Dans la région de l’Est, on ne voyait ça qu’à la télé. Mais mardi 18 juin 2013, la réalité était palpable dans la salle des conférences de la Cnps de Bertoua. Des espèces sonnantes et trébuchantes d’une valeur de 30 millions Fcfa, ont été remises en main propre aux responsables des municipalités, en direction des jeunes excellant dans des activités de petits revenus. Pour cette première descente sur le terrain d’une forte délégation du projet d’appui aux acteurs du secteur informel (Piaasi), une institution coordonnée par Claude Méloné Loe, Wapie Jean Pierre, Mbele Modeste et Side Salomon, respectivement maires des communes d’arrondissements de Bertoua 1er, Bertoua 2ème et Mandjou, ont reçu chacun 10 millions FCfa comme appuis financiers du gouvernement. Pour le coordonateur national du Piaasi, «il s’agit d’une nouvelle stratégie qui a été conçue et adoptée par la haute hiérarchie, pour contourner le phénomène de refus de remboursement de la plupart des jeunes qui parfois prenaient les moyens à eux alloués et se délocalisaient, pour une fuite. Alors, à travers les communes désormais, nous sommes assurés de rentrer dans ces fonds, parce que ce sont les maires qui vont bientôt assurer le recouvrement avec nos collaborateurs».
Afin d’éviter le flou dans le casting des bénéficiaires et pour que les maires ne gardent pas cet argent pour la campagne électorale qui approche à grands pas, Claude Méloné Loe assure que «les jeunes seront sélectionnés par le soin des maires avec nos collaborateurs, à l’instar du délégué régional de l’emploi et de la formation professionnelle de l’Est qui, avec mes collaborateurs du Piaasi, vont superviser cette opération, pour que ces jeunes soient choisis parmi les meilleurs dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage, du petit commerce et les métiers les plus porteurs en ce moment». Crée en 2002 après l’éligibilité du Cameroun aux ressources Ppte, l’on retient du discours officiel tenu par Mme Akono née Ngazang Rachelle, secrétaire général des services du gouverneur de l’Est, que « le Piaasi a démarré ses activités en 2006 pour une phase pilote de 3 ans. L’objectif principal à lui assigné était donc l’accompagnement des jeunes du secteur informel et chercheurs d’emploi sur l’ensemble du territoire national tant en zone urbaine que rurale ».
Activités
Dans la région de l’Est en général et Bertoua en particulier, le secteur informel se manifeste de différentes façons. Les activités informelles vont des travaux nécessitant peu ou pas de capitaux et de compétences. Il s’agit de «la vente à la sauvette, le cirage de chaussures, la préparation de produits alimentaires et d’autres activités mineures». Tout à côté, des travaux impliquant un certain investissement en termes de capitaux et de compétences et ayant une productivité plus élevée, comme «la confection de vêtements sur mesure, la réparation de voitures et le transport par mototaxi». Certaines activités du secteur informel sont aussi des activités traditionnelles comme l’artisanat ou la préparation de produits alimentaires.
Financement: Le Piaasi offre 30 millions Fcfa au secteur informel
A titre expérimental, ces fonds visent à encadrer les acteurs de ce secteur qui constitue un maillon important de l'économie nationale.