Le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, a déclaré: "Nous réitérons notre appel à un dialogue direct avec le gouvernement congolais pour traiter les causes profondes du conflit et établir une paix durable dans notre pays".
Le journal rwandais New times, citant M. Kanyuka a déclaré que les rebelles s'engageaient à trouver une solution pacifique au conflit, qui dure depuis plus de trente ans.
Le gouvernement de la RDC rejette tout dialogue direct avec le M23, qu'il considère comme un groupe terroriste. De son côté, le Rwanda refuse de continuer à travailler sur un accord de règlement avec la RDC tant que les autorités congolaises n'auront pas entamé un dialogue avec le M23.
La semaine dernière, des détachements du M23 soutenus par l'armée rwandaise se sont emparés de la capitale de la province congolaise du Nord-Kivu, la ville de Goma. Ils avancent maintenant vers Bukavu, la capitale de la province voisine du Sud-Kivu. Les rebelles se trouvent à 60 kilomètres de la ville, qui compte plus d'un million d'habitants.
Le Rwanda rejette les accusations de participation aux hostilités en RDC
La diplomatie rwandaise rejette les accusations de la Communauté de développement d'Afrique australe (CDAA) concernant la participation de l'arme du Rwanda aux combats en République démocratique du Congo (RDC) du côté des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).
"Le Rwanda rejette les accusations à l'encontre des Forces de défense du Rwanda (FDR) présentées dans un communiqué du sommet extraordinaire de la CDAA, organisé le 31 janvier 2025, précise un communiqué publié sur le site du ministère. Les FDR protègent les frontières du Rwanda contre les menaces et défendent les civils au lieu de les attaquer."
Dans le même temps, la diplomatie rwandaise a accusé la CDAA de "soutenir la guerre du gouvernement de la RDC contre son propre peuple", autrement dit les rebelles du M23 et les groupes ethniques représentés par ces derniers. Elle accuse également les autorités congolaises de vouloir attaquer le Rwanda et renverser son gouvernement.
Qui plus est, Kigali estime que les forces de maintien de la paix de la CDAA envisageaient de lancer une offensive contre le Rwanda avec l'armée congolaise.
Burundi: le conflit dans l'est de la RDC menace de plonger la région dans la guerre
Le conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) risque de se transformer en guerre régionale, a averti le président burundais Evariste Ndayishimiye dans un discours devant les diplomates à Bujumbura.
"Si l'est du Congo n'a pas la paix, la région n'a pas la paix. Si ça continue comme ça, la guerre risque de se généraliser dans la région."
Il a ajouté que le conflit pourrait enflammer non seulement la RDC et le Rwanda, mais aussi se propager au Burundi ainsi qu’à la Tanzanie, à l'Ouganda et au Kenya.
Evariste Ndayishimiye a accusé le Rwanda voisin de déstabiliser la région. "Je sais que la guerre arrivera même au Burundi si le Rwanda continue à réaliser des conquêtes. […] Aujourd’hui, le Rwanda avance en RDC. Demain, il viendra au Burundi. Nous savons qu’il est en train de former des jeunes réfugiés burundais pour les aguerrir dans cette guerre. Nous sommes avertis."
Il a également appelé la communauté internationale à prendre "au sérieux" la crise dans les régions orientales de la RDC.
Les gouvernements de la RDC et du Burundi ont signé en été 2023 un accord de coopération militaire. Un contingent de forces burundaises de quelque 10.000 hommes est actuellement déployé dans l'est de la RDC, principalement dans le secteur du chef-lieu de la province du Sud-Kivu, Bukavu, qui subit une offensive des rebelles avec le soutien de l'armée rwandaise.
Plus de 770 personnes ont été tuées à Goma depuis le 26 janvier
Depuis que le groupe armé Mouvement du 23 mars (M23) a pris le contrôle de la ville de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le 26 janvier, 773 personnes ont été tuées. C’est ce qu’a rapporté l’agence Reuters, citant le ministère congolais de la Santé.
Ce dernier précise que ce chiffre a été communiqué par les hôpitaux et les morgues de la ville. Le ministère souligne que de nombreux corps gisent encore dans les rues de Goma, car les morgues sont saturées. La veille, les Nations unies faisaient état de 700 morts et 2.800 blessés.
Les rebelles du M23 contrôlent désormais presque entièrement la ville, mais des échanges de tirs sporadiques se font encore entendre dans les quartiers nord de Goma. Jeudi, le groupe armé avait mis en place un comité pour gouverner la ville. L’approvisionnement en électricité et en eau a été rétabli vendredi dans les quartiers sud de Goma.
Le gouvernement congolais a provisoirement transféré la capitale du Nord-Kivu à Beni, située à 244 km de Goma, près de la frontière avec l’Ouganda.
Goma frappée par une crise sécuritaire et sanitaire
Goma, capitale du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a été frappée par une crise sécuritaire et sanitaire, rapporte Arfica CDC.
"La situation à Goma constitue une bombe à retardement, précise son message sur X. Si nous ne prenons pas de mesures d'urgence, nous pourrions faire face à une crise épidémique comparable à celle de Covid-19. Goma a été frappée par une crise sanitaire et sécuritaire inédite. Plus d'un million de personnes déplacées sont menacées par les hostilités et des épidémies mortelles."
Africa CDC appelle les dirigeants africains à prendre des mesures d'urgence afin de prévenir une catastrophe sanitaire majeure. Cela concerne notamment le risque de mutation du virus de variole du singe, car Goma a été la source de propagation de cette maladie vers 21 pays d'Afrique.
DCK