D’après le document, les fonds propres ne représentent plus que 12,4 % du total du bilan des entreprises, confirmant une tendance baissière continue observée ces dernières années. « Un niveau historiquement bas depuis 10 ans », souligne l’organisme en charge de l’élaboration de la statistique officielle au Cameroun.
Un risque accru d’insolvabilité
Pour l’INS, cette situation constitue un signal d’alerte majeur pour l’économie nationale. « Cette situation expose les entreprises au risque d’insolvabilité, pouvant entraîner des défaillances », préviennent les rapporteurs. En clair, une part croissante des entreprises opère désormais avec une marge financière extrêmement réduite, limitant leur capacité à absorber les chocs économiques, à investir ou à se financer durablement.
Le secteur secondaire, épicentre de la fragilité
Si la baisse des fonds propres touche l’ensemble du tissu productif, les disparités sectorielles sont marquées. Le rapport indique que le secteur secondaire concentre les branches d’activité les plus vulnérables. Sont particulièrement pointées :
- les industries du textile et de la confection ;
- l’industrie du lait, des fruits et légumes et des autres produits alimentaires ;
- la réparation et installation des machines et équipements ;
- la fabrication de produits à base de céréales ;
- le secteur de la construction.
Ces activités, fortement exposées aux coûts des intrants, à la pression fiscale et aux difficultés d’accès au financement, apparaissent aujourd’hui comme les maillons faibles de l’économie réelle.
Des fragilités aussi dans le tertiaire et le primaire
Le phénomène est moins prononcé dans les autres secteurs, sans être totalement absent. Dans le tertiaire, les branches du commerce de gros et de détail ainsi que la réparation de véhicules affichent les fonds propres les plus bas, traduisant une rentabilité sous tension.
Dans le secteur primaire, c’est la sylviculture et l’exploitation forestière qui se révèle la plus exposée, dans un contexte de contraintes réglementaires, de volatilité des marchés et de pression sur les coûts d’exploitation.
L’endettement comme solution… et comme risque
Face à l’insuffisance de leurs fonds propres, les entreprises camerounaises compensent par un recours accru à l’endettement. Le rapport de l’INS révèle ainsi que le coefficient d’endettement, qui mesure le rapport entre les dettes de long terme et les capitaux propres, est passé de 1,22 en 2023 à 1,28 en 2024.
Un niveau jugé préoccupant par le statisticien public, car il s’éloigne davantage du seuil de soutenabilité fixé à 1. Cette dynamique renforce la vulnérabilité financière des entreprises et accroît leur dépendance aux établissements de crédit, dans un environnement marqué par des conditions de financement de plus en plus contraignantes.
Un enjeu central pour la croissance
Au-delà des chiffres, cette dégradation des fonds propres pose la question de la résilience du secteur privé camerounais, pilier de la croissance et de l’emploi. Sans un renforcement durable de leur structure financière, de nombreuses entreprises pourraient voir leur capacité d’investissement, d’innovation et de création de valeur durablement compromise.
Cameroon’s companies under strain as equity levels hit a 10-year low, raising insolvency risks
Cameroon’s corporate sector is facing growing financial pressure. According to the 2024 report on the economic and financial situation of companies, published by the National Institute of Statistics (INS), companies’ equity levels have fallen to a historic low, accounting for just 12.4% of total assets, the lowest level in the past decade.
The INS warns that this downward trend exposes firms to a higher risk of insolvency, potentially leading to business failures. While the decline is widespread, the secondary sector is the most affected, particularly textiles, food processing, machinery repair, cereal-based manufacturing and construction.
As equity weakens, companies increasingly rely on debt financing. The debt ratio rose from 1.22 in 2023 to 1.28 in 2024, moving further away from the sustainable threshold of 1, according to the public statistician.
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Mouahna Divine