Au cœur de ces révélations, l’ancien ministre de la sécurité de feu Gnassingbé Eyadéma, le Chef d’Escadron François Akila Boko. Exilé en France après avoir dénoncé le massacre qui se préparait à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril 2005, François Boko, s’est prononcé sur la gouvernance de Faure Gnassingbé, les réseaux qui l’entourent ainsi que le curieux laxisme de la France, après le bombardement par des Bélarusses qui a fait deux victimes au sein de l’armée française en mission de pacification.
Sur le plan de la gouvernance économique, l’ancien ministre de la sécurité actuellement recruté par l’Union Européenne dans le cadre d’un programme de réforme de la justice au Cameroun, a été sans concession vis-à-vis de Faure Gnassingbé. « Faure Gnassingbé ne fait aucun effort pour engager des réformes courageuses devant mettre le pays sur la voie du développement, mais se complait dans les structures que son père a laissées dans le pays avant sa mort », aurait confié M. Boko, selon les notes diplomatiques obtenues par Wikileaks.
L’entourage du successeur de Faure Gnassingbé n’est pas non plus épargné. « Le cercle restreint qui entoure le président togolais, y compris les occidentaux comme Montoya et Debbasch, continue tout bonnement de mener des activités louches, ce qui avantage largement Faure Gnassingbé et ces derniers », ajoute la note avant de poursuivre que « ces activités criminelles ou quasi criminelles, permettent à Faure Gnassingbé, de mener une vie confortable, à la limite, luxurieuse ». Ce qui justifie l’absence de volonté d’opérer des réformes ambitieuses de nature à séduire la communauté internationale et amener les investisseurs à accourir au Togo. « Cette situation cause un grand tort au pays », selon François Boko entre temps, inscrit au barreau de Paris.
Mais cette absence de volonté fait aussi de Faure Gnassingbé, un « indésirable » auprès de certains Chef d’Etat de renommée. « Faure Gnassingbé est incapable de gagner la reconnaissance de la Communauté internationale », constate l’ancien ministre. Selon lui, Faure Gnassingbé aurait 09 femmes, l’une d’elle serait la cousine du leader de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio et une autre est la fille de l’ancien président ghanéen John Kufuor. Selon Me Boko « ces alliances sont très utiles politiquement au fils d’Eyadéma ».
Me. François Boko a fustigé les activités mafieuses de Robert Montoya (trafiquant d’armes) qui avait des entrées à la présidence togolaise depuis l’époque de Gnassingbé Eyadéma ainsi que celles de Charles Debbasch. Ce dernier impliqué dans une affaire d’escroquerie en France, s’est mis à l’abri de la justice française à Lomé, où il détient un passeport diplomatique ». Ce qui lui a permis de se rendre en France en 2005, sans être inquiété pour le moindre au monde. Qualifié de mercenaire en col blanc, ce juriste est le principal auteur des « toilettages des textes », au Togo. Il était aussi au cœur de la bataille entre Vincent Bolloré et Jacques Dupuydauby, pour le contrôle du port de Lomé.
Me François Boko, s’est également interrogé sur l’attitude de la France envers le Togo, où se sont retrouvés deux Bélarusses qui ont bombardé des positions de l’armée française en Côte d’Ivoire, faisant deux morts. Dans une confidence faite à un diplomate américain, le ministre togolais a exprimé son étonnement de voir que la France ne se montrait pas « préoccupée outre mesure par le fait que Faure Gnassingbé ne veuille pas initier des réformes ». Selon lui, la France semble prête à refaire au Togo, ce qu’elle a fait plusieurs fois par le passé.
Les révélations de Wikileaks sur le Togo
Le site de l?Australien Julian Assange, continue par troubler le sommeil de nombreuses capitales. Le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé jusque là épargné, vient d?en avoir pour ses révélations.