189 journalistes tués en deux ans : l’Unesco alerte, six œuvres de Picasso retrouvées après un vol en France
La sécurité des journalistes et la protection du patrimoine artistique restent deux préoccupations majeures sur la scène internationale. Selon un rapport de l’Unesco, 189 professionnels des médias ont perdu la vie en raison de leur activité entre 2024 et 2025. En France, une enquête de gendarmerie a parallèlement permis de retrouver six gravures signées Pablo Picasso, dérobées dans un restaurant des Alpes-Maritimes.
La culture et la liberté d'expression sont confrontées à des menaces persistantes dans le monde. Entre les journalistes qui risquent leur vie pour informer et les œuvres d'art convoitées par les réseaux de voleurs, deux affaires illustrent les défis auxquels sont confrontés la protection de l'information et la sauvegarde du patrimoine culturel.
189 journalistes tués entre 2024 et 2025 : une hausse alarmante selon l’Unesco
Le bilan est particulièrement préoccupant. Au total, 189 journalistes ont été tués dans le monde en raison de leur activité professionnelle entre 2024 et 2025, soit une augmentation de 20 % par rapport à la période 2022-2023.
Ces chiffres figurent dans le rapport du Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) consacré à la sécurité des journalistes et au danger de l’impunité.
Les zones de conflit armé concentrent l’essentiel de ces drames. Sur les 189 professionnels des médias tués, 127 ont perdu la vie dans des pays confrontés à des conflits armés.
Le rapport souligne également une évolution particulièrement inquiétante des méthodes utilisées contre les journalistes. Cinquante d'entre eux auraient été tués par des véhicules aériens sans pilote, communément appelés drones, dans six pays répartis sur quatre régions du monde.
La Palestine arrive en tête des territoires les plus meurtriers avec 62 journalistes tués. Le Mexique suit avec 17 victimes, devant le Soudan qui en compte 14. En Ukraine, le conflit a coûté la vie à 12 professionnels des médias au cours de la période considérée.
Les reporters pris pour cible jusque dans leurs lieux de travail
Au-delà des pertes humaines, l’Unesco attire l’attention sur les conditions particulièrement dangereuses dans lesquelles travaillent les reporters, notamment dans les zones de guerre.
Les journalistes locaux et internationaux sont exposés aux tirs croisés, mais également à des attaques délibérées, y compris lorsqu'ils se trouvent loin des lignes de front.
Le rapport fait état de 36 journalistes qui auraient été tués lors d'attaques visant des locaux de presse provisoires sur le terrain ou leurs lieux de travail dans quatre pays. Dans l'un des cas documentés, une seule attaque aurait fait neuf victimes parmi les professionnels des médias.
Cette situation souligne la fragilité des mécanismes de protection des journalistes, même lorsque leur présence sur le terrain répond à une mission d'information.
Impunité : seuls 14 % des assassinats de journalistes ont donné lieu à une enquête conclue
L'autre dimension préoccupante concerne la justice. Au cours des vingt dernières années, l'Unesco a recensé environ 1 600 journalistes tués dans le monde. Pourtant, seuls 14 % de ces affaires auraient donné lieu à une enquête conclue.
L'impunité demeure ainsi l'un des principaux obstacles à la sécurité des professionnels des médias. L'absence de réponses judiciaires suffisantes peut favoriser la répétition des violences et fragiliser davantage la liberté de la presse.
Le rapport relève néanmoins une évolution positive dans les pays qui ne sont pas touchés par des conflits armés. La proportion d'enquêtes non abouties y est passée de 94 % en 2012 à 77 % en 2026.
Une amélioration qui reste toutefois insuffisante au regard de l'ampleur du phénomène.
« Pourtant, l'engagement en faveur de la liberté de la presse est plus que jamais d'actualité, car elle reste gravement menacée, tant dans les zones de conflit que dans les régions pacifiques, et les journalistes continuent d'en payer le prix fort », a déclaré le directeur général de l'Unesco, Khaled El-Enani.
France : sept personnes interpellées après le vol de six gravures de Picasso
Pendant que l'Unesco alerte sur les menaces qui pèsent sur les acteurs de l'information et de la culture, une autre affaire retient l'attention en France. La gendarmerie a interpellé sept personnes dans le cadre de l'enquête sur le vol de six gravures signées Pablo Picasso dans un restaurant situé à Mougins, dans les Alpes-Maritimes.
Les faits remontent à la nuit du 1er au 2 octobre 2026. Selon les informations communiquées par le ministère français de l'Intérieur, deux individus cagoulés et gantés se sont introduits par effraction dans le restaurant L'Amandier, situé dans le vieux village de Mougins. Un troisième suspect assurait la surveillance depuis un véhicule stationné à proximité.
Les malfaiteurs ont emporté six gravures attribuées au célèbre artiste espagnol Pablo Picasso.
Le préjudice est difficile à évaluer précisément en raison de la nature des œuvres, mais il dépasse les 100 000 euros, selon le ministère français de l'Intérieur.
Les six œuvres retrouvées en parfait état
Après un mois d'investigations, les gendarmes sont parvenus à identifier les personnes impliquées dans cette affaire. Les recherches ont notamment permis de remonter jusqu'à des receleurs et des complices présumés qui auraient fourni un soutien logistique aux auteurs directs du cambriolage.
Au total, sept personnes sont actuellement placées en garde à vue dans le cadre de cette enquête.
La bonne nouvelle concerne surtout le sort des œuvres dérobées. Les six gravures de Picasso ont été retrouvées en parfait état, puis restituées à leur propriétaire.
Cette issue permet d'éviter la disparition ou la dégradation d'œuvres dont la valeur dépasse leur simple estimation financière. Elle rappelle également les enjeux de la lutte contre le trafic et le recel de biens culturels.
