwe, à l'occasion d'une réunion d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, à la demande du gouvernement congolais, pour discuter de la situation à Goma.
"Au moins 3.000 morts et plus de 3.000 blessés, bombardements de camps de déplacés, attaques contre les civils et les casques bleus, exécutions de masse, enrôlement forcé d'enfants", a-t-il énuméré dans un post sur le réseau social X en accusant les rebelles et l'armée rwandaise. Auparavant, l'ONU avait fait état de 2.900 morts et de 2.880 blessés dans la ville de Goma.
Selon M. Muyaya, il s'agit de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. "Le Rwanda doit quitter immédiatement notre territoire", a-t-il ajouté.
Les unités rebelles du Mouvement du 23 mars, soutenues par l'armée rwandaise, sont entrées dans Goma dans la soirée du 26 janvier. Elles en ont désormais le contrôle total.
L'armée rwandaise essuie des pertes considérables en RDC
Des centaines de soldats rwandais sont morts dans le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré la négation de la participation de l'armée dans ces combats par les autorités du Rwanda, rapporte The Guardian se référant à ses sources.
Selon ses informations, des images par satellite d'un cimetière militaire à Kigali, la capitale rwandaise, montrent au moins 600 nouveaux tombeaux depuis la reprise des opérations du Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par les troupes du Rwanda en RDC il y a trois ans. Deux hauts responsables du renseignement ont fait savoir au quotidien que les pertes réelles de l'armée rwandaise pourraient se chiffrer à des milliers d'hommes, mais qu'il était difficile d'établir des chiffres exacts.
Une autre source précise que des soldats rwandais ont été enterrés en secret dans des fosses communes en RDC, car le rapatriement de leurs corps a été impossible. Selon lui, la morgue de Kigali est comblée, alors que l'hôpital militaire a reçu une aile supplémentaire pour abriter des blessés.
Afrique du Sud: les drapeaux nationaux en berne en hommage aux soldats tués en RDC
Le président de la République d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa a chargé de mettre en berne les drapeaux nationaux pour une durée de sept jours en hommage aux soldats sud-africains tués en janvier dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a fait savoir l’administration présidentielle sud-africaine.
"Le président Ramaphosa a émis une directive suite à la perte tragique de quatorze soldats sud-africains qui étaient en mission de paix dans l'est de la RDC", indique le communiqué. Les corps des soldats décédés devraient être rapatriés de la RDC vers l'Afrique du Sud dans les prochaines heures.
Tous les soldats décédés faisaient partie du contingent sud-africain des forces de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et étaient stationnés près de Saké et de Goma. Le commandant de la Force de défense nationale sud-africaine, le général Rudzani Maphwanya, a déclaré lors d'une audition parlementaire que les soldats n'avaient pas été tués en combattant les rebelles, mais lors de tirs croisés entre les unités régulières congolaises et rwandaises. Un cessez-le-feu est désormais en place entre le contingent sud-africain et les rebelles.
Pour rappel, les autorités de la RDC avaient conclu fin 2023 un accord avec la SADC pour déployer des forces communautaires dans l’est du pays afin d’endiguer les rebelles. Les forces de la SADC ont pour mandat de participer directement aux opérations de combat. L’Afrique du Sud avait déployé environ 1.800 soldats dans l’est de la RDC. La force de la SADC comprend également des contingents du Malawi et de la Tanzanie. Le président du Malawi, Lazarus Chakwera, a ordonné le 5 février de commencer les préparatifs pour le retrait du contingent national de la RDC.
L'ambassadeur du Rwanda à l'ONU accuse la RDC de préparer une attaque contre son pays
La République démocratique du Congo (RDC) planifiait une attaque contre le Rwanda voisin et Kigali en a des preuves, a déclaré l'ambassadeur du Rwanda auprès de l'ONU, James Ngango.
"Nous sommes catégoriquement contre les tentatives de la RDC de présenter le Rwanda comme responsable de l'instabilité dans l'est de la RDC. Cependant, il est clair que la situation actuelle constitue une menace inévitable pour le Rwanda. Après la chute de Goma, de nouvelles preuves sont apparues concernant une attaque imminente et de grande envergure contre le Rwanda", a-t-il annoncé, en s'exprimant à Genève lors d'une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l'homme.
M. Ngango a ajouté qu'il y avait un dépôt d'armes dans la zone de l'aéroport de Goma.
Les rebelles du M23 contrôlent presque entièrement la ville de Goma, principale ville de l'est de la RDC et capitale du Nord-Kivu. Corneille Nangaa, chef de la plateforme politico-militaire dont fait partie le M23, a annoncé la création d'un comité chargé d’administrer la ville.
Sur décision du gouvernement du président Félix Tshisekedi, le chef-lieu du Nord-Kivu a été temporairement déplacé de Goma à la ville de Beni. Celle-ci est située à 244 km au nord de Goma, près de la frontière avec l'Ouganda.
La Russie a transféré à la RDC un laboratoire mobile pour le diagnostic des infections
Le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC) a reçu un laboratoire mobile de surveillance et de diagnostic offert par la Russie afin de lutter contre les maladies infectieuses dangereuses, a indiqué aux journalistes le service de presse de l’agence russe de surveillance du bien-être humain, Rospotrebnadzor.
"Le laboratoire mobile transféré, créé par Rospotrebnadzor et équipé de matériel russe moderne, renforcera l'infrastructure de laboratoire de la République démocratique du Congo et permettra de diagnostiquer rapidement en laboratoire les maladies infectieuses dangereuses dans les régions reculées du pays et directement dans les foyers d'infection", indique le communiqué.
Le transfert du laboratoire s'inscrit dans le cadre de la coopération russo-congolaise dans la lutte contre les infections. Au cours des deux dernières années, des équipements et des tests de dépistage ont été transférés, et plus de 60 spécialistes congolais ont été formés.
"Cette année, 50 autres spécialistes seront formés à la prévention des infections. En outre, Rospotrebnadzor, en collaboration avec ses partenaires congolais, mènera des recherches scientifiques en Afrique sur les infections dangereuses, ainsi que les maladies diarrhéiques", a conclu le service de presse.
DCK