La production des journaux requiert des efforts soutenus et des moyens considérables. Qu’il s’agisse des quotidiens, des hebdomadaires ou des magazines. La mission d’une entreprise de presse ne s’arrête cependant pas à la production. Le volet de la commercialisation revêt aussi une dimension particulière, puisque ce sont essentiellement les ventes qui permettent d’assurer le fonctionnement des structures de presse notamment à côté des autres sources de revenus tels que la publicité.
S’en tenant à l’expertise de Messapresse en matière de distribution des journaux, les entreprises locales de presse lui avaient confié l’écoulement de leurs publications sur le marché moyennant un taux de commission de 33 %. Cette commission était suffisamment importante pour permettre de distribuer les journaux nationaux sur l’ensemble du territoire national, tout en reversant le produit des ventes aux ayant-droits et en mettant à leur disposition les invendus. Ces clauses n’avaient malheureusement pas toujours été respectées par le distributeur. Lequel avait parfois privilégié les métropoles de Yaoundé et de Douala au détriment des villes secondaires, privant ainsi de nombreuses populations de la lecture des journaux. Il faut encore souligner que la répartition des kiosques dans les métropoles n’était pas systématique. Ceux- ci avaient davantage été concentrés dans les périmètres urbains.
Le reversement des produits des ventes des journaux avait constitué l’autre motif de brouille. Si le distributeur avait aisément prélevé sa commission en amont, le paiement des sommes dues aux éditeurs avait posé d’énormes soucis à ces derniers. Il en avait également été ainsi des invendus. Ces dysfonctionnements avaient été portés à l’attention du ministère de la Communication. Plusieurs solutions avaient été envisagées notamment, le regroupement des éditeurs pour créer une nouvelle entreprise de distribution de journaux, la responsabilisation d’une entreprise aguerrie pour distribuer les journaux locaux et la mise sur pied d’une entreprise de distribution des journaux. Aucune des solutions globales envisagées n’a été concrétisée pour le moment.
Toujours est-il que malgré ces dysfonctionnements, les éditeurs de la presse locale avaient continué à coopérer avec Messapresse. Jusqu’au jour où le distributeur a unilatéralement décidé de porter le taux de la commission de 33 % à 49 %. Non seulement il a pris la décision d’augmenter le taux de la commission sans consulter ses partenaires, mais aussi et surtout, il leur a prescrit de s’y conformer à partir du 3 juillet denier. Les éditeurs de presse ont opposé une fin de non recevoir à la demande du distributeur jugée exagérée. L’ancien distributeur a pris acte de la désapprobation des éditeurs locaux en se retirant de la distribution de la presse camerounaise « au plus tard le lundi 7 août 2017 ». Depuis lors, les éditeurs de la presse locale s’organisent pour écouler leurs produits sur le marché.