Selon Aguila Delhoum, membre de l’équipe politique du défunt, il s’agit d’un acte lourd de symboles. « Ce qui s’est passé est un crime contre notre histoire et contre toute la Libye. L’assassinat de Saïf al-Islam n’est rien d’autre qu’un moyen bon marché d’éliminer un adversaire politique », a-t-il déclaré à la chaîne égyptienne Al Ghad. Pour lui, la présence politique de Saïf al-Islam inquiétait des forces opposées à l’indépendance réelle du pays.
Le responsable politique estime également que cet assassinat pourrait ouvrir une ère dangereuse. « C’est peut-être le premier cas d’élimination d’un homme politique libyen par ses rivaux, mais ce ne sera pas le dernier », a-t-il averti, tout en appelant à attendre les conclusions officielles de l’enquête.
Une exécution encore entourée de zones d’ombre
Les faits se seraient produits dans la cour de la résidence de Saïf al-Islam à Zintan. Son avocat, Khaled al-Zaidi, a confirmé l’assassinat, évoquant un « attentat perfide ». D’après des sources proches de la famille Kadhafi citées par Al Hadath, la victime aurait été mortellement touchée alors qu’elle se trouvait dans le jardin de sa maison. Les quatre assaillants auraient pris la fuite immédiatement après les tirs.
Un élément troublant est également relevé par Al Jazeera : toutes les caméras de vidéosurveillance de la résidence auraient été désactivées peu avant l’attaque, alimentant les soupçons d’une opération soigneusement planifiée.
Une enquête sous haute tension
Le parquet général libyen a annoncé l’ouverture d’une instruction pénale, confirmant que Saïf al-Islam a bien été tué par arme à feu. Une commission spéciale d’enquête a été mise en place et doit se rendre à Zintan afin de collecter des preuves, identifier les suspects et établir les responsabilités.
De son côté, la 444e brigade de combat, rattachée au ministère de la Défense du Gouvernement d’unité nationale (GNU), affirme que Saïf al-Islam aurait trouvé la mort lors d’affrontements armés, tout en niant toute implication directe. Ces déclarations contradictoires renforcent le climat de confusion autour de l’affaire.
Un silence politique lourd de sens
À ce stade, les autorités du Gouvernement d’unité nationale, dirigé par le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, n’ont formulé aucun commentaire officiel. Le bureau politique de Saïf al-Islam, lui, dénonce un assassinat politiquement motivé et exige une enquête indépendante et transparente, promettant que ce crime « ne restera pas impuni ».
Au-delà de la disparition d’un homme, cet assassinat ravive les tensions d’un pays encore fragmenté, où la violence continue de dicter le rythme du jeu politique. Pour la Libye — et pour toute l’Afrique du Nord — l’élimination de Saïf al-Islam Kadhafi pourrait bien constituer un nouveau point de bascule aux conséquences imprévisibles.
Libya: Assassination of Saif al-Islam Gaddafi Deepens Political Divisions and Fuels Uncertainty
The assassination of Saif al-Islam Gaddafi, son of former Libyan leader Muammar Gaddafi, marks a dramatic escalation in Libya’s prolonged political crisis. Confirmed by Libya’s Public Prosecutor, his death from a gunshot wound in the city of Zintan, western Libya, has sent shockwaves across the country and raised fears of renewed political violence.
According to Aguila Delhoum, a member of Saif al-Islam’s political team, the killing represents a direct attack on Libya’s political future. He described it as a deliberate attempt to eliminate a powerful political rival and warned that such acts could become a recurring tactic in Libya’s fractured landscape.
Reports indicate that Saif al-Islam was shot in the courtyard of his residence, with four assailants fleeing the scene. His lawyer confirmed the assassination, while Libyan prosecutors announced the launch of a criminal investigation and the formation of a special commission to identify those responsible.
The Government of National Unity has yet to issue an official response, as conflicting accounts continue to emerge. Saif al-Islam’s political office has described the killing as politically motivated and called for a transparent and independent investigation.
This assassination not only reopens old wounds from Libya’s turbulent past but also threatens to further destabilize a nation still struggling to achieve lasting peace and political unity.
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Moussa Nassourou