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Cameroun : Maurice Kamto saisit l’Union Africaine et dénonce un “coup d’État constitutionnel”

Le MRC de Maurice Kamto alerte l’Union Africaine sur un “changement anticonstitutionnel” au Cameroun après une révision controversée de la Constitution. Risque de crise politique majeur.

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Yaoundé sous tension politique. Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par le Pr Maurice Kamto, passe à l’offensive sur la scène internationale. Dans un communiqué rendu public ce 23 avril 2026, le principal parti d’opposition annonce avoir officiellement saisi l’Union Africaine (UA) pour dénoncer ce qu’il qualifie de « changement anticonstitutionnel de gouvernement » au Cameroun.


Une alerte formelle adressée aux plus hautes instances africaines


Selon le MRC, un mémorandum daté du 20 avril 2026 a été transmis au Président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA ainsi qu’au Président de la Commission de l’organisation panafricaine. Le parti y expose une série de décisions récentes qu’il juge contraires aux normes démocratiques et aux engagements internationaux du Cameroun.


Au cœur de la contestation : la loi n°2026/002 du 14 avril 2026, qui introduit un poste de Vice-Président de la République. Une réforme qui, selon le MRC, bouleverse l’équilibre institutionnel.


Une succession présidentielle désormais sans élection ?


Le texte prévoit que le Vice-Président, nommé par le chef de l’État en fonction, puisse achever le mandat présidentiel en cas de vacance ou d’empêchement définitif. Pour le parti de Maurice Kamto, ce mécanisme constitue une rupture majeure avec le principe du suffrage universel, en permettant au président de désigner indirectement son successeur.


Le MRC y voit une violation des « principes démocratiques » consacrés par la Constitution camerounaise, notamment en son article 64, ainsi que des engagements pris par le Cameroun au sein de l’Union Africaine, en particulier la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).


Reports électoraux en série : la légitimité des institutions questionnée


Autre point de crispation : les reports répétés des élections législatives et municipales depuis 2024. Selon le MRC, ces prorogations successives empêchent le renouvellement normal des mandats électifs et affaiblissent la légitimité des institutions représentatives.


Le parti estime que cette situation prive les citoyens de leurs droits politiques fondamentaux, notamment celui de voter et de participer à la gestion des affaires publiques.


Le spectre de sanctions de l’Union Africaine


Face à ces éléments, le MRC demande explicitement à l’Union Africaine d’appliquer les mécanismes de sanction prévus en cas de changement anticonstitutionnel de gouvernement, conformément à l’article 4(p) de l’Acte constitutif de l’UA.


Le parti alerte également sur un risque accru de crise politique, susceptible d’affecter la stabilité, la sécurité et la cohésion nationale.


Appel à la vigilance et mobilisation citoyenne


Dans son communiqué, Maurice Kamto appelle les Camerounais à la vigilance et à la mobilisation, évoquant le danger d’une dérive vers un système non démocratique. Le MRC encourage notamment la signature massive d’une pétition contre ce qu’il considère comme une remise en cause de l’ordre constitutionnel.




Cameroon: Maurice Kamto petitions the African Union over “constitutional coup” concerns


Political tensions are rising in Yaoundé as the Cameroon Renaissance Movement (MRC), led by Maurice Kamto, has formally referred the situation in Cameroon to the African Union (AU). In a statement released on April 23, 2026, the opposition party denounces what it describes as an “unconstitutional change of government.”


According to the MRC, a memorandum dated April 20, 2026, was submitted to top AU officials, highlighting recent decisions that allegedly undermine democratic principles and Cameroon’s international commitments.


At the center of the controversy is Law No. 2026/002 of April 14, 2026, which introduces the position of Vice President. The reform allows the appointed Vice President to complete the presidential term in case of vacancy, effectively enabling the sitting president to designate a successor without an election.


The MRC argues that this violates both Cameroon’s Constitution and the African Charter on Democracy, Elections and Governance (ACDEG), stressing that sovereignty should remain with the people through elections.


The party also criticizes the repeated postponement of legislative and municipal elections since 2024, which it says weakens institutional legitimacy and deprives citizens of their political rights.


Calling for action, the MRC urges the African Union to enforce its legal instruments against unconstitutional changes of government, warning of a potential political crisis that could threaten national stability.



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Ange NGO

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