BRICS : Le Nigéria joue la montre mais vise une adhésion "le moment venu"

BRICS : Le Nigéria joue la montre mais vise une adhésion

Le ministre des Affaires étrangères Yusuf Tuggar évoque une stratégie pragmatique, entre démographie galopante et refus des blocs binaires, lors du Forum de Doha.

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Dans les coulisses de la géopolitique mondiale, une nouvelle puissance fait patiemment ses calculs. Le Nigéria, géant économique de l'Afrique de l'Ouest, a officiellement fait savoir qu'il n'excluait pas de demander une adhésion à part entière au groupe des BRICS. Une déclaration mesurée, mais lourde de sens, faite par son ministre des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, lors d'une table ronde au Forum de Doha.


Derrière cette ouverture se cache une ambition nourrie par un constat implacable : la démographie. "D'ici 2050, la population du Nigéria atteindra 400 millions d'habitants, ce qui en fera le troisième pays le plus peuplé du monde", a rappelé le ministre. Face à cette projection vertigineuse, Lagos cherche des solutions pragmatiques, au-delà des clivages idéologiques. "Nous cherchons à créer autant d'emplois que possible et à faire passer le plus grand nombre de personnes dans la classe moyenne. Nous ne pouvons pas y parvenir en restant simplement dans des cadres idéologiques. Nous devons établir des liens avec le plus grand nombre de pays possible", a-t-il insisté.


Le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et son extension récente, apparaît comme un cadre privilégié pour ces apprentissages. Tuggar a également pointé du doigt le G20, estimant que le Nigéria aurait dû en être membre "initialement". Un sentiment d'exclusion qui alimente la quête de nouveaux partenariats stratégiques.


Pourtant, le ministre a habilement éludé la question d'un calendrier précis pour une candidature officielle. "Le moment venu, le moment venu", a-t-il répété, préférant mettre en avant une philosophie diplomatique plus nuancée. "Nous devons éviter l'approche binaire dans les relations diplomatiques. Si vous êtes ami avec un pays, cela signifie que vous êtes contre un autre. Mais c'est là que nous avons beaucoup de problèmes." Un message clair : le Nigéria refuse de choisir un camp et entend préserver sa liberté de manœuvre en multipliant les alliances.


Actuellement statut de "pays partenaire" des BRICS, le Nigéria observe, apprend et prépare le terrain. Sa future décision sera un baromètre crucial des recompositions en cours dans l'ordre international, où les pays du Sud global cherchent à affirmer leur poids. L'heure n'est pas à la précipitation, mais à la préparation. Et avec 400 millions de citoyens en ligne de mire, chaque mouvement de Lagos sera scruté avec la plus grande attention.


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BRICS: Nigeria Plays the Waiting Game but Eyes Full Membership "In Due Course"


Foreign Minister Yusuf Tuggar outlines a pragmatic strategy, balancing a booming population and a rejection of binary blocs, at the Doha Forum.


In the wings of global geopolitics, a new power is patiently doing its calculations. Nigeria, West Africa's economic giant, has officially indicated it does not rule out applying for full membership in the BRICS group. A measured yet significant statement made by its Foreign Minister, Yusuf Tuggar, during a panel discussion at the Doha Forum.


Behind this openness lies an ambition fueled by an undeniable fact: demography. "By 2050, Nigeria's population will reach 400 million, making it the third most populous country in the world," the minister stated. Faced with this staggering projection, Lagos is seeking pragmatic solutions beyond ideological divides. "We are therefore seeking to create as many jobs as possible and to move as many people as possible into the middle class. We cannot achieve this by simply remaining in ideological frameworks. We need to establish ties with as many countries as possible," he emphasized.


The BRICS group (Brazil, Russia, India, China, South Africa) and its recent expansion appears to be a privileged framework for this learning. Tuggar also pointed to the G20, suggesting Nigeria should have been a member "initially." A sense of exclusion that fuels the quest for new strategic partnerships.


However, the minister skillfully evaded the question of a precise timeline for an official application. "In due course, in due course," he repeated, preferring to highlight a more nuanced diplomatic philosophy. "We must avoid the binary approach in diplomatic relations. If you are friends with one country, it means you are against another. But that is where we have a lot of problems." A clear message: Nigeria refuses to choose a side and intends to preserve its freedom of action by multiplying alliances.


Currently holding "partner country" status with BRICS, Nigeria is observing, learning, and laying the groundwork. Its future decision will be a crucial barometer of the ongoing reconfigurations in the international order, where Global South countries are seeking to assert their weight. The time is not for haste, but for preparation. And with 400 million citizens on the horizon, every move from Lagos will be watched with the greatest attention.


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Moussa Nassourou

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