Selon les magistrats financiers, la SRC a consacré à plusieurs reprises plus que ce qu’elle générait au paiement de son personnel. Le cas le plus critique remonte à 2020, année marquée par la crise sanitaire mondiale. Le rapport indique que l’entreprise a mobilisé 112 % de son produit net bancaire (PNB) pour couvrir ses charges salariales. La baisse des recouvrements liée au ralentissement économique a mécaniquement réduit les commissions — principale source de revenus de la SRC — tandis que la masse salariale est restée élevée.
2020 et 2022 : des dépenses salariales supérieures aux revenus
Les chiffres illustrent un déséquilibre persistant. En 2020, la SRC a généré 1,3 milliard de FCFA de produits, alors que ses frais de personnel ont atteint 1,4 milliard de FCFA. Deux ans plus tard, le même schéma se répète : avec 1,82 milliard de FCFA de PNB en 2022, l’entreprise a dépensé 1,86 milliard de FCFA en charges de personnel, soit 102 % de ses revenus.
Sur le reste de la période auditée, le ratio demeure élevé : 73 % en 2018, 66 % en 2019 et 78 % en 2021. En moyenne, la SRC a consacré 86 % de son PNB au traitement de son personnel entre 2018 et 2022 — un niveau jugé préoccupant pour une structure dont la performance dépend directement de l’efficacité du recouvrement.
Cette architecture de coûts a pesé lourdement sur la rentabilité. La Chambre des comptes relève que la SRC a enregistré trois exercices déficitaires sur cinq, dont une perte nette d’un milliard de FCFA en 2022. Sur l’ensemble de la période, la perte cumulée atteint 2,1 milliards de FCFA, largement attribuée à la masse salariale.
Un effectif jugé mal orienté
L’audit met également en évidence un déséquilibre dans la répartition des ressources humaines. Sur 168 employés recensés, seuls 18 — soit environ 10,7 % — sont directement affectés au recouvrement des créances. Pour les magistrats, cette configuration limite mécaniquement la capacité opérationnelle de la SRC et contribue à ses performances modestes.
Le rapport souligne par ailleurs une hausse de 36 % des charges de personnel sur la période 2018–2022. Cette progression s’explique notamment par des recrutements supplémentaires, l’augmentation des indemnités, la prise en compte de charges sociales, la revalorisation salariale de 5 % et la hausse de la prime d’ancienneté en 2022.
Au-delà des chiffres, l’audit pose la question de la soutenabilité du modèle économique de la SRC. Pour une entreprise dont la mission centrale est de maximiser le recouvrement des créances publiques, la maîtrise de la masse salariale apparaît désormais comme un enjeu stratégique majeur.
Cameroon’s Debt Recovery Company strained by payroll costs, Supreme Court audit finds
Cameroon’s Debt Recovery Company (SRC) is facing significant financial strain, according to an audit by the Audit Chamber of the Supreme Court. The report highlights a structural imbalance: payroll expenses have at times exceeded company revenues, contributing heavily to deteriorating performance between 2018 and 2022.
Auditors found that SRC repeatedly spent more on staff compensation than it generated in income. The most critical year was 2020, when payroll costs reached 112% of net banking income. Pandemic-related disruptions reduced recovery activity and commission revenue — the company’s primary income source — while staffing costs remained high.
The pattern resurfaced in 2022, when payroll expenses again exceeded revenues. Over the five-year period, SRC allocated an average of 86% of its net banking income to personnel costs — a high ratio for an entity whose effectiveness depends directly on debt recovery performance.
This cost structure weakened profitability. SRC posted losses in three of the five audited years, including a net deficit of one billion FCFA in 2022. Cumulative losses reached 2.1 billion FCFA, largely attributed to payroll spending.
The audit also points to staffing imbalances. Out of 168 employees, only 18 are directly assigned to debt recovery operations. Auditors argue that this allocation undermines operational efficiency and revenue generation.
Personnel expenses rose by 36% between 2018 and 2022, driven by recruitment, benefits growth, social contributions, salary adjustments, and seniority bonuses. The report concludes that controlling payroll costs is essential for restoring SRC’s financial sustainability.
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Didier Cebas K.