Dans une atmosphère lourde d’émotion, Maurice Kamto a décrit la douleur inhérente à la perte d’un être cher, sans pour autant laisser cette peine obscurcir la gratitude envers Dieu pour la longue vie accordée au défunt. Prenant la parole comme un privilège et un honneur, il a salué le parcours d’un homme dont l’existence a épousé, avec constance, la défense de la dignité humaine et des libertés fondamentales.
Le témoignage revient sur une relation née discrètement, loin des projecteurs. D’abord une connaissance à distance, puis une rencontre décisive en 2013, au moment où Maurice Kamto faisait ses premiers pas dans l’arène politique camerounaise. Une seconde visite en 2018 a consolidé cette relation, dans un cadre familial chaleureux, marqué par l’hospitalité du Bâtonnier et de son épouse, feue Marie-France. De ces échanges est née une complicité intellectuelle et idéologique, fondée sur une vision commune de la gestion de la Cité et de l’avenir du Cameroun.
Maurice Kamto a dressé le portrait d’un avocat fidèle à la plus noble tradition du Barreau : un homme de verbe, d’indignation maîtrisée, mais de révolte assumée face à l’injustice. Pour lui, Yondo Black Mandengue incarnait l’avocat tel qu’il devrait toujours être : un rempart contre l’arbitraire, un défenseur de la justice conçue non comme un instrument d’écrasement, mais comme une protection des citoyens. L’avocature, a-t-il souligné, lui allait « comme un costume taillé sur mesure ».
Au-delà du juriste, c’est l’humaniste que Maurice Kamto a voulu célébrer. Il a confié que ce qui le maintient debout dans sa vie publique, ce sont à la fois l’injustice subie par les plus pauvres et la lumière émise par de rares figures morales, comparées à des étoiles dans le ciel obscur de la société camerounaise. Yondo Black Mandengue était de celles-là : une étoile nourrissant l’espérance, rappelant que nul être humain ne mérite le mépris, que toute communauté a droit à la dignité et qu’aucune souffrance n’est éternelle.
Le discours a pris une dimension résolument nationale lorsque Maurice Kamto a appelé à bâtir les ponts manquants entre les Camerounais. Il a vu en Yondo Black Mandengue une incarnation vivante de la fraternité républicaine, cette fraternité qui transcende les liens du sang, les tribus et les ethnies, pour s’enraciner dans une citoyenneté partagée. Sans cette fraternité, a-t-il averti, le Cameroun ne survivra pas comme Nation.
En rendant hommage à un aîné qu’il dit s’honorer d’avoir compté parmi ses amis, Maurice Kamto a conclu sur une note de foi et d’espérance. Convaincu, comme le défunt, que la renaissance du Cameroun n’est pas une illusion stérile, il a souhaité que la foi rayonnante du Bâtonnier éclaire son repos éternel.
Avec la disparition de Yondo Black Mandengue, le Cameroun perd un avocat, un humaniste et un bâtisseur de ponts. Mais son héritage moral, lui, demeure vivant dans la mémoire collective et dans le combat de ceux qui refusent de renoncer à la justice, à la dignité et à l’espérance.
When a Star of the Bar Fades: Maurice Kamto’s Moving Tribute to Barrister Yondo Black Mandengue
On December 13, 2025, Cameroon bid farewell to one of its most respected legal and moral voices. During the funeral of the late Barrister Yondo Black Mandengue, the bereaved family received a deeply moving tribute from Maurice Kamto, former President of the Cameroon Bar Association and a leading figure in public life.
In a solemn and emotional atmosphere, Maurice Kamto acknowledged the pain that naturally accompanies the loss of a loved one, while expressing profound gratitude to God for the long life granted to the deceased. He described his speech as both a privilege and an honor, paying tribute to a man whose life was devoted to the defense of human dignity and fundamental freedoms.
Kamto recalled a relationship built quietly over time, beginning with distant observation and later solidified through personal meetings in 2013 and 2018. These encounters gave rise to a strong intellectual and ideological bond, grounded in a shared vision of governance and Cameroon’s future.
He portrayed Yondo Black Mandengue as a lawyer in the purest tradition of the Bar: courageous, principled, and uncompromising in the face of injustice. For Kamto, the late Barrister embodied the very essence of justice, rooted in respect for human dignity and truth, making the legal profession fit him “like a perfectly tailored suit.”
Beyond the jurist, Kamto honored the humanist. He explained that what sustains him is both the suffering of the poorest and the rare moral figures who shine like stars in an otherwise dark social landscape. Yondo Black Mandengue was one such star, inspiring hope and affirming that no human being deserves contempt, that dignity is universal, and that oppression is never eternal.
The tribute culminated in a call for national unity. Kamto emphasized the need to rebuild the bridges lacking among Cameroonians and identified Yondo Black Mandengue as a living symbol of republican fraternity, one that transcends ethnic and tribal divisions. Without this shared fraternity, he warned, Cameroon cannot survive as a Nation.
In closing, Maurice Kamto expressed gratitude to an elder he was proud to call a friend, reaffirming their shared conviction that Cameroon’s renewal is possible. With faith and hope, he wished eternal peace to a man whose legacy will continue to illuminate the country’s collective conscience.
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Ange NGO