Liberté d'informer et protection du patrimoine : deux enjeux internationaux
Ces deux affaires, bien que distinctes, mettent en lumière les difficultés persistantes liées à la protection des acteurs et des biens culturels.
D'un côté, les journalistes continuent de payer un lourd tribut pour exercer leur métier, particulièrement dans les zones de guerre, tandis que l'impunité demeure une réalité préoccupante. De l'autre, les œuvres d'art restent exposées aux cambriolages et aux réseaux de revente illicite.
Pour l'Unesco, la défense de la liberté de la presse ne peut être dissociée de la nécessité de garantir la sécurité des professionnels de l'information. La récupération des gravures de Picasso en France montre, quant à elle, l'importance des investigations et de la coopération des services chargés de protéger le patrimoine artistique.
Deux dossiers différents, mais un même impératif : préserver ce qui permet aux sociétés de transmettre leur histoire, leur mémoire et leur culture.
189 Journalists Killed Worldwide in Two Years: UNESCO Raises Alarm as Six Stolen Picasso Prints Are Recovered in France
Journalists' safety and the protection of artistic heritage remain major international concerns. According to a UNESCO report, 189 journalists were killed worldwide because of their professional activities between 2024 and 2025. Meanwhile, French authorities have recovered six prints signed by Pablo Picasso that were stolen from a restaurant in the Alpes-Maritimes region.
Freedom of expression and cultural heritage continue to face serious threats around the world. From journalists risking their lives to report the news to criminal networks targeting valuable artworks, two separate cases highlight the challenges of protecting information and preserving cultural heritage.
189 journalists killed between 2024 and 2025, UNESCO reports
The figures are alarming. A total of 189 journalists were killed worldwide because of their professional activities between 2024 and 2025, representing a 20% increase compared with the 2022-2023 period.
The figures are contained in a report by the Director-General of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), focusing on journalists' safety and the dangers of impunity.
Armed conflict zones account for the majority of these deaths. Of the 189 journalists killed, 127 lost their lives in countries experiencing armed conflicts.
The report also highlights an increasingly worrying development in the methods used against journalists. Fifty journalists were reportedly killed by unmanned aerial vehicles, commonly known as drones, across six countries in four different regions.
Palestine recorded the highest number of journalist fatalities, with 62 deaths. Mexico followed with 17, while Sudan recorded 14. In Ukraine, the ongoing conflict claimed the lives of 12 media professionals during the period under review.
Journalists increasingly targeted, even at their workplaces
Beyond the death toll, UNESCO highlights the extremely dangerous conditions faced by reporters, particularly in conflict zones.
Both local and international journalists face the risk of crossfire and deliberate attacks, including incidents occurring far from the front lines.
The report states that 36 journalists were reportedly killed in attacks targeting temporary media facilities in the field or their workplaces across four countries. In one incident, a single attack claimed the lives of nine journalists.
These findings underline the growing vulnerability of media professionals, even when they are carrying out their essential reporting duties.
Impunity remains a major concern: only 14% of cases concluded with investigations
Another major concern is the lack of accountability. Over the past 20 years, UNESCO has recorded approximately 1,600 journalists killed worldwide. However, only 14% of these cases reportedly resulted in completed investigations.
Impunity remains one of the biggest obstacles to journalists' safety. The lack of effective judicial responses risks encouraging further violence and undermining press freedom.
Nevertheless, the report identifies some progress in countries not affected by armed conflict. The proportion of unresolved investigations declined from 94% in 2012 to 77% in 2026.
Although this represents an improvement, the figures remain concerning.
"Yet the commitment to press freedom is more relevant than ever, as it remains seriously threatened both in conflict zones and in peaceful regions, and journalists continue to pay a heavy price," said UNESCO Director-General Khaled El-Enani.
France: Seven people arrested over the theft of six Picasso prints
While UNESCO raises concerns about threats facing journalists and cultural professionals, another case has attracted attention in France. Gendarmerie officers have arrested seven people in connection with the theft of six prints signed by Pablo Picasso from a restaurant in Mougins, in the Alpes-Maritimes department.
The incident took place during the night of October 1-2, 2026. According to France's Interior Ministry, two masked and gloved individuals broke into the L'Amandier restaurant in the old village of Mougins. A third suspect reportedly acted as a lookout from a vehicle parked nearby.
The burglars stole six prints attributed to the renowned Spanish artist Pablo Picasso.
The financial loss is difficult to assess precisely because of the artistic nature of the works, but it exceeds €100,000, according to the Interior Ministry.
All six artworks recovered in perfect condition
After a month of investigations, gendarmes identified several individuals allegedly involved in the theft. Investigators also traced suspected receivers of stolen goods and accomplices who allegedly provided logistical support to the perpetrators.
Seven people are currently in police custody as part of the investigation.
The positive development is that all six Picasso prints were recovered in perfect condition and returned to their owner.
The recovery prevented the possible disappearance or deterioration of artworks whose cultural value goes beyond their financial worth. It also highlights the importance of combating the trafficking and illegal resale of cultural property.
Press freedom and cultural heritage: two major international challenges
Although the two cases are unrelated, they highlight persistent challenges in protecting cultural actors and assets.
On one hand, journalists continue to pay a heavy price for doing their jobs, particularly in war zones, while impunity remains a serious concern. On the other hand, valuable artworks remain vulnerable to burglaries and illicit resale networks.
For UNESCO, defending press freedom must go hand in hand with ensuring the safety of media professionals. The recovery of the Picasso prints in France, meanwhile, demonstrates the importance of investigative work and law enforcement efforts in protecting artistic heritage.
Two different cases, but one shared imperative: protecting the people and cultural assets that help societies preserve their history, memory and identity.
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Viviane GEMELE