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Distribution des journaux: la nouvelle donne

La rupture du contrat avec Messapresse est consommée. Les éditeurs vivent une nouvelle aventure dans la distribution de leurs publications.

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Ce 7 août 2017 est donc arrivé lundi dernier. C’est la date d’arrêt définitif de la distribution des journaux camerounais décidée par Messapresse. L’annonce avait en son temps fait l’objet d’une large diffusion. Cette rupture de contrat peut être assimilée à un divorce après plusieurs années de mariage. Une séparation qui arrange apparemment tout le monde. Les éditeurs des journaux nationaux et Messapresse se montrent, de part et d’autre, soulagés. Au quotidien « Le Messager », Jean-Francois Channon, coordinateur de la rédaction explique : « Pour le moment, le Messager s’organise en interne pour sa distribution. Nous avons déjà fait cela autrefois », affirme-t-il. Haman Mana, directeur de publication de « Le Jour » se contente de présenter un cliché pour brosser le tableau : « Il y a 20 ans, on dénombrait une centaine de points de vente de journaux étendus sur dix provinces. De nos jours, c'est une dizaine de points, sur deux villes ».




A vrai dire, le communiqué de Messapresse informant les éditeurs que l’entreprise arrêtait définitivement le contrat ce 7 août 2017 n’avait effrayé personne. Chaque organe de presse avait déjà son plan de vie sans Messapresse. La Sopecam par exemple, expérimente une nouvelle option depuis le 3 juillet dernier. « Notre difficulté majeure avec Messapresse était l’accumulation des arriérés. L’ardoise mettait en difficulté la trésorerie de la société et menaçait sa capacité à faire face à ses charges », explique Honoré Koumé, directeur commercial et marketing. Cette situation s’ajoute à l’augmentation du taux d’invendus. « Nous nous sommes retrouvés avec un taux d’invendus de plus de 50% alors qu’on demandait à Messapresse d’inverser la courbe», ajoute Honoré Koumé. Le coup de massue pour les éditeurs de journaux a été la diminution des points de vente. Ce qui, évidemment, a entraîné la chute libre des volumes de vente.




Laurent Boin, directeur général de Messapresse ne désespère pas quant à une possible réconciliation. « Les éditeurs peuvent concéder plus tard à se reajuster et revenir à nous », espère-t-il.



 



La parole aux acteurs



Haman Mana: « On peut envisager les choses autrement »



Président de Fedipresse, Directeur de publication de « Le Jour ».




« Je crois qu'il faut ramener ce problème à ce qu'il est: distribuer les journaux, c'est mettre à la disposition de ceux qui veulent les acheter, les produits presse, de manière à les inciter à l'achat. Il y a une spécificité avec ce produit : l’information se périme rapidement. Ce qui importe, c'est de la technique commerciale... Le Jour est parti sur un envol de 30 % de ses revenus "papier". C'est un indice qui ne trompe guère : entre le pourcentage de Messapresse et l'opacité dans la gestion des invendus, nous avons saigné, vraiment. Aujourd'hui, j'espère qu'en reprenant en main notre destin, on peut envisager les choses autrement. Les éditeurs de journaux partent d'un modèle vers un autre. Il y a des kiosquiers expérimentés qui ont pris avec bravoure et efficacité le relai. »



Laurent Boin: « Un sentiment de gâchis »



Directeur général de Messapresse.




« Je ressens un sentiment de gâchis au moment où Messapresse se sépare des promoteurs de la presse locale. Je suis en même temps habité par la volonté de maintenir la structure que je dirige équilibrée dans ses activités de distribution de la presse internationale et la distribution des livres. En ce moment, Messapresse est fortement occupée par la rentrée scolaire. La distribution des livres représente 60% de son chiffre d’affaires et la distribution de la presse internationale, 20%. Cela signifie que 80% de ce chiffre d’affaires sont saufs. Les deux pans d’activités vont davantage être développés en attendant que la situation se normalise. Il n’est pas exclu que les responsables de la presse nationale s’aperçoivent plus tard qu’il faut s’ajuster et revenir vers nous. »



François Channon : « Messapresse ne répondait plus à nos aspirations »



Coordonnateur de la Rédaction, Le Messager.




« Nous allons nous habituer à un nouveau métier : la distribution des journaux. Pour cela, la séparation avec Messapresse se vit avec beaucoup d’appréhensions. Mais la vérité est que Messapresse ne répondait plus aux aspirations de la plupart des éditeurs de journaux. Elle n’avait pas une politique de proximité avec les consommateurs. Ce n’était pas acceptable ! Il faut que le distributeur aille vers les consommateurs pour une distribution efficace. Il y va de la survie même de la presse. »           

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